Estonie : manifestation contre le projet de coalition incluant l’extrême-droite

« Pour la liberté, contre le mensonge ! », c’est avec ce slogan qu’environ 200 manifestants se sont rassemblés dimanche 31 mars à partir de midi dans le centre de Tallinn afin d’exprimer leur mécontentement face aux négociations bien avancées entre le Parti du centre (centre gauche), Isamaa (droite nationaliste) et EKRE (extrême-droite), en vue de créer un gouvernement de coalition.

Inquiets de la possible entrée au gouvernement du parti d’extrême-droite, les manifestants ont exprimé leur attachement à l’égalité et aux libertés, ainsi qu’à la Constitution qui les garantit en interdisant toute forme de discrimination : en fonction de la nationalité, de la race, de la couleur de peau, du sexe, de la langue, de l’origine, de la foi et des convictions, politiques ou autres. Or, selon eux, EKRE ne respecte pas ces principes. Une des organisatrices russophone de l’événement, Antonia Nael, a expliqué sa démarche : « Nous ne sommes pas des parasites, une 5e colonne ou une tumeur cancéreuse ! »

Aucun signe d’appartenance partisane n’était autorisé dans le cadre de cette manifestation. D’autres rassemblements ont eu lieu simultanément à Tartu et devant les ambassades d’Estonie à Londres, Berlin et Stockholm.

À Tallinn, quelques militants pro-EKRE ont tenu à se rassembler également à proximité, afin d’exprimer leurs vues. Certains arboraient des pancartes reprenant le titre libertarien de Metallica « Don’t Tread on me », accompagné de l’indispensable serpent à sonnette. Le vice-président d’EKRE s’est mêlé au cortège : Jaak Madison a noté que chacun avait le droit d’exprimer ses opinions et conclu que, 200 personnes ne représentant pas grand-chose, la coalition pourrait bien être créée.

La veille, Kaja Kallas, la leader du Parti de la réforme (arrivé en tête lors des élections législatives du 3 mars) a, pour la deuxième fois, proposé au chef de file du Parti du centre Jüri Ratas le poste de Premier ministre. Laconique, J. Ratas a estimé que cette offre arrivait avec trois semaines de retard.

Sources : Postimees, ERR.ee, Delfi.

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