Estonie : du manque de main-d’œuvre au manque d’emploi

Comme ailleurs, la pandémie de Covid-19 a eu un effet dévastateur sur le marché du travail estonien. La demande de main-d’œuvre exprimée par les entreprises a considérablement chuté depuis le premier trimestre 2020, sous l’effet de la réduction, voire de l’interruption, de l’activité et de celle de la demande. Ainsi, on a constaté une contraction très forte du nombre de contrats de travail et une hausse des inscriptions auprès de l’assurance chômage.

C’est le secteur des services qui a été le plus durement frappé, alors qu’il était en pleine expansion avant le décret instaurant la situation d’urgence à la mi-mars. Les secteurs hôtelier, de la restauration, de la culture et des loisirs ont été durement frappés par l’effondrement du tourisme, la réduction des heures d’ouverture ou la fermeture pure et simple des centres commerciaux mais aussi par la réduction de la consommation liée à la peur et au confinement. L’activité industrielle, elle, avait commencé à ralentir dès avant la crise du Covid, sous l’effet de la perte de compétitivité des schistes bitumineux, affectés par la hausse du prix des quotas de CO2. La pandémie, si elle n’a pas provoqué de fermeture d’usines, a affecté leur activité du fait des difficultés rencontrées dans la chaîne d’approvisionnements et de la chute de la demande.

Le gouvernement estonien a réagi à la crise avec un ensemble de mesures de soutien à l’économie, dont des compensations salariales. Mais la Banque d’Estonie estime que ceux qui ont perdu leur emploi durant ces quelques mois ont peu de chance d’en retrouver un à court terme dans le même secteur. La plupart des analystes estiment que des reconversions vont être nécessaires.

Dès avril, le Parti conservateur (EKRE) relevait que l’évolution de la situation en Estonie rebattait les cartes du débat sur l’apport de main-d’œuvre étrangère dans le pays : très réglementé, celui-ci serait moins nécessaire dans l’avenir, alors que 100 000 Estoniens étaient sans emploi.

Sources : Postimees, The Baltic Course.

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