États baltes : cacophonie estonienne autour de Rail Baltic(a)

Les ministres estoniens de l’Intérieur et des Finances, Mart et Martin Helme ont provoqué un petit séisme dans la région en déclarant début mai 2020 que leur parti, EKRE, soutenait une politique d’investissements au profit de l’Estonie, consistant à promouvoir la construction de viaducs ou d’une ligne de tramway par exemple, mais que l’État n’avait pas à aider l’installation de la ligne de chemin de fer qui doit réunir les trois pays baltes, de Tallinn à la frontière lituano-polonaise, Rail Baltica (Rail Baltic pour les Estoniens).

Aussitôt, le ministre estonien des Affaires économiques et des Infrastructures Taavi Aas (parti du Centre) a dû préciser, se voulant rassurant, qu’il n’était pas question d’interrompre la participation estonienne au projet. Celui-ci avance d’ailleurs, proche de l’étape de lancement des travaux de grande échelle. Et de préciser que la paralysie du projet entraînerait évidemment des demandes de dommages et intérêts de la part de l’Union européenne (qui finance la ligne à 85 %) et des pays méridionaux impliqués, pour raison de résiliation anticipée de contrats.

Si Tallinn renonçait au milliard d’euros proposé par l’UE en soutien à Rail Baltic, cet argent bénéficierait à des projets réalisés dans d’autres pays de l’Union et l’Estonie se trouverait en position de faiblesse, apparaissant comme un partenaire peu fiable, pour bénéficier ultérieurement d’autres subventions. T. Aas a donc été clair : les gouvernements d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie vont poursuivre l’avancée du projet, basé sur un accord qu’ils ont ratifié et qui prévoit l’achèvement de la ligne en 2026. Ainsi par exemple, les travaux de conception du terminal de fret Rail Baltic du port de Muuga (comté de Harju) sont bien avancés.

Quelques jours auparavant, le ministre lituanien des Transports Jaroslav Narkevič avait déclaré lors d’un échange avec ses collègues letton et estonien que le projet avançait d’un bon rythme, notamment la section de la ligne située entre Kaunas et la frontière lettone.

Sources : Postimees, Railbaltica.org, lrt.lt.

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