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	<title>Type à lister Archives - REGARD SUR L&#039;EST</title>
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	<lastBuildDate>Sat, 19 Sep 2026 17:15:42 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Pologne : Grzegorz Motyka dans les rouages des politiques de mémoire</title>
		<link>https://regard-est.com/pologne-grzegorz-motyka-dans-les-rouages-des-politiques-de-memoire</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2026 00:12:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2019, les présidents polonais Andrzej Duda et ukrainien Volodymyr Zelensky trouvent un terrain d'entente : Kyïv lèvera l'interdiction d'exhumer les victimes polonaises des massacres [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/pologne-grzegorz-motyka-dans-les-rouages-des-politiques-de-memoire">Read More</a></span></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-20067"  class="panel-layout" ><div id="pg-20067-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20067-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20067-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: justify;">En 2019, les présidents polonais Andrzej Duda et ukrainien Volodymyr Zelensky trouvent un terrain d'entente : Kyïv lèvera l'interdiction d'exhumer les victimes polonaises des massacres de 1943-1945, Varsovie relèvera un monument dans un village des Basses-Carpates. Mais la lettre d'un responsable associatif et une note administrative vont suffire à enterrer le compromis pour cinq ans. Dans un livre-entretien, l'historien Grzegorz Motyka en raconte la mécanique de l'intérieur.</p>
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<p style="text-align: justify;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-20068" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-21-PL-Motyka-240x300.jpeg" alt="" width="240" height="300" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-21-PL-Motyka-240x300.jpeg 240w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-21-PL-Motyka-819x1024.jpeg 819w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-21-PL-Motyka-768x960.jpeg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-21-PL-Motyka-1229x1536.jpeg 1229w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-21-PL-Motyka-1638x2048.jpeg 1638w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-21-PL-Motyka.jpeg 1920w" sizes="(max-width: 240px) 100vw, 240px" />Entre 1943 et 1945, l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), dominée par l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), mène en Volhynie puis en Galicie orientale une campagne d'épuration contre la population polonaise. Des formations polonaises massacrent à leur tour, à une échelle moindre, des civils ukrainiens. Professeur à l'Académie polonaise des sciences et membre du collège de l'Institut de la mémoire nationale (IPN), Grzegorz Motyka est un spécialiste majeur de cette période et des relations polono-ukrainiennes. Dans <em>Gry pamięcią</em> (Jeux avec la mémoire), Andrzej Brzeziecki, ancien rédacteur en chef de <em>Nowa Europa Wschodnia</em>, retrace en dix chapitres le parcours de cet érudit, de l'Université catholique de Lublin en 1988 aux archives moscovites, à l'IPN et à Kyïv sous les bombes<sup>(1)</sup>. D'un chapitre à l'autre se révèle la disproportion entre la minceur des pièces de procédure et l'ampleur de ce qu'elles bloquent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une plaque à Monasterz</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 2017, après une vague de dégradations de monuments des deux côtés, Kyïv suspend les exhumations et subordonne leur reprise à la reconstruction de tous les mémoriaux détruits. Or, selon G. Motyka, tous sauf un avaient été érigés illégalement et portaient des inscriptions glorifiant l'UPA. Le seul en règle se trouve à Monasterz : un monument élevé en 1999 avec l'accord d'Andrzej Przewoźnik, alors secrétaire du Conseil de protection des lieux de mémoire, sur la tombe de soixante-deux partisans de l'UPA tués en mars 1945 par les gardes-frontières du NKVD.</p>
<p style="text-align: justify;">Un compromis est scellé fin août 2019 : Kyïv lèvera l'interdiction si Varsovie relève ce monument. Mais, trois semaines plus tard, le président d'une association de victimes écrit à l'IPN que les noms de la plaque seraient inexacts. En janvier 2020, un responsable de l'antenne de Rzeszów conclut dans une note qu'on ne pourra identifier les morts qu'après exhumation et que des criminels pourraient s'y trouver. Il faudrait donc exhumer soixante-deux squelettes, puis retrouver les familles des déplacés de 1945-1947 pour les tests ADN.</p>
<p style="text-align: justify;">L'auteur de la lettre, souligne G. Motyka, avait servi en 1944-1945 dans les bataillons de destruction, milice soviétique auxiliaire du NKVD. La tombe sera relevée, mais sans les noms et avec une inscription nouvelle. Kyïv maintient l'interdiction et produit sa copie de l'accord signé par A. Przewoźnik, dont Varsovie avait perdu l'exemplaire. G. Motyka convoque Louis-Vincent Thomas, pour qui le mort sans corps devient deux fois absent, ni chez les vivants ni chez les morts<sup>(2)</sup>. Tant que les tombes manqueront, les familles produiront des Antigones, estime-t-il. Quarante-deux dépouilles ont été inhumées à Puźniki le 6 septembre 2025.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les îles Lipari</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sous la querelle des plaques se dispute l'origine : les massacres ont-ils été programmés, ou ont-ils débordé ? En octobre 1934, à Marseille, des oustachis et des révolutionnaires macédoniens abattent le roi Alexandre I<sup>er</sup> de Yougoslavie. Mussolini, soupçonné de les soutenir, les interne aux îles Lipari avec la dizaine d'Ukrainiens qui les avaient entraînés avant l'attentat. Parmi eux, Mykhaïlo Kolodzinski, ancien responsable de la section militaire de l'OUN en Pologne, y rédige sa <em>Doctrine militaire ukrainienne</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mykhaïlo Kolodzinski y programme une insurrection « depuis le premier village » : nettoyer des localités isolées, en faire des républiques insurgées, gagner des régions entières. Les tueries de Polonais et de Juifs devaient passer pour des jacqueries spontanées. Il voulait que « <em>la dixième génération encore ait peur de regarder vers l'Ukraine</em> ». Le calcul a fonctionné : le renseignement polonais tenait ces informations pour des fantaisies.</p>
<p style="text-align: justify;">Dmytro Kliatchkivski, dit « Klym Savour », qui commande l'OUN et l'UPA en Volhynie, applique ce programme à partir de 1943. En novembre, Roman Choukhevytch, devenu en mai chef de l'OUN, inspecte la région et y trouve des zones entières tenues par les Ukrainiens, avec écoles et administration. Il étend la méthode à la Galicie orientale avec deux correctifs : avertir la population par des tracts, ne tuer que les hommes. Un ordre du commandement précise qu'il « <em>répète encore une fois</em> » que les tracts doivent précéder l'attaque et non la suivre, preuve, pour lui, que l'ordre restait lettre morte.</p>
<p style="text-align: justify;">La filiation entre Kolodzinski et Kliatchkivski reste hypothétique : Oleksandr Zaïtsev, historien ukrainien du nationalisme intégral qui a mis G. Motyka sur cette piste, n'y voit qu'une hypothèse parmi d'autres. Aucun massacre spontané d'un village polonais par des paysans n'est cependant documenté ; quand un village entier était tué, les organisateurs venaient de l'OUN et de l'UPA. Les paysans mobilisés de force recevaient des torches et des allumettes : d'une valeur militaire faible, ils donnaient l'apparence d'une révolte populaire. Sur cinq millions d'Ukrainiens dans les deux régions, G. Motyka estime à quarante ou cinquante mille les participants aux massacres<sup>(3)</sup> et refuse d'en accuser la paysannerie en bloc<sup>(4)</sup>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le thermomètre cassé</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les deux historiographies ne comptent pas de la même manière. Depuis 2003, la politique mémorielle ukrainienne repose, selon G. Motyka, sur une équivalence entre l'UPA et l'Armée de l'intérieur (AK), bras armé de l'État clandestin polonais. L'historien ukrainien Volodymyr Viatrovytch parle d'une « <em>guerre polono-ukrainienne</em> », tandis que Bohdan Houd, dont les travaux inspirent les autorités ukrainiennes, reporte la responsabilité morale sur les propriétaires terriens polonais qui auraient fabriqué des paysans barbares. G. Motyka souligne que ce récit reprend le schéma russe sur l'Holodomor, la famine organisée de 1932-1933, une grande tragédie commune dont la mémoire devrait unir et où personne n'est désigné.</p>
<p style="text-align: justify;">L'historien polonais ne ménage pas pour autant les siens. Pour la chercheure Ewa Siemaszko, l'OUN et l'UPA contraignaient les conjoints ukrainiens des couples mixtes à tuer leur femme ou leur mari polonais, et le crime l'emportait presque toujours. G. Motyka lit ses données à rebours : dans un tiers des cas l'un tuait l'autre, souvent sous la contrainte ; dans le deuxième, les époux mouraient ensemble ; dans le dernier, ils fuyaient ensemble. En mars 1944, l'AK de la région de Lublin frappe préventivement des villages ukrainiens et tue plus d'un millier de personnes ; son commandement juge l'opération controversée et annonce une enquête, alors que le droit de l'État clandestin n'autorisait les exécutions qu'au cas par cas, après jugement.</p>
<p style="text-align: justify;">Fin 2025, il polémique avec son pair Igor Hałagida, à qui il reproche de n'avoir mobilisé que quinze publications polonaises et d'imputer à la police polonaise des pacifications où elle n'était qu'un élément d'un dispositif plus large. Sa formule (« <em>casser le thermomètre ne fait pas tomber la fièvre</em> ») lui vaut d'être accusé d'invective.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un hareng pour six</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le comptage a aussi un versant judiciaire. Le 28 mars 1947, l'UPA tue le général Karol Świerczewski. Le lendemain, le bureau politique du Parti ouvrier polonais décide, « <em>dans le cadre d'une action répressive</em> », de déporter les Ukrainiens encore présents en Pologne. Ils seront 140 000, Ukrainiens, Lemkos et Boïkos (populations ruthènes des Carpates), dispersés vers les territoires repris à l'Allemagne, à plus de cent kilomètres de la frontière, sans droit de déménager. Le critère initial, la moindre ascendance ukrainienne ou l'appartenance gréco-catholique ou orthodoxe, est abandonné en quinze jours : presque chaque famille comptant un mariage mixte, l'appliquer aurait vidé la région. Deux tiers des déportés sont des femmes et des enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">En avril, les autorités baptisent la déportation « Wisła », du nom de la Vistule. G. Motyka y voit un emprunt à la crue de mars 1947, dont les images, aux actualités filmées, voisinaient avec celles des obsèques de Świerczewski ; le nom d'un fleuve que l'armée venait de secourir masquait le caractère répressif de l'opération.</p>
<p style="text-align: justify;">En novembre 2023, le parquet de l'IPN classe l'enquête en présentant l'opération comme une évacuation préventive, protectrice et humaine. G. Motyka oppose les rations distribuées à la gare d'embarquement de Łukawica (250 grammes de pain par personne et par jour, un hareng pour six), et plus de soixante morts dans les convois. Le tribunal régional de Varsovie a annulé le classement le 17 juillet 2024 et renvoyé le dossier à l'antenne de Rzeszów ; aucune décision n'a été rendue publique depuis.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les papiers du FSB</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un troisième acteur suit tous ces dossiers, sans y figurer. En septembre 2022, le FSB a rendu publics des documents sur les crimes de l'UPA, dont un rapport de février 1943 du NKGB de Pavel Soudoplatov sur l'anéantissement du village de Parośla, dont l'historiographie ukrainienne conteste l'attribution à l'UPA. G. Motyka écarte l'idée que Moscou ait voulu donner raison à Varsovie : l'objectif était d'attiser la dispute, et les Russes se sont découverts en montrant qu'ils maîtrisent le dossier dans le détail. Membre de la commission polonaise sur les influences russes, il se dit convaincu qu'à Moscou quelqu'un a été décoré pour avoir brouillé Varsovie et Kyïv au sujet des exhumations. L'hypothèse reste aussi logique qu'invérifiable.</p>
<p style="text-align: justify;">On regrettera que les contraintes pesant sur les historiens ukrainiens, pressions politiques et enjeu existentiel de l'unité nationale en temps de guerre, pourtant bien décrites, disparaissent souvent lorsque G. Motyka formule ses jugements les plus sévères à l'égard de Kyïv. Le livre suppose en outre acquise une chronologie des événements que le lecteur français devra chercher ailleurs. Mais il y trouvera un praticien d'envergure qui explique par quelles mains un dossier historique s'enlise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<p>(1) Grzegorz Motyka, Andrzej Brzeziecki, <em>Gry pamięcią. O polityce historycznej, Polsce, Ukrainie i Rosji</em> (Jeux avec la mémoire. De la politique historique, de la Pologne, de l'Ukraine et de la Russie), Cracovie, Wydawnictwo Literackie, 2026, 328 p. Les traductions du polonais sont de l'auteur.</p>
<p>(2) Source non précisée par G. Motyka ; voir L.-V. Thomas, <em>Anthropologie de la mort</em>, Payot, 1975.</p>
<p>(3) Il retient 80 000 à 100 000 victimes polonaises et 10 000 à 20 000 victimes ukrainiennes, 1943-1945.</p>
<p>(4) G. Motyka s'écarte ici d'Antoine Prisset-Hugues, <a href="https://regard-est.com/ukraine-pologne-une-guerre-des-memoires-en-voie-de-resolution">« Ukraine-Pologne : une guerre des mémoires en voie de résolution ? »</a>, <em>Regard sur l'Est</em>, 23 mars 2026.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Charles Garatynski est écrivain et critique littéraire, lauréat 2025 du prix de l'écrivain de la diaspora polonaise.</p>
</div>
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		<title>Ukraine : juger la guerre contre le vivant</title>
