Estonie : le Premier ministre veut renforcer ‘EU StratCom’, l’outil de lutte contre la propagande de la Russie

Par Céline Bayou (sources : The Baltic Times, site du Service européen pour l’action extérieure, BNS, Politico, Sunday Express)

Lors du Sommet européen qui s’est déroulé à Bruxelles le 20 octobre 2016, le Premier ministre estonien, Taavi Rõivas, a exprimé le souhait de voir pérenniser le budget de la Task Force de l’UE lancée en mars 2015 et consacrée à la communication stratégique de l’Union (StratCom), notamment pour lutter contre la propagande du Kremlin. Au cours d’un échange consacré à la Russie, le chef du gouvernement estonien a en effet suggéré de renforcer la communication stratégique de l’Union, proposition largement soutenue par la Lettonie, le Danemark et la Finlande.

Depuis 2015, à la suite du conflit survenu en Ukraine, cette stratégie de communication s’est largement tournée vers les activités de la Russie, qu’il s’agisse de l’espace informationnel public, des campagnes de désinformation lancées par le Kremlin ou de la communication de l’UE concernant le Partenariat oriental. À titre d’exemples, on peut citer les travaux réalisés autour des informations diffusées par le Kremlin à propos du vol MH17, de l’attaque du convoi d’aide de l’ONU destiné à la Syrie, mais aussi l’identification d’actions de désinformation, etc. Au sein de la Task Force, on parle de «contre-narration» et de «pourfendeurs de mythes». Le 20 octobre, le Premier ministre estonien a lu à ses collègues un bref rapport sur la guerre hybride et la communication stratégique dans les échanges avec la Russie.

Le travail de la Task Force relève des études effectuées par les experts des différents pays. Pour T.Rõivas, cette approche est de court terme et le budget d’EU StratCom doit être complètement intégré à celui du Service européen pour l’action extérieure (SEAE).

Le chef du gouvernement estonien estime que Moscou utilise actuellement divers outils de guerre, «conventionnels et hybrides», afin de défendre ses intérêts propres. Ces outils vont des interventions cyber dans une élection présidentielle au financement de partis extrémistes en Europe, en passant par l’endoctrinement en Crimée, la mise en cause d’une enquête indépendante concernant le crash d’un avion ou la propagande pure et simple. Pour T.Rõivas, on peut désormais parler d’une «nouvelle guerre froide». C’est à ce titre d’ailleurs que, deux jours plus tôt, le Premier ministre avait appelé l’Estonie, lors d’un discours devant le Parlement national, à renforcer sa coopération de défense au sein de l’Union européenne.

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