Avènement d’O amala, la première amicale fondée par les saisonniers bulgares de Moissac

Le collectif Vivre ensemble à Moissac, composé d’entrepreneurs et de chefs de famille bulgares, s’est réuni le 12 juillet en assemblée sur la commune de Moissac en présence d’autres membres de la communauté et habitants de la ville, souhaitant favoriser le dialogue interculturel. Dans une ambiance conviviale, près d’une trentaine de Français et de Bulgares ont fait connaissance avant qu’une partie d’entre eux décide de fonder une association de type loi 1901 : ils officialisaient ainsi leur rapprochement en vue de réaliser ensemble des projets d’intégration et d’insertion professionnelle. L’entité a été baptisée « O amala, amitiés d’Est en Ouest », un nom qui interpelle.

En effet, « O amala » signifie « amitié » en romani. Le choix d’employer cette langue pour le nom de l’association s’explique par la volonté d’assumer l’origine de la majorité de ses membres fondateurs, souffrant parfois de discrimination. En effet, les familles de saisonniers agricoles bulgares qui ont choisi de s’établir dans le centre-ville de Moissac, appartiennent à la communauté rom du district de Pazardjik (Bulgarie du Sud), territoire où ils vivaient dans la ruralité.

La nouvelle structure associative aura pour objet d’« accueillir, accompagner et représenter les membres de toutes les communautés de ressortissants est-européens dans le Tarn-et-Garonne, ainsi que de favoriser les échanges interculturels ». La présidence et la vice-présidence de l’association sont occupées par des personnalités parmi les plus respectées de la communauté bulgare de Moissac. Ses membres fondateurs devraient prochainement prendre attache avec des acteurs de la vie économique moissagaise, afin de se faire connaître et de s’appuyer sur un réseau local.

Cette initiative survient juste après une campagne électorale très médiatique et en partie centrée sur le thème de la migration bulgare à Moissac, mais aussi après un second tour des élections municipales (28 juin 2020) qui a vu l’écrasante victoire de la liste conduite par le candidat soutenu par l’extrême droite. Les familles bulgares craignent maintenant que la nouvelle équipe municipale, élue grâce à un électorat opposé à leur présence à Moissac, leur soit désormais hostile. Cette nouvelle structure associative leur permet ainsi de mieux s’organiser pour défendre leurs droits légitimes de ressortissants de l’Union européenne et de concitoyens moissagais.

Source : CIReB, entretiens avec des membres de la communauté bulgare, du collectif Vivre ensemble à Moissac et du bureau de l’association O amala.

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