États baltes : les difficultés s’amoncellent sur le projet Rail Baltica

La ligne de chemin de fer qui doit à terme relier, sur 870 km, Tallinn à la frontière lituano-polonaise en passant par Riga et Kaunas, ne sera sans doute pas inaugurée en 2026 comme prévu : Rail Baltica (baptisée Rail Baltic par l’Estonie) a peu de chance d’être achevée dans les temps impartis, d’après le Premier ministre estonien Jüri Ratas. L’ensemble du projet aurait d’ores et déjà accumulé environ un an et demi de retard.

Les difficultés s’amoncèlent en effet, du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l’Union européenne qui ne réservera peut-être pas les montants espérés à cette ligne de chemin de fer (l’UE doit assurer 85 % du financement du projet), au nombre d’arrêts prévus sur la ligne (en Estonie par exemple, sont prévus des arrêts à Ülemiste, Rapla et Pärnu, jugés insuffisants par J. Ratas) en passant pas les procédures d’expropriations entravées par le passage sur des sites protégés. Le coût total du projet, évalué à près de 6 milliards d’euros, pourrait en être augmenté.

En novembre 2019, un coup de semonce avait été ressenti, lorsqu’une partie du personnel de Rail Baltica avait dénoncé la mauvaise gouvernance de l’entreprise et les conflits d’intérêt. Après le licenciement du Directeur exécutif de la société mixte Timo Rijhimäki, ils s’étaient adressés aux chefs de gouvernement et aux ministres des Transports de chacun des trois pays afin de dénoncer l’instabilité récurrente de la société.

Leur message semble avoir été en partie entendu : le ministre lituanien des Transports, Jaroslav Narkevič, vient de s’opposer à ce que l’infrastructure Rail Baltica reste détenue par une société à capital mixte commune aux trois pays. Pour lui, compte tenu de l’importance stratégique du projet, il devrait être géré par les responsables des infrastructures ferroviaires de chacun des trois pays pour le tronçon les concernant. En l’occurrence, en Lituanie, c’est donc Lietuvos geležinkelių infrastruktūra qui devrait détenir et gérer la portion lituanienne de la ligne. Son prédécesseur, Rokas Masiulis, était intervenu dans le même sens dès 2017, prônant une implication de l’État plutôt que d’une société mixte.

Sources : The Baltic Course, Baltic Times, MixNews.lv, Postimees, LETA.

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