		<link>https://regard-est.com/ukraine-juger-la-guerre-contre-le-vivant</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2026 00:51:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Près de cinq ans après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, l’environnement dans le pays agressé n’est plus seulement le décor des [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/ukraine-juger-la-guerre-contre-le-vivant">Read More</a></span></p>
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>Près de cinq ans après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, l’environnement dans le pays agressé n’est plus seulement le décor des combats : il en est une victime, un vecteur et parfois un objectif. Tandis que Kyïv chiffre les dégâts et rassemble des preuves, le terme « écocide » s’impose dans les textes européens, sans encore constituer un crime autonome devant la Cour pénale internationale. L’Ukraine peut-elle faire basculer le droit ?</strong></p>
</div>
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-20039" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-Vignette-300x225.jpg" alt="Inondation dans l'oblast de Kherson (10 juin 2023) suite à la destruction du barrage de Kakhovka par la Russie (source : Wikimedia Commons)." width="300" height="225" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-Vignette-300x225.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-Vignette-768x575.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-Vignette.jpg 1024w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />Les morts, les déplacés et les villes détruites donnent à la guerre sa mesure la plus immédiate. Son empreinte écologique engage pourtant, elle aussi, plusieurs générations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>311 millions de tonnes : le troisième front de la guerre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En février 2026, l’<em>Initiative on GHG accounting of war</em> estimait à <a href="https://en.ecoaction.org.ua/climate-damage-4-years-numbers.html">311 millions de tonnes de CO₂ (CO₂e</a>, unité qui convertit les différents gaz à effet de serre selon leur pouvoir de réchauffement) les émissions imputables au conflit depuis le 24 février 2022. Ce total, du même ordre que les émissions annuelles de la France, a augmenté de 75 millions de tonnes au cours de la quatrième année de guerre. Il agrège les émissions déjà produites par le carburant des armées, les munitions, les incendies, les fuites des infrastructures énergétiques et les détours aériens, auxquelles s’ajoutent 73,3 millions de tonnes d’émissions futures, estimées pour la reconstruction des infrastructures ukrainiennes détruites.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces chiffres ne sont pas un relevé exhaustif : ils reposent sur des méthodes d’attribution, des images satellites et des hypothèses rendues nécessaires par l’impossibilité d’accéder à une partie du territoire. Ils révèlent néanmoins une dynamique. En 2025, <a href="https://en.ecoaction.org.ua/wp-content/uploads/2026/02/climate-damage-rusagression_48months_en-2s.pdf">1,39 million d’hectares de paysages naturels</a> ont brûlé en Ukraine, après une saison 2024 déjà record : le Centre commun de recherche (JRC), service scientifique de la Commission européenne, avait alors recensé  <a href="https://joint-research-centre.ec.europa.eu/jrc-news-and-updates/ukraine-hit-record-breaking-wildfires-2024-2025-03-25_en">965 000 hectares</a> parcourus par le feu. La chaleur et la sécheresse jouent aussi leur rôle mais les foyers se concentrent près du front, où tirs, mines et impossibilité d’intervenir transforment une étincelle en désastre.</p>
<p style="text-align: justify;">La rupture du barrage de Kakhovka, le 6 juin 2023, reste le symbole de ce front écologique. L’assèchement brutal du réservoir et l’inondation de l’aval ont bouleversé les habitats du Dniepr, mobilisé des sédiments contaminés, affecté l’eau potable et l’irrigation. Le Programme des Nations unies pour l’environnement estime qu’<a href="https://www.unep.org/resources/report/rapid-environmental-assessment-kakhovka-dam-breach-ukraine-2023">une part des dégâts est irréversible</a> et que leurs effets sur les écosystèmes comme sur la santé humaine se prolongeront pendant des décennies.</p>
<p style="text-align: justify;">À cela s’ajoutent les sols criblés de munitions, les forêts minées, les dépôts de carburant incendiés, les installations industrielles touchées et les réseaux d’eau ou d’énergie endommagés. Tout n’est pas nécessairement visé pour sa valeur écologique mais l’accumulation de destructions prévisibles et durables interdit désormais de reléguer la nature au rang de simple « dommage collatéral ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Écocide : un mot ancien, un crime encore absent</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le terme « écocide » s’est imposé au début des années 1970, dans le sillage des destructions environnementales de la guerre du Vietnam, notamment de l’épandage massif d’herbicides par l’armée américaine sur les forêts et les cultures. En 1972, à la <a href="https://fr.stopecocide.earth/stockholm-50-summary">conférence de Stockholm</a>, le Premier ministre suédois Olof Palme dénonçait cette destruction des milieux. Un demi-siècle plus tard, sa force reste surtout morale.</p>
<p style="text-align: justify;">En juin 2021, un panel international de juristes a proposé de <a href="https://www.legal-tools.org/doc/pb375e/pdf">définir l’écocide</a> comme des actes illicites ou arbitraires commis en connaissance d’une probabilité substantielle de dommages graves et soit étendus, soit durables, à l’environnement. Cette définition, conçue pour nourrir une modification du Statut de Rome, vise aussi bien le temps de paix que le temps de guerre et ne suppose pas de prouver une volonté de détruire la nature pour elle-même.</p>
<p style="text-align: justify;">Le paradoxe ukrainien tient à ce que le droit national a devancé ce débat. <a href="https://zakon.rada.gov.ua/laws/show/2341-14?lang=en">L’article 441 du Code pénal ukrainien</a> réprime l’écocide depuis l’adoption du Code, en 2001. Il pointe la destruction massive de la flore ou de la faune, l’empoisonnement de l’air ou de l’eau et les actes susceptibles de provoquer une catastrophe environnementale, punis de huit à quinze ans de prison. Cette disposition appartient à une tradition juridique présente dans plusieurs États de l’espace postsoviétique ; elle avait toutefois produit très peu de pratique judiciaire avant l’invasion de 2022.</p>
<p style="text-align: justify;">À La Haye, l’écocide n’est toujours pas le « cinquième crime » international<a href="#n1"><sup>(1)</sup></a>. Le Statut de Rome ne protège explicitement l’environnement qu’à travers <a href="https://www.icc-cpi.int/sites/default/files/Statut-de-Rome.pdf">l’article 8(2)(b)(iv)</a>, applicable aux conflits armés internationaux : il faut démontrer qu’une attaque a été lancée en sachant qu’elle causerait des dommages étendus, durables et graves, manifestement excessifs au regard de l’avantage militaire attendu. Le seuil, cumulatif et très élevé, n’a encore donné lieu à aucune condamnation de la Cour pénale internationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux évolutions ont cependant entrouvert la porte. En septembre 2024, Vanuatu, avec Fidji et Samoa, a déposé <a href="https://asp.icc-cpi.int/sites/default/files/asp_docs/ICC-ASP-23-26-ENG.pdf">une proposition d’amendement</a> créant un crime autonome d’écocide. Puis, en décembre 2025, le Bureau du procureur de la CPI a adopté <a href="https://www.icc-cpi.int/sites/default/files/2025-12/2025-env-fra.pdf">une politique sur les dommages environnementaux</a> : il entend mieux rechercher comment ceux-ci peuvent constituer, faciliter ou révéler les crimes déjà prévus par le Statut. Cette politique ne crée pas une nouvelle infraction, mais elle sort l’environnement de l’angle mort des enquêtes internationales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Kyïv transforme les ruines en preuves</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour juger, il ne suffit pas de nommer : il faut dater, localiser, mesurer et relier un dommage à une décision et à un auteur. C’est là que l’expérience ukrainienne devient singulière. La plateforme publique <a href="https://ecozagroza.gov.ua/en">EcoZagroza</a> recueille en temps réel des signalements géolocalisés sur la pollution de l’air, de l’eau et des sols. De leur côté, Ecoaction et Greenpeace ont documenté <a href="https://en.ecoaction.org.ua/support-ukrainian-ngo-nature-restoration.html">près de 900 cas potentiels de dommages</a> et mis en avant, sur une <a href="https://maps.greenpeace.org/maps/gpcee/ukraine_damage_2022/">carte accessible au public</a>, trente situations particulièrement graves.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-20042 alignleft" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-pour-inserer-dans-papier-300x182.png" alt="Ecocide en Ukraine (source Greenpeace)" width="757" height="459" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-pour-inserer-dans-papier-300x182.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-pour-inserer-dans-papier-768x466.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-pour-inserer-dans-papier.png 973w" sizes="auto, (max-width: 757px) 100vw, 757px" /></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://maps.greenpeace.org/maps/gpcee/ukraine_damage_2022/"><em>Écocide en Ukraine</em></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Le défi est immense. Il faut établir l’état initial d’un écosystème, distinguer les effets des combats de ceux du climat ou d’une pollution ancienne, conserver des prélèvements recevables et identifier le niveau de commandement responsable. Dans les zones occupées ou minées, l’accès peut rester impossible pendant des années. Or, les substances se dispersent et les cratères s’effacent : la preuve écologique se dégrade elle aussi.</p>
<p style="text-align: justify;">La responsabilité peut en outre emprunter plusieurs chemins. Les procureurs ukrainiens peuvent mobiliser l’article 441, mais l’exécution d’une éventuelle peine suppose d’avoir l’accusé sous juridiction. La CPI peut poursuivre certains faits comme crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou génocide si leurs éléments constitutifs sont réunis ; elle ne peut pas simplement inscrire « écocide » dans un acte d’accusation. Quant au <a href="https://www.coe.int/en/web/special-tribunal-ukraine/home">Tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine</a>, créé par un accord avec le Conseil de l’Europe signé le 25 juin 2025 et dont 36 pays ainsi que l’Union européenne ont arrêté le cadre de gestion en mai 2026, son mandat vise le crime d’agression et les principaux dirigeants, pas les dommages environnementaux en tant que tels.</p>
<p style="text-align: justify;">La voie de la réparation avance plus concrètement. Le Registre des dommages pour l’Ukraine, établi sous l’égide du Conseil de l’Europe, comporte désormais <a href="https://rd4u.coe.int/en/documents">une catégorie B3.1 consacrée aux dommages environnementaux</a> et une catégorie B3.2 au pillage ou à l’appropriation des ressources naturelles. Il n’est pas un tribunal et ne fixe pas encore les indemnisations mais il organise la réception des demandes destinées à une future commission internationale. L’innovation est néanmoins majeure. Les sols, les eaux, les forêts et leurs services écologiques entrent dans l’architecture d’une réparation de guerre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Europe avance, Rome hésite encore</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le droit européen évolue plus vite que le droit pénal international. La <a href="https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2024/1203/oj?locale=fr">Directive européenne 2024/1203</a> impose des sanctions renforcées lorsque certaines infractions provoquent une destruction ou un dommage étendu, substantiel, irréversible ou durable à un grand écosystème, à l’air, au sol ou à l’eau. Son préambule précise que ces infractions qualifiées peuvent recouvrir des conduites comparables à l’écocide. Les États membres devaient la transposer avant le 21 mai 2026. Le texte reste toutefois conçu d’abord pour réprimer des activités illégales relevant du droit environnemental de l’Union, non pour juger la conduite d’une guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Conseil de l’Europe a franchi une autre étape. Sa <a href="https://www.coe.int/en/web/reykjavik-process-and-the-environment/protection-of-the-environment-through-criminal-law">Convention sur la protection de l’environnement par le droit pénal</a>, adoptée en mai 2025 et ouverte à la signature le 3 décembre suivant, est le premier traité international contraignant entièrement consacré à la criminalité environnementale. Elle permet notamment de poursuivre des actes intentionnels causant une catastrophe assimilable à un écocide. Mais elle ne prendra effet qu’après dix ratifications, dont huit par des États membres : entre la proclamation et la juridiction opérationnelle, la distance demeure.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Ukraine ne garantit donc pas, à elle seule, la naissance d’un cinquième crime international. Elle oblige en revanche les institutions à confronter leurs catégories à une réalité documentée : un territoire peut être rendu dangereux ou inhabitable par la contamination, l’incendie, l’assèchement et les mines autant que par la destruction des bâtiments. La souveraineté ne consiste plus seulement à défendre une frontière ; elle suppose de préserver les conditions matérielles de la vie derrière cette frontière.</p>
<p style="text-align: justify;">La bataille juridique sera longue. Elle opposera les exigences de la preuve et de la responsabilité individuelle à des atteintes diffuses, cumulatives et parfois transfrontalières. Mais une rupture est déjà acquise : l’environnement n’est plus seulement le bien qu’il faudra restaurer après la paix. Il devient une victime à documenter pendant la guerre, un préjudice à réparer et, peut-être demain, l’objet d’un crime international autonome. En ce sens, l’Ukraine n’est pas encore le premier procès de l’écocide ; elle en construit le dossier.</p>
<p><strong>Note :</strong></p>
