Russie : la fin du traité Ciel ouvert ?

En mai 2020, les États-Unis ont annoncé leur intention de se retirer du Traité ciel ouvert (TCO), signé en 1992 et qui rassemblait jusque-là 35 pays, dont la Russie. Permettant des vols de surveillance non armés sur l’ensemble du territoire des États parties, le Traité contribuait au maintien de la confiance mutuelle en donnant à chaque pays accès à des informations concernant les forces et les activités militaires des uns et des autres.

Estimant que la Russie violait le traité en excluant certaines zones de la surveillance (l’enclave de Kaliningrad ou les zones situées à proximité de l’Abkhazie et de l’Ossétie), Washington a donc rendu effective la sortie des États-Unis du Traité, le 22 novembre. De son côté, Moscou relève l’interdiction opposée par Washington de survoler l’Alaska ou les îles Aléoutiennes.

Dès lors, le TCO devient inopérant, a déclaré le même jour le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov. Moscou se défend des accusations américaines et voit dans cette décision unilatérale la volonté de torpiller le Traité. Pour Leonid Sloutskiï, président du comité aux affaires internationales de la Douma, la Russie a en effet désormais besoin de la part des alliés de l’OTAN parties au Traités de garanties solides sur le fait qu’ils ne partageront pas avec Washington les données qu’ils récolteront au-dessus du territoire de la Russie. Alors que, de son côté, cette dernière ne pourra plus elle-même survoler le territoire américain, l’asymétrie créée met évidemment l’avenir du traité en danger.

Berlin, Londres et Paris auraient déjà fait connaître leur souhait de maintenir le traité.

Les médias russes soulignent que le président Donald Trump n’a pas respecté la procédure interne de sortie du Traité, en particulier en termes de délai. Laissant ouverte la porte, pour la future administration américaine, de revenir ultérieurement sur cette décision ?

 

Sources : Ministère russe des Affaires étrangères, Kommersant, Gazeta.ru.

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