Crise des migrants : la Bulgarie prête à aider la Grèce pour lutter contre les réseaux de passeurs

Par Céline Bayou (sources : Novinite, BNR.bg)

La Bulgarie a organisé, le 5 mars 2016, un exercice mettant en action son armée et ses services de police dans le sud-ouest de la Bulgarie (régions de Petritch, Sandanski et Koulata), à proximité de la Grèce et de la frontière macédonienne. Une cinquantaine d’équipements militaires (dont deux hélicoptères, des véhicules blindés, ainsi que des véhicules utilisés par les brigades de pompiers et des ambulances) ont été mobilisés dans cet exercice.

Le Premier ministre Boïko Borissov a dit à cette occasion son espoir de voir s’exprimer une réponse unifiée lors du sommet qui se tiendra le 7 mars à Bruxelles, consacré à la crise des migrants en Europe. Il a précisé que Sofia insisterait pour que le terme de «migrant illégal» soit retenu dans son acception juridique: «Nous ne pouvons pas tolérer que la loi soit violée. Nous ne laisserons entrer de migrants que par les points de passage légaux, après avoir relevé leurs empreintes digitales et vérifié leur état de santé. Nous ne les laisserons entrer qu’un fois qu’aura été confirmée la destination où ils sont attendus.» a martelé B.Borissov.

Propos confirmés par la ministre bulgare de l’Intérieur, Roumiana Bachvarova, qui a rappelé la priorité pour elle: garantir aux citoyens bulgares que l’État est en alerte et prêt à anticiper tout passage illégal de la frontière. D’où l’intérêt de l’exercice organisé le 5 mars: mettre en situation réelle la police des frontières, la police anti-émeutes et l’armée, et tester leur capacité de coordination.

Cet exercice a été l’occasion pour le chef du gouvernement d’évoquer en outre le cas de la Grèce voisine. Il suffirait d’une journée à la Bulgarie pour éliminer les filières de passeurs qui sévissent du coté grec de la frontière, estime-t-il. Il a suggéré l’idée que son voisin grec utilise les forces de sécurité bulgares pour résoudre la crise des migrants en démantelant les filières de passeurs, alors que, chaque jour, les services douaniers bulgares arrêtent des migrants illégaux et leurs passeurs le long de la frontière.

L’offre de coopération exprimée par B.Borissov est insistante: le Premier ministre a souligné que la collaboration avec les services turcs de migration est efficace mais que la même chose ne peut pas être affirmée concernant les échanges avec Athènes: «Nous ne pouvons pas abandonner la Grèce, nos voisins, nos amis, qui ont été nos frères pendant des siècles et le resteront!

La proposition est explicite: «Si la Grèce le veut, je peux lui envoyer le responsable des services de lutte contre le crime organisé et celui des services de sécurité et de contre-espionnage. Il suffira de vingt-quatre heures pour venir à bout des trafiquants!»

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