<p><a id="n1"></a>(1) Les quatre crimes relevant actuellement de la compétence de la Cour pénale internationale sont le crime de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le crime d’agression (Statut de Rome, art. 5).</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Vignette</strong> : Inondation dans l'oblast de Kherson (10 juin 2023) suite à la destruction du barrage de Kakhovka par la Russie (source : <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Flood_in_Kherson_Oblast,_2023-06-10.jpg">Wikimedia Commons</a>).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Assen Slim est professeur des universités à l’Inalco.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Assen SLIM (2026), « Ukraine : juger la guerre contre le vivant », <em>Regard sur l'Est</em>, 14 septembre.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.22830646"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.22830646.svg" alt="10.5281/zenodo.22830646" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.22830646']" /></a></p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
</div>
</div></div></div></div></div><div style="display:flex; gap:10px;justify-content:center" class="wps-pgfw-pdf-generate-icon__wrapper-frontend">
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			</item>
		<item>
		<title>Bulgaria: What the “Houses of Horrors” Scandal Reveals About an Ageing Society</title>
		<link>https://regard-est.com/bulgaria-what-the-houses-of-horrors-scandal-reveals-about-an-ageing-society</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Assen Slim]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 11:20:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>In June 2025, Bulgaria, a country with a rapidly ageing population, was confronted with an unprecedented scandal: the discovery of illegal care homes where dozens [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/bulgaria-what-the-houses-of-horrors-scandal-reveals-about-an-ageing-society">Read More</a></span></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-20026"  class="panel-layout" ><div id="pg-20026-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20026-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20026-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p><strong><a id="h1"></a>In June 2025, Bulgaria, a country with a rapidly ageing population, was confronted with an unprecedented scandal: the discovery of illegal care homes where dozens of older people were being held against their will in appalling conditions. How can such abuses be prevented in a society short of resources?</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-20026-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20026-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20026-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-20006 alignright" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-BG-Maison-des-horreurs-S-Altasserre-300x242.jpeg" alt="Réalisation de l'auteur" width="300" height="242" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-BG-Maison-des-horreurs-S-Altasserre-300x242.jpeg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-BG-Maison-des-horreurs-S-Altasserre.jpeg 653w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />Although care homes in various countries have occasionally faced allegations of mistreating their elderly residents, reports of abuse in Bulgaria had never led to major cases. In June 2025, however, an inspection in Yagoda triggered a media scandal that brought the existence of illegal care homes to public attention.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>The Authorities Intervene at the Illegal Care Home in Yagoda</strong></p>
<p style="text-align: justify;">The care home in the village of Yagoda (Maglizh municipality, Stara Zagora district), which operated across two separate sites, lost its licence in April 2025. Nevertheless, it continued operating illegally under the guise of a private landlord renting accommodation to older people. Social workers from the Agency for the Quality of Social Services (AKSU) were then tasked with checking whether the home was continuing its activities in another form, but the owner denied them access during their visits. A large-scale inspection, supported by the police, was therefore scheduled for 6 June 2025. The following day, the Stara Zagora district prosecutor held a press conference to report on the operation and announce the opening of a criminal investigation. During the inspection, social workers and emergency services had found 75 older people, most of them suffering from mental illnesses <a href="#n1"><sup>(1)</sup></a>. Residents were paying 990 leva (approximately €506) a month for accommodation in buildings whose window handles had been removed to prevent them from being opened from the inside, and where they were kept locked in around the clock. At night, they were even confined to their rooms. Some were found lying in their own blood. Others had been tied up—metal rings and belts used for this purpose were seized—and sedated with drugs, sometimes containing fentanyl, a powerful opioid, without being told what they were being given. To prevent their identification and contact with the outside world, the owner had confiscated their identity cards and phones and had also obtained powers of attorney from some of the older people living there. Enquiries among neighbours established that screams were often heard coming from the buildings where the residents were confined. Six people aged between 36 and 68, including the owner and staff members, among them nurses, were arrested and charged by prosecutors. The Kazanlak district court remanded them in custody over their alleged involvement, between 10 April and 6 June 2025, in the unlawful confinement of vulnerable people, assault, endangering life, concealing other people’s identity documents for personal gain, misuse of personal data and obstructing inspections. They face prison sentences of between three and twelve years. On 9 June, investigators also received a disturbing report about the deaths of a couple who had lived at the home, which had occurred in early 2025. In the days that followed, Yagoda’s municipal authorities announced that 773 older people had died in the village between 2020 and June 2025, mostly in care homes—a figure that may seem high.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>The Authorities’ Initial Response to the Scandal</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Both sites were evacuated on 6 June. The 56 victims who were not taken into the care of relatives were moved to safety in healthcare or emergency facilities across the region, mobilised according to the severity of their condition: Stara Zagora University Hospital, the psychiatric centre in Radnevo, care homes in Stara Zagora, Kazanlak and Galabovo, and the Sliven Crisis Centre. Twenty people were taken away by their relatives.</p>
<p style="text-align: justify;">Deputy Minister of Labour and Social Policy Ivan Krastev compared the lives of the Yagoda care home’s residents to those of prisoners at Auschwitz. Minister of Justice Georgi Georgiev called the home a “house of horrors”. He urged families placing relatives in care homes to “take a greater interest in [their relatives’] situation and check what is happening there”. To demonstrate the government’s determination to act, Minister of Labour and Social Policy Borislav Gutsanov said his administration would “not stop until the very last unlicensed home in the country has been uncovered” <a href="#n2"><sup>(2)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Stepping Up Inspections</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Against this backdrop, a large-scale inspection was scheduled as early as 8 June 2025 at the care home in Govedartsi, near Samokov <a href="#n3"><sup>(3)</sup></a>. Registered as a commercial company, it had no licence to provide care, and social workers tasked with inspecting the facility had also been denied access to the building. Inspectors found 23 older people living in conditions deemed deplorable. They were moved to safety in facilities in Kovachevtsi and Samokov. The Sofia district prosecutor’s office nevertheless stated that care there was slightly better than in Yagoda and that no grounds had been found for charging the manager, as there was no evidence that residents had been held against their will.</p>
<p style="text-align: justify;">On 10 June, another operation targeting illegal care homes for older people took place at three sites in the Varna region, resulting in their closure and the relocation of 130 older people to safety. As in Yagoda, rooms were rented individually to residents, who lived in poor conditions in premises infested with lice, fleas and cockroaches. The operators defended themselves by claiming that the premises were merely tourist accommodation. In response to these further inspections, the government made the provision of such services without a licence a criminal offence. The fine for providing unlicensed care services was raised to 30,000 leva, up from 10,000, and operators whose licences are revoked are now barred from obtaining a new one for five years.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>How Can Further “Houses of Horrors” Be Prevented?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Placing older relatives in residential care, particularly when they suffer from mental illnesses, has become a necessity for some working people who lack the time or suitably adapted accommodation to care for them themselves. Yet residential care is very expensive, and many Bulgarians cannot afford care home fees. Prosecutor Nikolay Nikolaev sees a clear link between the owners of illegal care homes and the “property mafia”.</p>
<p style="text-align: justify;">To address the proliferation of such non-compliant facilities, some observers argue that greater awareness within civil society is now needed. In the short term, however, the government is focusing mainly on enforcement through more frequent inspections: 15 illegal care homes have been closed across Bulgaria in less than a year, and several other facilities have been refused licences. Alongside these enforcement measures, the Bulgarian state has also decided to renovate 81 public care homes. Work has already been completed at 12 facilities in 12 municipalities: Glavinitsa, Elhovo, Troyan, Dolna Mitropolia, Kula, Krumovgrad, Ruzhintsi, Dimovo, Alfatar, Mezdra, Vidin and Galabovo.</p>
<p style="text-align: justify;">But will these reforms be enough? For Professor Nikolay Gabrovski, Deputy Director of N. I. Pirogov University Hospital, the spread of illegal care homes conceals a wider problem: the shortage of healthcare staff <a href="#n4"><sup>(4)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">A year after the scandal, on 13 June 2026, Stara Zagora district prosecutor Tanya Dimitrova highlighted the delays in the Bulgarian justice system, reporting that all those accused had been released on bail pending trial, for which no hearing date had yet been set <a href="#n5"><sup>(5)</sup></a>. She condemned the slow pace of proceedings and said she felt a sense of injustice.</p>
<p><strong>Sources:</strong></p>
<p><a id="n1"></a>(1) Vyara Nikolova, “Varzani i upoeni vazrastni hora sa otkriti v nezakonni starcheski domove v Starozagorsko” (Older people found tied up and drugged in illegal care homes in the Stara Zagora region), <a href="https://www.dnevnik.bg/bulgaria/2025/06/07/4792155_vurzani_i_upoeni_vuzrastni_hora_sa_otkriti_pri/"><em>Dnevnik.bg</em></a>, 7 June 2025; Ivo Nikodimov, “990 lv. za "kashtite na uzhasite": Vazrastni khora sa zaklyuchvani, upoyavani i maltretirani v Starozagorsko” (990 leva for the “houses of horrors”: older people locked up, drugged and mistreated in the Stara Zagora region), <a href="https://bntnews.bg/news/990-lv-za-kashtite-na-uzhasite-vazrastni-hora-sa-zaklyuchvani-upoyavani-i-maltretirani-v-starozagorsko-1342095news.html"><em>BNTNews</em></a>, 7 June 2025; “„Kashtata na uzhasite“ v s. Yagoda: Vazrastnite sa bili vrazvani, upoyavani i maltretirani, petima sa arestuvani” (“House of horrors” in Yagoda: older people were tied up, drugged and mistreated; five arrested), <a href="https://bntnews.bg/news/-kashtata-na-uzhasite-v-s-yagoda-vazrastnite-sa-bili-vrazvani-upoyavani-i-maltretirani-petima-sa-arestuvani-1342130news.html"><em>BNTNews.bg</em></a>, 7 June 2025; Emilia Milcheva, “Hotel za smart: bezkraynyiat horar s domovete za vazrastni” (Hotel of death: the endless horror of care homes), <a href="https://p.dw.com/p/4vdAM"><em>DW</em></a>, 9 June 2025; Georgi Manev, “Vrazvani, biti i zaklyuchvani: Uzhasyavashti razkritiya za nelegalni starcheski domove” (Tied up, beaten and locked in: horrifying revelations about illegal care homes), <a href="https://nova.bg/news/view/2025/06/07/500130/%D0%B2%D1%80%D1%8A%D0%B7%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%B8-%D0%B1%D0%B8%D1%82%D0%B8-%D0%B8-%D0%B7%D0%B0%D0%BA%D0%BB%D1%8E%D1%87%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%B8-%D1%83%D0%B6%D0%B0%D1%81%D1%8F%D0%B2%D0%B0%D1%89%D0%B8-%D1%80%D0%B0%D0%B7%D0%BA%D1%80%D0%B8%D1%82%D0%B8%D1%8F-%D0%B7%D0%B0-%D0%BD%D0%B5%D0%BB%D0%B5%D0%B3%D0%B0%D0%BB%D0%BD%D0%B8-%D1%81%D1%82%D0%B0%D1%80%D1%87%D0%B5%D1%81%D0%BA%D0%B8-%D0%B4%D0%BE%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B5/"><em>Nova.bg</em></a>, 7 June 2025.</p>
<p><a id="n2"></a>(2) Ministry of Labour and Social Policy, “Ministar Gutsanov: Nyama da sprem, dokato i posledniyat nezakonen obekt za nastanyavane na vazrastni ne bade nameren” (Minister Gutsanov: We will not stop until the very last illegal care facility for older people has been found), <a href="https://www.mlsp.government.bg/ministr-gutsanov-nyama-da-sprem-dokato-i-posledniyat-nezakonen-obekt-za-nastanyavane-na-vzrastni-ne-bde-nameren"><em>Ministry of Labour and Social Policy</em></a>, 10 June 2025.</p>
<p><a id="n3"></a>(3) “Dramata s nezakonnite starcheski domove: Edin na svoboda, drugi v aresta” (The illegal care home scandal: one person released, others in custody), <a href="https://www.mediapool.bg/dramata-s-nezakonnite-starcheski-domove-edin-na-svoboda-drugi-v-aresta-news372092.html"><em>Mediapool</em></a>, 10 June 2025.</p>
