Un Occident avide de déstabiliser la Russie ?

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Argumenty i Fakty le 10 juin 2020, le Secrétaire du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie Nikolaï Patrouchev a déclaré qu’à son sens l’Occident, en créant un vaste réseau de structures non-gouvernementales en Russie, s’efforçait de déstabiliser la situation socio-politique du pays. Pour lui, l’activité des ONG étrangères consiste, dans divers domaines, à utiliser les capacités d’associations russes à but non lucratif et à vocation humanitaire ou de défense des droits de l’homme engagées dans des actions politiques. Entre 2015 et 2019, ces associations auraient bénéficié d’une manne de plus de 4 milliards de roubles, sous forme d’actions de sponsoring.

Les « sponsors » utiliseraient des schémas complexes de financement, ce qui compliquerait considérablement l’établissement de la preuve de l’implication des États-Unis, en particulier, et de leurs alliés dans des activités que N. Patrouchev qualifie de subversives à l’égard de la Russie.

Les pays occidentaux tenteraient également de déstabiliser les pays voisins de la Russie dans l’ex-URSS. L’ombre des révolutions de couleurs plane d’ailleurs sur l’ensemble de l’interview. Les États baltes seraient aussi très actifs dans cette démarche : N. Patrouchev cite les cas de la Lituanie, qui accueille un Forum annuel consacré à la Russie, et de la Lettonie, qui procède à des actions de formations de journalistes russes « indépendants ».

Dans la foulée de cette intervention, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a jugé que ces actions de l’Ouest visaient particulièrement à déstabiliser le pays à la veille du vote du 1er juillet 2020 sur les amendements à apporter la Constitution. À la question de savoir si le Kremlin soutenait les déclarations du Secrétaire du Conseil de Sécurité, D. Peskov a répondu : « Certainement ».

Pour le porte-parole, les exemples attestant ces tentatives de déstabilisation abondent. Il s’agit pour lui d’une ligne conceptuelle adoptée par l’Occident à l’égard de la Russie « visible à l’œil nu ».

 

Sources : Argumenty i Fakty, Rossiïskaïa Gazeta.

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