Kazakhstan : l’impact de la chute du prix du baril sur une économie rentière

Par Hélène Rousselot (sources : Deutsche Welle, Golos Ameriki, Radiototchka)

Après la chute du prix du baril de pétrole, passé de 115 dollars fin juin 2014 à 63 dollars en décembre, puis en dessous des 50 dollars en ce début janvier 2015, le gouvernement du Kazakhstan a annoncé une nouvelle politique économique pour cette année. Dès la mi-octobre, les autorités avaient envisagé une révision du budget de 2015, tablant sur un baril à 80 dollars. Puis, le 21 décembre dernier, le président Noursoultan Nazarbaev précisait que des scénarios de développement de l’économie avec un baril à 40 dollars étaient à l’étude, tout en s’efforçant de rassurer sa population. D’après les données officielles, la croissance du PIB aurait été tout de même de 4,2% sur les onze premiers mois de l’année 2014.

Cette chute du prix du baril ne peut en effet qu’alarmer les autorités d’un pays à l’économie rentière, basée en grande partie sur l’exploitation de ses matières premières, notamment du pétrole. Si le prix du baril venait encore à baisser, alors la part du pétrole exporté (aujourd’hui 80% de la production) pourrait être ramenée à 60%. Le Kazakhstan maintiendrait néanmoins une production de 81,8 millions de tonnes de pétrole pour l’année 2015. Il est à noter que cette production est en baisse de 2,8% au cours des dix premiers mois de 2014 par rapport à la même période de 2013.

Le secteur pétrolier au Kazakhstan fournit en effet 22% du PIB, 70% des rentrées de devises et alimente 99% du Fonds national, qui s’élevait à 69,8 milliards de dollars en novembre 2013. Créé il y a 15 ans notamment pour faire face à des crises budgétaires, ce fonds devrait verser l’équivalent de 3 milliards de dollars au budget de l’État sur la période 2015-2017, afin de compenser la diminution des recettes liée à cette chute du prix du baril. Le budget du Kazakhstan pour 2015 ayant été établi en se basant sur baril à plus de 80 dollars (voire 95 selon les sources), ces versements s’avèrent nécessaires. Selon le directeur du Groupe d’évaluation des risques Dosym Satpaev, ces 3 milliards de dollars pourraient financer des programmes sociaux, même si des coupes dans les dépenses sociales ne sont pas à exclure.

Cette situation contraindra-t-elle le gouvernement du Kazakhstan à lancer un plan de diversification de son économie? Le nouveau programme de développement économique sur 2015-2019, appelé Nourly Jol, pourrait en marquer les prémices. Il mise notamment sur un soutien aux PME, sur l’extension des infrastructures de transport et sur une dé-dollarisation de l’économie.

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