<p><a id="n4"></a>(4) “Ima vrŭzka mezhdu sobstvenitsi s domove za vŭzrastni khora i imotnata mafiya, zayavi prokuror Nikolaĭ Nikolaev” (There is a link between care home owners and the property mafia, prosecutor Nikolay Nikolaev said), <a href="https://trud.bg/a/articles/%D0%B8%D0%BC%D0%B0-%D0%B2%D1%80%D1%8A%D0%B7%D0%BA%D0%B0-%D0%BC%D0%B5%D0%B6%D0%B4%D1%83-%D1%81%D0%BE%D0%B1%D1%81%D1%82%D0%B2%D0%B5%D0%BD%D0%B8%D1%86%D0%B8-%D1%81-%D0%B4%D0%BE%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B5-%D0%B7%D0%B0-%D0%B2%D1%8A%D0%B7%D1%80%D0%B0%D1%81%D1%82%D0%BD%D0%B8-%D1%85%D0%BE%D1%80%D0%B0-%D0%B8-%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D1%82%D0%BD%D0%B0%D1%82%D0%B0-%D0%BC%D0%B0%D1%84%D0%B8%D1%8F-%D0%B7%D0%B0%D1%8F%D0%B2%D0%B8-%D0%BF%D1%80%D0%BE%D0%BA%D1%83%D1%80%D0%BE%D1%80-%D0%BD%D0%B8%D0%BA%D0%BE%D0%BB%D0%B0%D0%B9-%D0%BD%D0%B8%D0%BA%D0%BE%D0%BB%D0%B0%D0%B5%D0%B2"><em>Trud</em></a>, 11 June 2025.</p>
<p><a id="n5"></a>(5) Nadya Hamdan, “Godina sled koshmara v selo yagoda: vsichki zadarzhani za doma na uzhasite sa na svoboda” (A year after the nightmare in Yagoda: all those detained over the “house of horrors” are now free), <a href="https://www.bgonair.bg/a/221-golemite-posleditsi/421513-godina-sled-koshmara-v-selo-yagoda-vsichki-zadarzhani-za-doma-na-uzhasite-sa-na-svoboda"><em>BG On Air</em></a>, 13 June 2026.</p>
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<p><strong>Featured image:</strong> Created by the author.</p>
<p><a href="https://regard-est.com/bulgarie-ce-que-le-scandale-des-maisons-des-horreurs-dit-dune-societe-en-proie-au-vieillissement">Link to the French version of this article</a></p>
<p>* Stéphan Altasserre holds a PhD in Slavic Studies and specialises in the Balkans.</p>
<p>Traduit du français par Assen SLIM</p>
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<p><strong>To cite this article:</strong> Stéphan Altasserre (2026), “Bulgaria: What the “Houses of Horrors” Scandal Reveals About an Ageing Society”, <em>Regard sur l’Est</em>, 7 September.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.22725094"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.22725094.svg" alt="10.5281/zenodo.22725094" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.22725094']" /></a></p>
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<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-14825" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-300x96.png" alt="250x80 (English)" width="250" height="80" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px" /></a></p>
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		<title>Bulgarie : ce que le scandale des ‘maisons des horreurs’ dit d’une société en proie au vieillissement</title>
		<link>https://regard-est.com/bulgarie-ce-que-le-scandale-des-maisons-des-horreurs-dit-dune-societe-en-proie-au-vieillissement</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 00:44:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En juin 2025, la société civile bulgare, qui connaît un vieillissement important de sa population, a été confrontée à un scandale sans précédent : la découverte [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/bulgarie-ce-que-le-scandale-des-maisons-des-horreurs-dit-dune-societe-en-proie-au-vieillissement">Read More</a></span></p>
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>En juin 2025, la société civile bulgare, qui connaît un vieillissement important de sa population, a été confrontée à un scandale sans précédent : la découverte d’hospices clandestins où étaient séquestrées plusieurs dizaines de personnes âgées dans des conditions épouvantables. Comment empêcher ces dérives dans une société où les moyens manquent ?</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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</div></div></div></div><div id="pg-20005-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20005-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20005-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-20006" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-BG-Maison-des-horreurs-S-Altasserre-300x242.jpeg" alt="Réalisation de l'auteur" width="300" height="242" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-BG-Maison-des-horreurs-S-Altasserre-300x242.jpeg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-BG-Maison-des-horreurs-S-Altasserre.jpeg 653w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />Si, dans divers pays, des maisons de retraite ont pu ponctuellement être mises en cause pour de mauvais traitements infligés aux personnes âgées qu’elles accueillaient, en Bulgarie les signalements recensés n’avaient jamais débouché sur des affaires d’ampleur. Mais, en juin 2025, une opération de contrôle réalisée à Yagoda fut à l’origine d’un scandale médiatique révélant au public l’existence d’hospices clandestins.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’intervention des pouvoirs publics dans la maison de retraite clandestine de Yagoda </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La maison de retraite du village de Yagoda (municipalité de Maglizh, district de Stara Zagora), dont les locaux comprenaient deux sites distincts, a perdu son agrément en avril 2025. L’établissement a cependant continué clandestinement son activité en tant que bailleur privé louant des logements à des personnes âgées. Des travailleurs sociaux de l’Agence pour la qualité des services sociaux (AKSU) ont alors été missionnés pour vérifier que la maison de retraite ne poursuivait pas son activité sous une autre forme, mais ils se sont vus refuser l’accès aux lieux par le propriétaire lors de leurs déplacements sur les lieux. Dans ce contexte, une vaste inspection de contrôle a été programmée avec l’assistance des forces de l’ordre le 6 juin 2025. Le lendemain, la procureure du district de Stara Zagora a organisé une conférence de presse pour faire part de l’opération et révéler l’ouverture d’une enquête judiciaire. La veille, travailleurs sociaux et services de secours avaient retrouvé 75 personnes âgées souffrant pour la plupart de maladies mentales, sur les lieux de l’intervention<a href="#n1"><sup>(1)</sup></a>. Les pensionnaires payaient 990 levas (soit près de 506 euros) chaque mois pour leur hébergement dans des bâtiments dont les poignées de fenêtre avaient été retirées afin d’empêcher leur ouverture de l’intérieur et où les hébergés étaient enfermés 24 heures sur 24. La nuit, ils étaient même consignés dans leur chambre. Quelques-uns ont été découverts dans leur chambre baignant dans leur sang. Certains étaient ligotés (des anneaux et des ceintures métalliques utilisés à cet effet ont été saisis) et sédatés à l’aide de médicaments, parfois à base de fentanyl, un puissant opiacé, sans que le ou les patients sachent quelle substance leur était administrée. Pour empêcher leur identification et les contacts avec le monde extérieur, leurs cartes d’identité et téléphones avaient été confisqués par le propriétaire, qui s’était également fait remettre des procurations par certaines personnes âgées vivant dans les bâtiments. L’enquête de voisinage a permis d’établir que des cris émanaient souvent des bâtiments où les locataires vivaient reclus. Six personnes âgées de 36 à 68 ans, le propriétaire et le personnel comprenant des infirmiers, ont été interpellés, inculpés par le Parquet et placés en détention provisoire pour leur implication entre le 10 avril et le 6 juin 2025, dans des actes de séquestration sur personnes vulnérables, violences, mise en danger de la vie d’autrui, dissimulation de documents d’identité d’autrui à des fins personnelles et utilisation abusive de données personnelles ou encore s’être opposées aux contrôles, par le tribunal du district de Kazanlak. Ils encourent des peines de prison allant de 3 à 12 ans. Le 9 juin, les enquêteurs ont également reçu le signalement troublant du décès d’un couple d’hébergés survenu début 2025. Les jours suivants, la mairie de Yagoda annonçait que 773 personnes âgées étaient décédées dans le village entre 2020 et juin 2025, le plus souvent dans des hospices, un chiffre qui peut paraître élevé.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Premières réactions des autorités face au scandale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dès le 6 juin, les deux sites ont été évacués et les 56 victimes non prises en charge par leurs proches ont été mises à l’abri dans différents établissements de soins ou d’urgence de la région, réquisitionnés en fonction de la gravité de leur situation : l’hôpital universitaire de Stara Zagora, le centre psychiatrique de Radnevo, les maisons de retraite de Stara Zagora, de Kazanlak et de Galabovo, mais aussi le Centre de crise de Sliven. 20 personnes ont été emmenées par leurs proches.</p>
<p style="text-align: justify;">Le vice-ministre du Travail et de la Politique sociale, Ivan Krastev, a comparé la vie des habitants de la maison de retraite de Yagoda à celle des internés du camp d’Auschwitz. Le ministre de la Justice, Gueorgui Gueorguiev, a qualifié l’hospice de « Maison des horreurs ». Il a exhorté les familles plaçant des proches dans des maisons de retraite à désormais davantage « <em>s’intéresser à la situation</em> [de leurs parents]<em> et à vérifier ce qui s’y passe</em> ». Afin de montrer la détermination du gouvernement à agir, le ministre du Travail et de la Politique sociale Borislav Goutsanov a déclaré que son administration ne « <em>s’arrêtera pas tant que la dernière maison sans permis du pays ne sera pas démasquée</em> »<a href="#n2"><sup>(2)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des opérations de contrôle renforcées</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte dès le 8 juin 2025, une opération d’inspection d’ampleur a été programmée dans la maison de retraite de Govedartsi près de Samokov<a href="#n3"><sup>(3)</sup></a>. Celle-ci, enregistrée en tant que société commerciale, ne disposait d’aucune autorisation attestant de cette activité et des travailleurs sociaux chargé de contrôler l’établissement s’étaient également vu refuser l’accès au bâtiment. Sur place, les intervenants ont trouvé 23 personnes âgées vivant dans des conditions jugées déplorables. Elles ont été mises à l’abri dans des établissements de Kovachevtsi et de Samokov. Le Parquet du district de Sofia a toutefois précisé que les soins y étaient légèrement meilleurs qu’à Yagoda et qu’aucun motif d’inculpation n’avait été retenu à l’encontre du directeur d’établissement car rien ne prouvait que les personnes hébergées aient été retenues contre leur gré.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 10 juin, une autre opération contre les foyers illégaux pour personnes âgées a été réalisée sur trois sites de la région de Varna, conduisant à la fermeture des établissements et à la mise à l’abri de 130 personnes âgées. À l’instar des bâtiments de Yagoda, des chambres étaient louées individuellement aux habitants qui vivaient dans des conditions de vie dégradées, sur des sites infestés de poux, de puces et de cafards. Les gestionnaires de l’hospice clandestin se sont justifiés en indiquant qu’il s’agissait de simples résidences touristiques. Réagissant à ces nouvelles inspections, le gouvernement a criminalisé la fourniture de ce type de services délivrés sans autorisation. La peine d’amende pour la fourniture de services de soin sans autorisation a été portée à 30 000 levas (contre 10 000 auparavant) et, en cas de retrait d’autorisation, il n’est plus possible d’en obtenir une nouvelle pendant cinq ans.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelles solutions pour éviter d’autres « maisons des horreurs » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le recours à des établissements accueillant des personnes âgées, d’autant plus si elles souffrent de maladies mentales, est devenu une nécessité pour certains actifs ne disposant pas des disponibilités et de l’aménagement adapté pour prendre en charge leurs proches. Or, un placement en hospice est très onéreux et beaucoup de Bulgares n’ont pas les moyens de faire face aux frais demandés par les maisons de retraite. Pour le procureur Nikolaï Nikolaïev, il y a un lien évident entre les propriétaires de maisons de retraite illégales et la « mafia immobilière ».</p>
<p style="text-align: justify;">Pour faire face à la recrudescence de ce type d’établissements non réglementaire, certains observateurs notent qu’une prise de conscience par la société civile est désormais nécessaire. À court terme, le gouvernement, lui, opte surtout pour la répression, avec une multiplication des contrôles : 15 maisons de retraite illégales ont été fermées en moins d’un an sur le territoire bulgare et plusieurs agréments ont été refusés à d’autres établissements. À côté de ces mesures répressives, l’État bulgare a également décidé de rénover 81 maisons de retraite publiques ; ces travaux ont d’ores et déjà été achevés pour 12 établissements de 12 communes (Glavinitsa, Elhovo, Troyan, Dolna Mitropolia, Kula, Krumovgrad, Ruzhintsi, Dimovo, Alfatar, Mezdra, Vidin et Galabovo).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais de telles réformes seront-elles suffisantes ? Pour le professeur Nikolaï Gabrovski, directeur adjoint de l’hôpital universitaire des sciences médicales N. I. Pirogov, le développement de ces hospices illégaux cache un problème plus vaste : celui de la pénurie de personnels de santé<a href="#n4"><sup>(4)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Un an après le scandale, le 13 juin 2026, soulignant les lenteurs de la justice bulgare, la procureure du district de Stara Zagora, Tanya Dimitrova, a indiqué que l’ensemble des personnes mises en causes avaient été libérées sous caution en attente du procès dont la date d’audience n’a pas été encore fixée<a href="#n5"><sup>(5)</sup></a>. Elle a dénoncé la lenteur de la justice et dit éprouver un sentiment d’injustice.</p>
<p><strong>Sources</strong> :</p>
