Russie : Nornickel épinglée par les autorités

À la suite d’une visite réalisée par une quinzaine de représentants du Parlement russe dans la ville de Norilsk, le Conseil de la Fédération et sa présidente Valentina Matvienko ont exprimé leur choc concernant les erreurs de gestion de l’entreprise Nornickel qui ont notamment conduit à la pollution massive de l’Arctique.

Cela fait pourtant des dizaines d’années que les méfaits écologiques induits par les activités de la société minière et métallurgique sont connus. Mais c’est la première fois qu’une personnalité d’un tel niveau s’attaque à cette entreprise majeure pour l’économie russe. Le 21 octobre, elle a regretté en conférence de presse de voir cette « cité-jardin » désormais transformée en « bidonville », cumulant infrastructures usées, logements insalubres, réseaux d’électricité, d’eau et routes hors d’usage…

Il ne s’agissait pas seulement de dénoncer le déversement par Nornickel, découvert en juin 2020, de vastes quantités de diésel, entraînant la pollution d’immenses zones de toundra et d’espaces marins. Plus généralement, V. Matvienko s’est insurgée contre les pratiques de gestion de l’entreprise qui, selon elle, aurait fait preuve d’un « cynisme complet et d’une indifférence totale à l’égard de la patrie dans laquelle [ses responsables] vivent et gagnent énormément d’argent ».

Pour la présidente du Conseil de la Fédération, Nornickel est une entreprise totalement corrompue, et ses dérives sont, de fait, soutenues par les autorités régionales et nationales qui prennent leur part de ces pratiques : « Comment est-il possible que le ministère de l’Exrême-Orient (et de l’Arctique), que les structures fédérales, que l’envoyé du Président dans le district, que personne, absolument personne, n’ait vu que les maisons s’effondrent et dans quel état se trouve cette ville ? Pourquoi tout le monde est-il resté silencieux ? »

À l’issue de cette visite, le Conseil de la Fédération a demandé à ce que des actions soient très rapidement mises en œuvre par Nornickel afin que la cité perde sa réputation de l’une des villes les plus polluées non seulement de Russie mais du monde entier. Et V. Matvienko d’enfoncer le clou à l’égard des actionnaires de l’entreprise : « Pour eux, construire une crèche ou une école, c’est comme prendre une tasse de café ! ». Elle leur a donné deux ans, au maximum, pour redresser la situation.

La ville de Norilsk n’est pas la seule concernée par ce problème de gestion de l’entreprise : la situation n’est pas plus reluisante dans la péninsule de Kola, où opère également le plus gros producteur de nickel au monde.

Sources : The Barents Observer, Conseil de la Fédération de Russie, Rossiïskaïa Gazeta, rbc.ru.

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