Bulgarie : le système hospitalier vacille à Vratsa

Par Stéphan Altasserre (sources : Mediapool, Dnevnik)

Depuis plus d’un an, l’hôpital de Vratsa (Bulgarie du Nord-Ouest) se trouve dans une situation financière catastrophique qui l’a conduit à cumuler plusieurs millions de dollars de dettes auprès de ses différents fournisseurs. Le montant des fonds que verse la Caisse d’assurance maladie à l’établissement est désormais devenu insuffisant pour permettre de résorber son déficit, d’autant qu’une partie de ces sommes est régulièrement saisie pour payer certaines factures impayées. Le directeur de l’hôpital, dont la gestion a été directement mise en cause par les pouvoirs publics, a été limogé.

À la suite de ces déboires, l’hôpital a déjà dû fermer cinq de ses services médicaux et l’existence de son service d’urgence semblait récemment être menacée de subir le même sort. Le personnel soignant dénonce depuis plusieurs semaines la dégradation de la situation sur le site en même temps que les retards répétés de versement des salaires. Beaucoup d’employés ont fini par quitter la structure médicale, obligeant le ministère de la Santé à réagir, d’autant que le cas de cet établissement n’est pas isolé. En effet, l’hôpital de Lovetch (district voisin de Vratsa) connaît une situation assez similaire (services menacés de fermeture, salaires versés tardivement…).

Dans ce contexte dégradé, la vice-ministre de la Santé Jeni Nacheva a déclaré le 13 mai 2018 que, si l’existence de ces deux établissements n’était pas remise en cause dans l’immédiat, ils devraient néanmoins prochainement être réformés. Des équipes médicales pourraient être temporairement envoyées à Vratsa pour assister leurs collègues. Le personnel hospitalier, dont les nerfs sont mis à rude épreuve depuis le printemps 2017, aurait souhaité une annonce plus rassurante et tient les pouvoirs publics pour responsables de l’état de l’établissement. C’est pourquoi, lors de la visite qu’elle a effectuée à l’hôpital de Vratsa le 14 mai afin de présenter le nouveau directeur de l’établissement, J.Nacheva a été accueillie par des jets d’œufs. La vice-ministre a tenté de désamorcer la situation en assurant à ses interlocuteurs que l’existence de l’établissement n’était pas menacée et que, en outre, sa trésorerie allait être prochainement renflouée et assainie.

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