<p><a id="n1"></a>(1) Vyara Nikolova, « Varzani i upoeni vazrastni hora sa otkriti v nezakonni starcheski domove v Starozagorsko » (Des personnes âgées ligotées et droguées retrouvées dans des maisons de retraite illégales à Stara Zagora), <a href="https://www.dnevnik.bg/bulgaria/2025/06/07/4792155_vurzani_i_upoeni_vuzrastni_hora_sa_otkriti_pri/"><em>Dnevnik.bg</em></a>, 7 juin 2025 ; Ivo Nikodimov, « 990 lv. za "kashtite na uzhasite": Vazrastni khora sa zaklyuchvani, upoyavani i maltretirani v Starozagorsko 990 лв. за "къщите на ужасите": Възрастни хора са заключвани, упоявани и малтретирани в Старозагорско » (990 leva pour les « maisons de l'horreur » : des personnes âgées sont enfermées, droguées et maltraitées à Stara Zagora), <a href="https://bntnews.bg/news/990-lv-za-kashtite-na-uzhasite-vazrastni-hora-sa-zaklyuchvani-upoyavani-i-maltretirani-v-starozagorsko-1342095news.html"><em>BNTNews</em></a>, 7 juin 2025 ; « „Kashtata na uzhasite“ v s. Yagoda: Vazrastnite sa bili vrazvani, upoyavani i maltretirani, petima sa arestuvani » („Maison des Horreurs“ dans le village. Yagoda : Des adultes ont été ligotés, drogués et maltraités, cinq ont été arrêtés », <a href="https://bntnews.bg/news/-kashtata-na-uzhasite-v-s-yagoda-vazrastnite-sa-bili-vrazvani-upoyavani-i-maltretirani-petima-sa-arestuvani-1342130news.html"><em>BNTNews.bg</em></a>, 7 juin 2025 ; Emilia Milcheva, « Hotel za smart : bezkraynyiat horar s domovete za vazrastni » (Hôtel de la mort : l’horreur sans fin des maisons de retraite), <a href="https://p.dw.com/p/4vdAM"><em>DW</em></a>, 9 juin 2025 ; Georgi Manev, « Vrazvani, biti i zaklyuchvani: Uzhasyavashti razkritiya za nelegalni starcheski domove » (attachés, battus et enfermés : révélations terrifiantes sur les maisons de retraite illégales), <a href="https://nova.bg/news/view/2025/06/07/500130/%D0%B2%D1%80%D1%8A%D0%B7%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%B8-%D0%B1%D0%B8%D1%82%D0%B8-%D0%B8-%D0%B7%D0%B0%D0%BA%D0%BB%D1%8E%D1%87%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%B8-%D1%83%D0%B6%D0%B0%D1%81%D1%8F%D0%B2%D0%B0%D1%89%D0%B8-%D1%80%D0%B0%D0%B7%D0%BA%D1%80%D0%B8%D1%82%D0%B8%D1%8F-%D0%B7%D0%B0-%D0%BD%D0%B5%D0%BB%D0%B5%D0%B3%D0%B0%D0%BB%D0%BD%D0%B8-%D1%81%D1%82%D0%B0%D1%80%D1%87%D0%B5%D1%81%D0%BA%D0%B8-%D0%B4%D0%BE%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B5/"><em>Nova.bg</em></a>, 7 juin 2025.</p>
<p><a id="n2"></a>(2) Ministère du Travail et des Affaires sociales, « Ministar Gutsanov: Nyama da sprem, dokato i posledniyat nezakonen obekt za nastanyavane na vazrastni ne bade nameren » (le ministre Goutsanov : Nous ne nous arrêterons pas tant que le dernier centre d’hébergement illégal pour adultes n'aura pas été découvert), <a href="https://www.mlsp.government.bg/ministr-gutsanov-nyama-da-sprem-dokato-i-posledniyat-nezakonen-obekt-za-nastanyavane-na-vzrastni-ne-bde-nameren"><em>ministère du Travail et de la politique sociale</em></a>, 10 juin 2025.</p>
<p><a id="n3"></a>(3) « Dramata s nezakonnite starcheski domove: Edin na svoboda, drugi v aresta » (Drame dans une maison de retraite illégale : une personne libérée, d'autres arrêtées), <a href="https://www.mediapool.bg/dramata-s-nezakonnite-starcheski-domove-edin-na-svoboda-drugi-v-aresta-news372092.html"><em>Mediapool</em></a>, 10 juin 2025.</p>
<p><a id="n4"></a>(4) « Ima vrŭzka mezhdu sobstvenitsi s domove za vŭzrastni khora i imotnata mafiya, zayavi prokuror Nikolaĭ Nikolaev » (Il existe un lien entre les propriétaires de maisons de retraite et la mafia immobilière, a déclaré le procureur Nikolaï Nikolaïev), <a href="https://trud.bg/a/articles/%D0%B8%D0%BC%D0%B0-%D0%B2%D1%80%D1%8A%D0%B7%D0%BA%D0%B0-%D0%BC%D0%B5%D0%B6%D0%B4%D1%83-%D1%81%D0%BE%D0%B1%D1%81%D1%82%D0%B2%D0%B5%D0%BD%D0%B8%D1%86%D0%B8-%D1%81-%D0%B4%D0%BE%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B5-%D0%B7%D0%B0-%D0%B2%D1%8A%D0%B7%D1%80%D0%B0%D1%81%D1%82%D0%BD%D0%B8-%D1%85%D0%BE%D1%80%D0%B0-%D0%B8-%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D1%82%D0%BD%D0%B0%D1%82%D0%B0-%D0%BC%D0%B0%D1%84%D0%B8%D1%8F-%D0%B7%D0%B0%D1%8F%D0%B2%D0%B8-%D0%BF%D1%80%D0%BE%D0%BA%D1%83%D1%80%D0%BE%D1%80-%D0%BD%D0%B8%D0%BA%D0%BE%D0%BB%D0%B0%D0%B9-%D0%BD%D0%B8%D0%BA%D0%BE%D0%BB%D0%B0%D0%B5%D0%B2"><em>Trud</em></a>, 11 juin 2025.</p>
<p><a id="n5"></a>(5) Nadya Hamdan, « Godina sled koshmara v selo yagoda: vsichki zadarzhani za doma na uzhasite sa na svoboda » (Un an après le cauchemar du village de Yagoda : toutes les personnes détenues pour la « maison des horreurs » sont libres), <a href="https://www.bgonair.bg/a/221-golemite-posleditsi/421513-godina-sled-koshmara-v-selo-yagoda-vsichki-zadarzhani-za-doma-na-uzhasite-sa-na-svoboda"><em>BG On Air</em></a>, 13 juin 2026.</p>
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<p><strong>Vignette</strong> : réalisation de l’auteur.</p>
<p><a href="https://regard-est.com/bulgaria-what-the-houses-of-horrors-scandal-reveals-about-an-ageing-society">Lien vers la version anglaise de l'article</a></p>
<p>* Stéphan Altasserre est docteur en Études slaves, spécialiste des Balkans.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Stéphan Altasserre (2026), « Bulgarie : ce que le scandale des ‘maisons des horreurs’ dit d’une société en proie au vieillissement », <em>Regard sur l'Est</em>, 7 septembre.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.22725254"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.22725254.svg" alt="10.5281/zenodo.22725254" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.22725254']" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
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		<title>When Central and Eastern Europe Reawakens the Debate on the Continent’s Security</title>
		<link>https://regard-est.com/when-central-and-eastern-europe-reawakens-the-debate-on-the-continents-security</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Assen Slim]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 19:33:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Russia’s full-scale war against Ukraine since 2022 has not only upended the continent’s military balance. It has also exposed a profound divide between perceptions in [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/when-central-and-eastern-europe-reawakens-the-debate-on-the-continents-security">Read More</a></span></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-20016"  class="panel-layout" ><div id="pg-20016-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20016-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20016-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p><strong><a id="h1"></a>Russia’s full-scale war against Ukraine since 2022 has not only upended the continent’s military balance. It has also exposed a profound divide between perceptions in Eastern and Western Europe. While parts of Western Europe long believed in the peace-making virtues of economic interdependence, countries that had experienced Soviet domination recognised the renewed Russian threat much earlier.</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-20016-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20016-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20016-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-19978 alignright" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber-225x300.jpg" alt="sur un mur de la Maison de la culture détruite d’Irpine – Ukraine (photo Céline Bayou)." width="225" height="300" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber-225x300.jpg 225w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber-768x1024.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber-1152x1536.jpg 1152w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber-1536x2048.jpg 1536w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px" />The Baltic states, Poland and Romania within the EU, but also Ukraine and Moldova—with fairly strong Western backing—and, in a more precarious position, Georgia and Armenia, now remind us that European security can no longer be conceived solely from the traditional centres of power in Paris, Berlin or Brussels. In this anxious Europe, ‘the East’ is no longer a periphery. For all its extraordinary diversity, this part of Europe is becoming one of the places where the continent’s strategic future is being redefined.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>The End of the Post-Cold War Illusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">After 1945, Western Europe lived in a world that could be regarded as durably ‘pacified’: until the collapse of the Soviet Union, this admittedly meant the absence of open war rather than a fully guaranteed peace. In the West, moreover, the nuclear threat remained present. In the East, that threat was compounded by the experience of political oppression and Soviet domination. Yet with the collapse of the USSR, the enlargement of the European Union and the continent’s gradual reunification, many came to believe that Europe had entered a new era—even though the Cold War had left deep scars.</p>
<p style="text-align: justify;">This period fostered a powerful conviction: trade, interdependence and common institutions were supposed to make war impossible. The experience of the European Union appeared to confirm this hypothesis. Among former adversaries, economic integration had produced trust, prosperity and lasting peace. It was tempting to extend this reasoning to relations with Russia. Europe’s growing dependence on Russian hydrocarbons could therefore be interpreted not as a vulnerability, but as a bond of mutual interest.</p>
<p style="text-align: justify;">Russia’s full-scale war against Ukraine abruptly ended this illusion: economic interdependence did not prevent Moscow from resorting to force. On the contrary, it exposed Europe’s vulnerabilities, particularly in the energy and military spheres. This return of war to the continent is not entirely unprecedented. The Balkan wars of the 1990s had already demonstrated Europeans’ inability to prevent violence in their own neighbourhood without outside help. Brendan Simms described this as Europe’s ‘<em>unfinest hour</em>’, when it was forced to confront its powerlessness in the face of the crimes committed in Bosnia<a href="#n1">(1)</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Today, the difference is that the threat directly affects Europe’s security architecture. Russia’s aggression against Ukraine, combined with growing doubts about American reliability, has forced Europeans to confront what they had long preferred to put off. Their security can no longer rest solely on the celebrated ‘peace dividend’ or on an automatic US guarantee.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Central and Eastern Europe Confronts the Russian Threat</strong></p>
<p style="text-align: justify;">For the countries of Central and Eastern Europe, the launch of Russia’s full-scale invasion of Ukraine did not carry the same meaning as it did for parts of Western Europe. It reawakened a still-vivid historical memory of Soviet occupation, domination and terror. In these societies, the Russian threat is not a strategic abstraction: it refers to a lived and inherited experience embedded in national and family histories.</p>
<p style="text-align: justify;">This is why the strongest opposition to today’s Russia often comes from the states most directly exposed to the Soviet Union. The Baltic states are the clearest example. Their forced incorporation into the USSR and subsequent return to independence have shaped an acute awareness of sovereignty and vulnerability. Estonia, Latvia and Lithuania have long warned that post-Soviet Russia has never stopped viewing its neighbourhood as a sphere of influence.</p>
<p style="text-align: justify;">Poland also occupies a central place in this geography of vigilance. It was among the first countries to break politically with Soviet domination, notably through the <em>Solidarność</em> movement. This experience partly explains Warsaw’s firm stance towards Moscow. Since 2022, defending Ukraine has not merely been a matter of European solidarity for Poland; it is also seen as a forward line of defence for Central Europe as a whole.</p>
<p style="text-align: justify;">Romania, for its part, still bears the memory of Ceaușescu’s regime and is now exposed to regional tensions linked to the Black Sea, Moldova and the proximity of the war in Ukraine. Under Viktor Orbán, Hungary has occupied a more ambiguous position within the EU. Yet Hungarian history remains marked by the 1956 uprising and by Soviet tanks in Budapest.</p>
<p style="text-align: justify;">Other cases show that the Russian threat is not confined to military force. Slovakia within the EU, and Georgia outside it, illustrate the power of strategies based on influence, division and subversion. Moscow supports or encourages political forces capable of weakening European cohesion, downplaying the aggression against Ukraine or portraying the West as responsible for today’s tensions. This indirect action accompanies conventional warfare and seeks to undermine societies from within.</p>
<p style="text-align: justify;">Ukraine is, of course, the most extreme case of this confrontation—the place where resurgent Russian imperialism has turned into open warfare. Its military and political resistance is changing perceptions of the countries of Central and Eastern Europe, which are now seen as central actors in continental security. These countries bring historical, political and strategic expertise that the West can no longer ignore; they do not merely endure history, but also offer a compelling interpretation of it. For them, peace rests not only on dialogue, trade or institutions: it also requires the ability to resist coercion, defend borders and understand imperial dynamics when they re-emerge. This lesson, long dismissed by some Western partners as excessive or overly alarmist, now lies at the heart of the European security debate.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Western Europe Faces Reality</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Faced with Russian aggression, Western Europe reacted more slowly and with greater difficulty than the countries on its eastern flank. This hesitation can be explained in part by a strategic culture shaped by several decades of relative peace, prosperity and confidence in mechanisms of cooperation. For some Western European leaders and members of the public, the idea that a war of conquest could once again target a European state long remained almost unthinkable.</p>
<p style="text-align: justify;">That confidence long sustained an overly optimistic view of Russia. Energy ties, trade and diplomatic frameworks were expected to contain tensions. Germany was the most visible example, since its eastern policy rested on the idea that economic rapprochement could foster political transformation. Other Western European countries shared this conviction to varying degrees. Russia was seen as a difficult and sometimes brutal partner, but one that could still be integrated into a rules-based European order.</p>
<p style="text-align: justify;">The full-scale invasion of Ukraine shattered this view. It also exposed the military unpreparedness of European states. For three decades, the ‘peace dividend’ had made it possible to cut defence budgets and postpone major investments. This appeared rational in a world where interstate war seemed to belong to Europe’s past. Today, it stands revealed as a major vulnerability.</p>
<p style="text-align: justify;">The European Union has not stood idle in the face of Russian aggression. As early as 2014, it imposed sanctions on Russia, while some member states provided financial support to Ukraine and organised arms deliveries and military training. For the EU, this military support marks a significant break with the political habits of the post-1945 era. Yet the response developed in stages, often under pressure from events and from the countries most exposed to the Russian threat, particularly after 2022. It reflects a process of strategic learning rather than an immediate conversion.</p>
<p style="text-align: justify;">This internal difficulty is now compounded by American uncertainty. Since 1945, Western Europe’s security has been built around the guarantees provided by the United States and NATO. That certainty has now begun to fracture. An alliance rests not only on treaties, institutions and military capabilities, but also on confidence in the constancy of its members’ commitments. In a different context, Gregory Miller emphasises the importance of a reputation for reliability in building strategic partnerships<a href="#n2"><sup>(2)</sup></a>. Applied to transatlantic relations, this idea illuminates the present fragility. When America’s word becomes uncertain, Europe’s entire security architecture begins to waver.</p>
<p style="text-align: justify;">For the countries of Central and Eastern Europe, this uncertainty is particularly troubling. Their security depends heavily on NATO, but their historical experience makes them wary of guarantees that are too abstract. They know that deterrence works only when it is credible, visible and backed by political resolve. This is why they often call for a stronger military presence on the eastern flank, higher defence investment and a Europe capable of acting even if the United States hesitates.</p>
<p style="text-align: justify;">Western Europe therefore faces a dual challenge. It must rearm not only materially, but intellectually as well. In this new context, Paris, Berlin, Rome and Madrid can no longer ignore what Warsaw, Tallinn, Riga, Vilnius and Kyiv have long been saying.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>What the East Can Teach the West</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Central and Eastern Europe is no longer seen merely as a region to be protected, but as a source of strategic expertise. Its familiarity with the mechanisms of Russian domination gives its states new legitimacy in the European defence debate.</p>
<p style="text-align: justify;">For the EU, the challenge is not simply to increase military budgets or produce more weapons. It must also accept a shift in perspective. The continent’s security must be built with those who live closest to the threat. It must take on board what Kyiv, Warsaw, Tallinn, Riga, Vilnius, Bucharest and Chișinău have long understood: European peace remains fragile unless it is underpinned by a credible capacity for resistance.</p>
<p><strong>Notes:</strong></p>
<p><a id="n1"></a>(1) Brendan Simms, <em>Unfinest Hour: Britain and the Destruction of Bosnia</em>, Penguin, New York, 2003.</p>
<p><a id="n2"></a>(2) Gregory Miller, “Building space partnership through reliable reputation”, <em>in</em> Thomas Hoerber, Mariel Borowitz, Antonella Forganni and Bruno Reynaud de Sousa (eds.), <em>Routledge Handbook of Space Policy</em>, Routledge, London, 2025, pp. 22–39.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Featured image: </strong>On a wall of the destroyed House of Culture in Irpin, Ukraine (photo: Céline Bayou).</p>
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<p>* Thomas Hoerber holds the Jean Monnet Chair in European Studies, directs the Jean Monnet Centre of Excellence for European Space Policy and is Director of the EU-Asia Institute at ESSCA School of Management in Angers, France.</p>
<p>** Jakob Dehner is a bachelor’s student in Governance and Public Policy at the University of Passau, an independent liaison officer working with German ministries, and the author of numerous research papers.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>To cite this article:</strong> Thomas Hoerber and Jakob Dehner (2026), “When Central and Eastern Europe Reawakens the Debate on the Continent’s Security”, <em>Regard sur l’Est</em>, 31 August.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.22663119"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.22663119.svg" alt="10.5281/zenodo.22663119" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.22663119']" /></a></p>
<p><a href="https://regard-est.com/quand-leurope-centrale-et-orientale-reveille-le-debat-sur-la-securite-du-continent">Link to the French version of this article</a></p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-14825" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-300x96.png" alt="250x80 (English)" width="250" height="80" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px" /></a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Quand l’Europe centrale et orientale réveille le débat sur la sécurité du continent</title>
		<link>https://regard-est.com/quand-leurope-centrale-et-orientale-reveille-le-debat-sur-la-securite-du-continent</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 00:13:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-19977"  class="panel-layout" ><div id="pg-19977-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-19977-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-19977-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>La guerre d’ampleur menée par la Russie contre l’Ukraine depuis 2022 n’a pas seulement bouleversé les équilibres militaires du continent. Elle a également révélé un profond décalage entre les perceptions de l’est et de l’ouest de l’Europe. Là où une partie de l’Europe occidentale a longtemps cru aux vertus pacificatrices de l’interdépendance économique, les pays ayant connu la domination soviétique ont perçu plus tôt le retour de la menace russe.</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-19977-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-19977-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-19977-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><strong>La fin de l’illusion post-guerre froide</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après 1945, l’Europe occidentale a vécu dans un monde que l’on pouvait croire durablement « pacifié » : jusqu’à la chute de l’Union soviétique, il s’agissait certes davantage d’une absence de guerre ouverte que d’une paix pleinement garantie. A l’Ouest, la menace nucléaire demeurait d’ailleurs présente. À l’Est, à cette menace nucléaire s’ajoutait à l’expérience de l’oppression politique et de la tutelle soviétique. Pourtant, avec l’effondrement de l’URSS, l’élargissement européen et la réunification progressive du continent, beaucoup ont cru que l’Europe était entrée dans une nouvelle ère, et ce même si la guerre froide a laissé des traces profondes.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette période a nourri une conviction forte. Le commerce, l’interdépendance et les institutions communes devaient rendre la guerre impossible. L’expérience de l’Union européenne semblait confirmer cette hypothèse. Entre anciens adversaires, l’intégration économique avait produit de la confiance, de la prospérité et une paix durable. Il était tentant d’étendre ce raisonnement aux relations avec la Russie. La dépendance européenne vis-à-vis des hydrocarbures russes qui s’est alors renforcée pouvait dès lors être interprétée non comme une vulnérabilité, mais comme un lien d’intérêt mutuel.</p>
<p style="text-align: justify;">La guerre d’ampleur en Ukraine a brutalement mis fin à cette illusion : l’interdépendance économique n’a pas empêché Moscou de recourir à la force. Elle a au contraire exposé les fragilités européennes, notamment dans le domaine énergétique et militaire. Ce retour de la guerre sur le continent n’est pas entièrement inédit. Dans les années 1990 déjà, les guerres des Balkans avaient montré l’incapacité des Européens à empêcher seuls la violence dans leur voisinage. Brendan Simms a parlé à ce propos de l’« <em>heure la moins glorieuse</em> » de l’Europe, lorsque celle-ci dut constater son impuissance face aux crimes commis en Bosnie<a href="#n1">(1)</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">La différence est notamment qu’aujourd’hui la menace touche directement l’architecture de sécurité européenne. L’agression russe contre l’Ukraine, ajoutée aux incertitudes croissantes sur la fiabilité américaine, a forcé les Européens à regarder en face ce qu’ils avaient longtemps préféré repousser. Leur sécurité ne peut plus reposer uniquement sur les fameux « dividendes de la paix » ni sur la garantie automatique des États-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Europe centrale et orientale face à la manifestation de la menace russe</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour les pays d’Europe centrale et orientale, le déclenchement de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine n’a pas eu le même sens que pour une partie de l’Europe occidentale. Elle a réactivé une mémoire historique encore vive, celle de l’occupation, de la domination et de la terreur soviétiques. Dans ces sociétés, la menace russe n’est pas une abstraction stratégique mais renvoie à une expérience vécue, transmise, inscrite dans les trajectoires nationales et familiales.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi l’opposition la plus ferme à la Russie actuelle vient souvent des États qui ont été les plus directement exposés à l’Union soviétique. Les pays baltes en sont l’exemple le plus évident. Leur incorporation forcée dans l’URSS puis leur retour à l’indépendance ont façonné une perception aiguë de la souveraineté et de la vulnérabilité. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie le rappellent depuis longtemps : la Russie post-soviétique n’a jamais renoncé à penser son voisinage comme une zone d’influence.</p>
<p style="text-align: justify;">La Pologne occupe également une place centrale dans cette géographie de la vigilance, elle qui fut l’un des premiers pays à rompre politiquement avec la domination soviétique, notamment à travers le mouvement <em>Solidarność</em>. Cette expérience explique en partie la fermeté de Varsovie face à Moscou. Depuis 2022, la défense de l’Ukraine n’est pas seulement une question de solidarité européenne pour elle. Elle est aussi perçue comme une ligne de protection avancée pour l’ensemble de l’Europe centrale.</p>
<p style="text-align: justify;">La Roumanie, de son côté, porte encore la mémoire du régime de Ceaușescu et se trouve aujourd’hui exposée aux tensions régionales liées à la mer Noire, à la Moldavie et à la proximité du conflit ukrainien. La Hongrie a occupé sous le règne de Viktor Orbán une position plus ambiguë au sein de l’UE. Mais l’histoire hongroise reste marquée par l’insurrection de 1956 et par les chars soviétiques dans Budapest.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres cas montrent que la menace russe ne se limite pas aux seules armes. La Slovaquie, au sein de l’UE, et la Géorgie, à l’extérieur de celle-ci, illustrent la puissance des stratégies d’influence, de division et de subversion. Moscou soutient ou encourage des forces politiques capables d’affaiblir la cohésion européenne, de relativiser l’agression contre l’Ukraine ou de présenter l’Occident comme responsable des tensions actuelles. Cette action indirecte accompagne la guerre conventionnelle et vise à fragiliser les sociétés de l’intérieur.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Ukraine représente le cas évidemment extrême de cette confrontation, lieu où le retour de l’impérialisme russe s’est transformé en guerre ouverte. Sa résistance militaire et politique contribue à modifier le regard porté sur les pays d’Europe centrale et orientale, désormais perçus comme des acteurs centraux de la sécurité continentale. Ils apportent une expertise historique, politique et stratégique que l’Ouest ne peut plus ignorer, ne se contentent pas de subir l’histoire mais en proposent aussi une lecture pertinente. Pour ces pays, la paix ne repose pas seulement sur le dialogue, le commerce ou les institutions : elle suppose aussi la capacité de résister à la coercition, de défendre les frontières et de comprendre les logiques impériales lorsqu’elles réapparaissent. Cette leçon, longtemps jugée excessive ou trop alarmiste par certains partenaires occidentaux, est aujourd’hui au cœur du débat européen sur la sécurité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Ouest européen à l’épreuve du réel</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Face à l’agression russe, l’Europe occidentale a réagi plus lentement et plus difficilement que les pays de son flanc oriental. Cette hésitation s’explique notamment par une culture stratégique façonnée par plusieurs décennies de paix relative, de prospérité et de confiance dans les mécanismes de coopération. Pour une partie des dirigeants et des opinions publiques d’Europe de l’Ouest, l’idée qu’une guerre de conquête puisse de nouveau viser un État européen est longtemps restée un impensé.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette confiance a longtemps nourri une lecture trop optimiste de la Russie. Les liens énergétiques, les échanges commerciaux et les formats diplomatiques devaient permettre de contenir les tensions. L’Allemagne en fut l’exemple le plus visible, tant sa politique orientale reposait sur l’idée qu’un rapprochement économique pouvait accompagner une transformation politique. D’autres pays d’Europe occidentale partageaient, à des degrés divers, cette conviction. La Russie était perçue comme un partenaire difficile, parfois brutal, mais encore intégrable dans un ordre européen fondé sur les règles.</p>
<p style="text-align: justify;">L’invasion à grande échelle de l’Ukraine a fait voler en éclats cette représentation. Elle a aussi révélé l’impréparation militaire des États européens. Pendant trois décennies, les « dividendes de la paix » avaient permis de réduire les budgets de défense et de reporter les investissements lourds. Cette évolution paraissait rationnelle dans un monde où la guerre interétatique semblait appartenir au passé européen. Elle apparaît aujourd’hui comme une vulnérabilité majeure.</p>
<p style="text-align: justify;">Face aux agressions russes, l’Union européenne n’est pas restée immobile. Dès 2014, elle a adopté des sanctions contre la Russie, et certains de ses pays membres ont soutenu financièrement l’Ukraine et organisé des livraisons d’armes et des formations. Ce soutien militaire représente une rupture importante avec les habitudes politiques de l’après-1945 pour l’UE. Mais cette réaction s’est construite par étapes, souvent sous la pression des événements et des pays les plus exposés à la menace russe, notamment après 2022. Elle témoigne d’un apprentissage stratégique plus que d’une conversion immédiate.</p>
<p style="text-align: justify;">À cette difficulté interne s’ajoute désormais l’incertitude américaine. Depuis 1945, la sécurité de l’Europe occidentale s’est construite autour de la garantie des États-Unis et de l’OTAN. Or, cette certitude s’est fissurée. Une alliance ne repose pas seulement sur des traités, des institutions et des capacités militaires. Elle repose aussi sur la confiance dans la constance de l’engagement. Gregory Miller souligne, dans un autre contexte, l’importance de la réputation de fiabilité dans la construction des partenariats stratégiques<a href="#n2"><sup>(2)</sup></a>. Appliquée à la relation transatlantique, cette idée éclaire la fragilité actuelle. Lorsque la parole américaine devient incertaine, c’est toute l’architecture de sécurité européenne qui vacille.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les pays d’Europe centrale et orientale, cette incertitude est particulièrement préoccupante. Leur sécurité repose largement sur l’OTAN, mais leur expérience historique les conduit à se méfier des garanties trop abstraites. Ils savent que la dissuasion ne vaut que si elle est crédible, visible et politiquement assumée. C’est pourquoi ils plaident souvent pour une présence militaire renforcée sur le flanc oriental, pour des investissements de défense plus élevés et pour une Europe capable d’agir même en cas d’hésitation américaine.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Europe occidentale se trouve donc devant un double défi. Elle doit réarmer matériellement, mais aussi intellectuellement. Dans ce nouveau contexte, Paris, Berlin, Rome ou Madrid ne peuvent plus ignorer ce que Varsovie, Tallinn, Riga, Vilnius ou Kyïv disent depuis longtemps.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce que l’Est enseigne à l’Ouest</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Désormais, l’Europe centrale et orientale n’apparaît plus seulement comme un espace à protéger, mais comme un lieu d’expertise stratégique. Cette familiarité avec les logiques de domination russe confère à ses États une légitimité nouvelle dans le débat européen sur la défense.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’UE, l’enjeu n’est pas seulement d’augmenter les budgets militaires ou de produire davantage d’armements. Il est aussi d’accepter un déplacement du regard. La sécurité du continent se construit avec celles et ceux qui vivent au plus près de la menace. Elle doit intégrer ce que Kyïv, Varsovie, Tallinn, Riga, Vilnius, Bucarest ou Chisinau savent depuis longtemps : la paix européenne reste fragile lorsqu’elle n’est pas soutenue par une capacité de résistance crédible.</p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<p><a id="n1"></a>(1) Brendan Simms, <em>Unfinest Hour: Britain and the Destruction of Bosnia</em>, Penguin, New York, 2003.</p>
<p><a id="n2"></a>(2) Gregory Miller, “Building space partnership through reliable reputation”, <em>in</em> Thomas Hoerber, Mariel Borowitz, Antonella Forganni, Bruno Reynaud de Sousa (dir.), <em>Routledge Handbook of Space Policy</em>, Routledge, Londres, 2025, pp. 22-39.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vignette</strong> : sur un mur de la Maison de la culture détruite d’Irpine – Ukraine (photo Céline Bayou).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Thomas Hoerber est titulaire de la chaire Jean Monnet en études européennes, directeur du Centre d'excellence Jean Monnet sur la politique spatiale européenne et directeur de l'Institut UE-Asie à l'ESSCA School of Management, à Angers, en France.</p>
<p>** Jakob Dehner est étudiant en licence de gouvernance et de politiques publiques à l'université de Passau, chargé de liaison indépendant, en collaboration avec des ministères allemands, et auteur de nombreux travaux de recherche.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Thomas Hoerber et Jakob Dehner (2026), « Quand l’Europe centrale et orientale réveille le débat sur la sécurité du continent », <em>Regard sur l'Est</em>, 31 août.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.22657006"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.22657006.svg" alt="10.5281/zenodo.22657006" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.22657006']" /></a></p>
<p><a href="https://regard-est.com/when-central-and-eastern-europe-reawakens-the-debate-on-the-continents-security">Lien vers la version anglaise de l'article</a></p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
</div>
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		<title>Lituanie : un modèle à dupliquer en matière de réduction des déchets</title>
		<link>https://regard-est.com/lituanie-un-modele-a-dupliquer-en-matiere-de-reduction-des-dechets</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Aug 2026 00:25:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que la pression environnementale sur l’écosystème fragile de la mer Baltique s’intensifie et que les ressources se raréfient, les pays de la région cherchent [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/lituanie-un-modele-a-dupliquer-en-matiere-de-reduction-des-dechets">Read More</a></span></p>
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>Alors que la pression environnementale sur l’écosystème fragile de la mer Baltique s’intensifie et que les ressources se raréfient, les pays de la région cherchent des alternatives au modèle conventionnel « extraire-fabriquer-jeter ». Dans le cadre de cette transition régionale, la Lituanie s’est positionnée comme un leader, démontrant comment des politiques innovantes de gestion des déchets peuvent transformer les principes de l’économie circulaire en résultats tangibles et mesurables.</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-19943-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-19943-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-19943-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-19944" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-06-LT-Dechets-Sebrith-photo-machine-recuperation-300x206.jpg" alt="Machine de récupération (Taromatas) utilisée dans le système de consigne et de remboursement des contenants de boissons en Lituanie (Copyright Wikimedia Commons/CC BY-SA)." width="300" height="206" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-06-LT-Dechets-Sebrith-photo-machine-recuperation-300x206.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-06-LT-Dechets-Sebrith-photo-machine-recuperation-768x526.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-06-LT-Dechets-Sebrith-photo-machine-recuperation.jpg 890w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />Pendant de nombreuses années, la croissance économique en Europe a reposé sur un modèle de développement linéaire fondé sur l’extraction des ressources naturelles, la production de masse de biens et leur élimination à l’issue de leur courte durée de vie. Bien que cette approche ait entraîné une augmentation de la production de déchets et mis à rude épreuve les systèmes écologiques, elle a également favorisé une croissance industrielle rapide et une amélioration du niveau de vie. Dans la région de la mer Baltique, les effets de cette stratégie sont particulièrement visibles. En raison de la pollution, de l’accumulation des déchets plastiques et des fuites de matières, l’un des environnements marins les plus précieux au monde est désormais notablement dégradé, ce qui a conduit à des appels urgents en faveur de pratiques économiques plus durables.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Créer une économie circulaire régionale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’économie circulaire occupe désormais une place importante dans les débats politiques européens. Elle encourage la prévention des déchets, la réutilisation, la réparation et l’allongement de la durée de vie des produits, plutôt que de se concentrer uniquement sur le recyclage à la fin de vie d’un produit. Son objectif est de minimiser l’extraction de nouvelles ressources tout en prolongeant la durée de vie utile des matériaux existants. Ce changement offre aux États baltes la possibilité d’améliorer la sécurité des ressources, de réduire leur dépendance aux importations et de favoriser une croissance axée sur l’innovation, en plus d’être une nécessité environnementale.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs défis régionaux communs contribuent à ce changement de paradigme. En raison de leur forte dépendance aux ressources énergétiques et aux matières premières importées, de nombreux pays de la région sont exposés à des interruptions d’approvisionnement, à des fluctuations des prix de l’énergie, voire à des conflits géopolitiques. L’efficacité des ressources apparaît donc comme un impératif stratégique et économique majeur, compte tenu des défis actuels que constituent la sécurité des ressources, les crises énergétiques et les effets rebond du changement climatique. Dans le même temps, les nations sont confrontées au défi d’adapter leurs habitudes de production et de consommation en raison des objectifs stricts en matière de lutte contre le changement climatique adoptés par l’Union européenne. Selon la Commission européenne, la collaboration régionale est essentielle pour promouvoir le développement de l’économie circulaire en permettant aux différentes nations de partager leurs expériences, d’élaborer un cadre réglementaire universel ou de reproduire les meilleures pratiques à l’échelle mondiale, plutôt que de mettre en œuvre des projets individuels.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De la décharge à la consigne</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte régional, la Lituanie se distingue par la rapidité et l’ampleur de la transformation de sa gestion des déchets. Alors que la mise en décharge dominait dans ce pays jusqu’au début des années 2000 en raison d’un manque d’incitations au recyclage ou à la prévention des déchets et d’une faible sensibilisation du public aux impacts environnementaux, la Lituanie a fondamentalement remodelé son approche au cours des vingt dernières années, grâce à une combinaison fondée sur des données probantes de réformes réglementaires, d’incitations économiques et de campagnes de sensibilisation soutenues du public. Les investissements dans des infrastructures modernes de gestion des déchets ont été accompagnés de normes environnementales plus strictes et d’une répartition claire des responsabilités entre les municipalités et les entreprises. Selon <em>Eurostat</em>, la Lituanie a réussi à dissocier la production de déchets municipaux de la croissance économique, parvenant à stabiliser les niveaux de déchets municipaux alors même que l’économie continue de croître. Cette dissociation entre la croissance économique et la production de déchets est devenue un pilier central de la stratégie de durabilité de la Lituanie et une référence clé pour les autres pays de la région.</p>
<p style="text-align: justify;">L’un des principaux moteurs de cette progression est le système national de consigne et de remboursement des emballages de boissons mis en place en Lituanie en 2016. Dans le cadre de ce programme, les consommateurs paient une petite consigne lorsqu’ils achètent des boissons dans des emballages en plastique, en verre ou en aluminium, qui leur est remboursée lorsqu’ils rapportent les emballages vides dans des points de collecte automatisés situés dans les supermarchés et les espaces publics. Le système repose sur la commodité et les incitations financières plutôt que sur des sanctions, ce qui rend la participation facile et attrayante pour les consommateurs. Selon le ministère lituanien de l’Environnement, les taux de retour ont augmenté rapidement après l’introduction du système, dépassant 90 % en seulement quelques années et surpassant les objectifs de recyclage de l’Union européenne bien avant la date prévue. Au-delà de l’amélioration des performances en matière de recyclage, cette initiative a permis de réduire les déchets sauvages dans les espaces publics, d’améliorer la qualité des matériaux et de sensibiliser davantage le public à la responsabilité individuelle dans la gestion des déchets.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une gouvernance plus numérique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les outils de gouvernance numérique font également partie intégrante des efforts déployés par la Lituanie pour réduire les déchets, notamment en favorisant la transparence et la responsabilité dans l’ensemble du système de gestion des déchets. L’un des outils les plus importants est le Système mondial d’information sur les emballages et les déchets (GPAIS), un système électronique obligatoire qui enregistre les flux d’emballages et de déchets, de la production à l’élimination. Ce mécanisme impose aux entreprises l’obligation légale de déclarer les quantités et les types d’emballages qu’elles mettent sur le marché, ainsi que la manière dont la collecte, le traitement ou le recyclage des déchets sont effectués.</p>
<p style="text-align: justify;">Les agences nationales pour l’environnement indiquent que le GPAIS a renforcé la responsabilité des entreprises, amélioré l’application des lois environnementales et servi de source d’information pour les décideurs politiques qui élaborent des mesures plus efficaces de prévention des déchets. La numérisation joue donc un rôle essentiel dans l’économie circulaire en permettant une prise de décision fondée sur des données factuelles et une planification politique à long terme.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’inventivité de la Lituanie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Outre les mécanismes réglementaires et technologiques, la Lituanie encourage également les changements de comportement des consommateurs et des entreprises. Les offres de produits en tant que services, dans lesquelles les consommateurs louent plutôt qu’achètent toute une gamme de produits (par exemple, du matériel de bureau ou des appareils électroménagers), gagnent en popularité. Elles récompensent les fabricants qui conçoivent des produits durables, réparables et économes en énergie, en les rendant responsables de leur entretien et de leur fin de vie.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, les entreprises sociales et les centres municipaux de réutilisation encouragent le don, la réparation et la réutilisation d’objets qui, autrement, seraient jetés. Ces programmes renforcent l’aspect social de la durabilité en réduisant les volumes de déchets tout en favorisant l’inclusion sociale, le développement des compétences et la création d’emplois locaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Encore quelques efforts</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Malgré ces succès, de nombreux obstacles restent à surmonter. Si la Lituanie excelle dans le recyclage des contenants de boissons, d’autres flux de déchets, tels que les textiles, les plastiques complexes et les déchets électroniques, posent encore des problèmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains de ces matériaux doivent être exportés ou éliminés dans des décharges, car le pays ne dispose pas d’une capacité de traitement suffisante. Les organisations environnementales soulignent que, pour combler ces lacunes, il sera nécessaire d’accroître le financement des installations de recyclage avancées et de mener des campagnes de sensibilisation du public. Les municipalités diffèrent dans leur niveau d’engagement citoyen, ce qui souligne l’importance d’une prise de décision locale inclusive et d’une plus grande implication de la communauté pour garantir le succès des politiques d’économie circulaire à l’échelle nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Quoi qu’il en soit, l’expérience de la Lituanie peut servir de modèle pour l’ensemble de la région baltique et d’autres États d’Europe de l’Est. Elle montre comment la combinaison d’outils numériques performants, d’incitations économiques soigneusement conçues et de cadres politiques clairs peut faire évoluer rapidement les systèmes de gestion des déchets, lorsqu’elle s’accompagne d’une forte implication du public. Plus généralement, elle montre que l’économie circulaire est une option opérationnelle et adaptable pour atteindre la durabilité, compatible avec différentes situations nationales.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec l’aggravation des défis environnementaux dans la mer Baltique et la raréfaction croissante des ressources à l’échelle mondiale, la question n’est plus simplement de savoir si des solutions circulaires sont nécessaires, mais plutôt à quelle vitesse elles peuvent être adoptées et adaptées ailleurs. La voie empruntée par la Lituanie en matière de déchets montre qu’avec une volonté politique constante et un large soutien de la société, le passage d’une économie linéaire à une économie circulaire est déjà en cours et réalisable pour d’autres régions confrontées à des problèmes de durabilité similaires.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Vignette</strong> : Machine de récupération (Taromatas) utilisée dans le système de consigne et de remboursement des contenants de boissons en Lituanie (Copyright Wikimedia Commons/CC BY-SA).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* James Martin Sebrith est titulaire du master en management durable de l’ESSCA School of Management (Paris).</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> James Martin Sebrith (2026), « Lituanie : un modèle à dupliquer en matière de réduction des déchets », <em>Regard sur l’Est</em>, 10 août 2026.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.21955877"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.21955877.svg" alt="10.5281/zenodo.21955877" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.21955877']" /></a></p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div></div></div></div></div><div style="display:flex; gap:10px;justify-content:center" class="wps-pgfw-pdf-generate-icon__wrapper-frontend">
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		<title>Ukraine : reconstruire le système énergétique, défi pour une transition durable</title>
		<link>https://regard-est.com/ukraine-reconstruire-le-systeme-energetique-defi-pour-une-transition-durable</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2026 00:17:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 2022, le système énergétique ukrainien a subi d’importantes destructions du fait de l’invasion à grande échelle perpétrée par la Russie. Mais l’urgence de reconstruire les [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/ukraine-reconstruire-le-systeme-energetique-defi-pour-une-transition-durable">Read More</a></span></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-19939"  class="panel-layout" ><div id="pg-19939-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-19939-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-19939-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>Depuis 2022, le système énergétique ukrainien a subi d’importantes destructions du fait de l’invasion à grande échelle perpétrée par la Russie. Mais l’urgence de reconstruire les infrastructures critiques pourrait faire de cette crise une opportunité : celle de bâtir un avenir énergétique plus résilient, indépendant et durable.</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-19939-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-19939-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-19939-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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	<hr />
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-19940" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-08-03-UKR-embleme-du-min-Energie-300x300.jpg" alt="Logo du ministère ukrainien de l'Energie" width="300" height="300" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-08-03-UKR-embleme-du-min-Energie-300x300.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-08-03-UKR-embleme-du-min-Energie-150x150.jpg 150w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-08-03-UKR-embleme-du-min-Energie-768x768.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-08-03-UKR-embleme-du-min-Energie.jpg 960w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />Le système énergétique de l’Ukraine est marqué par l’héritage des infrastructures soviétiques, des liens anciens avec la Russie et une transition forcément désormais résolue vers l’indépendance énergétique. Après 1991, le pays est d’abord resté fortement dépendant du gaz, du charbon et du combustible nucléaire russes, tout en exploitant l’un des plus grands parcs nucléaires d’Europe<a href="#n1"><sup>(1)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Héritage énergétique et quête d’indépendance </strong></p>
<p style="text-align: justify;">À la suite de l’annexion illégale de la Crimée par la Russie en 2014, l’Ukraine a amorcé une rupture stratégique en réduisant sa dépendance énergétique : en 2015, <a href="https://www.themoscowtimes.com/2015/07/01/ukraine-cuts-off-russian-gas-imports-over-pricing-dispute-a47806">elle a mis fin aux importations directes de gaz russe</a> et a diversifié ses sources d’approvisionnement en combustible nucléaire. Dans les années précédant l’invasion de 2022, le pays explorait activement des stratégies pour diversifier ses sources d’énergie et limiter sa vulnérabilité face aux importations russes.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès 2017, l’Ukraine a entamé un <a href="https://www.entsoe.eu/news/2023/12/14/ukrainian-transmission-system-operator-npc-ukrenergo-joins-entso-e-as-new-member/">processus d’intégration à l’ENTSO-E</a>, le réseau électrique européen, afin de renforcer son autonomie énergétique. Ce processus a rendue possible une synchronisation d’urgence le 16 mars 2022, soit quelques semaines après le début de l’invasion russe à grande échelle le 24 février. Cette synchronisation a permis à l’Ukraine de <a href="https://www.entsoe.eu/news/2024/03/15/two-years-since-ukraine-and-moldova-synchronised-electricity-grids-with-eu/">se déconnecter totalement du réseau électrique contrôlé par la Russie et de s’intégrer au système énergétique européen</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les impacts de la guerre sur les infrastructures énergétiques </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’invasion d’ampleur de l’Ukraine par la Russie en 2022 a provoqué des destructions massives dans le secteur énergétique du pays, perturbant gravement les capacités de production, de transport et de distribution d’électricité<a href="#n2"><sup>(2)</sup></a>. Un an après le début du conflit, environ deux tiers de la capacité de production électrique d’avant-guerre avaient été gravement endommagés, détruits ou rendus inopérants en raison de l’occupation temporaire de certaines zones par les forces russes<a href="#n3"><sup>(3)</sup></a>. Par ailleurs, en 2024, près de la moitié des postes de transformation du réseau de transport avaient subi des dégâts à la suite d’attaques par drones et missiles.</p>
<p style="text-align: justify;">A la fin de l’année 2024, les pertes subies par le secteur énergétique ukrainien étaient estimées à 20,5 milliards de dollars américains, tandis que le manque à gagner dû à la baisse de capacité et de demande dépassait 72 milliards de dollars<a href="#n4"><sup>(4)</sup></a>. Ces chiffres ont immanquablement été revus à la hausse depuis. Cela a été cas, notamment, après l’attaque massive lancée le 26 août 2024, lorsque la Russie a tiré plus de 200 missiles et drones dans l’une des plus vastes offensives aériennes réalisée depuis le début de la guerre, visant en priorité les infrastructures énergétiques du pays<a href="#n5"><sup>(5)</sup></a> : malgré l’interception partielle des frappes par la défense antiaérienne ukrainienne, l’ampleur de l’attaque a entraîné des perturbations généralisées, rappelant une fois de plus le caractère stratégique du secteur énergétique ukrainien et la vulnérabilité persistante de l’approvisionnement en électricité du pays.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une transition énergétique post-conflit porteuse d’avenir </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au cœur des destructions et de l’instabilité provoquées par la guerre qui la font, chaque hiver, s’interroger sur sa capacité à tenir encore, l’Ukraine entrevoit une opportunité de transformation radicale : non seulement rompre définitivement sa dépendance aux sources d’énergie extérieures, mais aussi s’imposer comme un acteur central de la transition énergétique mondiale vers un avenir plus vert et durable. Le pays dispose en effet de ressources renouvelables abondantes — solaire, éolien, nucléaire, biomasse — qui offrent un potentiel considérable de production d’énergie.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon l’étude menée par Tim Tröndle <em>et al</em>. (2024, voir note 2), il est à la fois techniquement et financièrement possible pour l’Ukraine de basculer vers un système énergétique décarboné. <a href="https://gmk.center/en/news/ukraine-ranked-third-in-terms-of-electricity-price-on-the-dam-among-27-european-countries-in-2024/">Ce scénario permettrait de couvrir la production, le stockage et le transport de l’électricité</a> à un coût inférieur à 90 €/MWh alors que le prix moyen du marché de l’électricité en Ukraine en 2024 était de 103 €/MWh. L’étude, qui prend en compte la croissance démographique et économique ainsi que l’évolution de la demande énergétique, conclut que le potentiel de production d’énergies renouvelables dépasse largement les besoins prévus à l’horizon 2060.</p>
<p style="text-align: justify;">Mieux encore, dans l’hypothèse d’un développement adéquat des infrastructures, l’Ukraine pourrait exporter son excédent d’énergie propre. L’interconnexion récemment établie avec le réseau ENTSO-E renforce cette perspective en permettant à l’Ukraine de passer du statut d’importateur à celui d’exportateur stratégique, contribuant ainsi à la sécurité énergétique régionale tout en consolidant sa propre résilience économique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Risques et arbitrages </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bien que l’Ukraine dispose d’un potentiel considérable pour développer son secteur des énergies renouvelables, cette transition s’accompagne de défis majeurs. L’un des plus préoccupants concerne l’impact environnemental d’un développement énergétique accéléré, susceptible de dégrader des habitats naturels fragiles. Par exemple, dans le sud de l’Ukraine, les zones naturelles restantes sont déjà rares et <a href="https://uwecworkgroup.info/distributed-electricity-generation-in-ukraine-the-risks-and-opportunities/">continuent de reculer face à l’expansion des activités agricoles</a>. Or, les restrictions d’usage des terres agricoles pour les projets énergétiques ou industriels, combinées à l’exiguïté des zones constructibles dans les régions densément peuplées, font de ces derniers espaces naturels les seuls emplacements viables pour des installations solaires de grande envergure. Cela pose un dilemme : faut-il étendre la capacité de production d’énergie renouvelable au prix de la préservation des écosystèmes critiques ?</p>
<p style="text-align: justify;">Outre la guerre évidemment, le manque de financement public pour la conservation de la nature, ajouté à une vision héritée de l’ère soviétique selon laquelle toute terre disponible doit être exploitée, continue de mettre en péril les milieux naturels, notamment dans les zones agricoles. Ce problème est aggravé par des lacunes dans la législation ukrainienne qui, par exemple, ne soumet pas les projets de centrales solaires à une évaluation d’impact environnemental. Il en résulte des conflits potentiels avec les zones protégées et des conséquences écologiques souvent ignorées, les projets étant autorisés sans garanties suffisantes pour la biodiversité. Pour limiter ces effets négatifs, il sera crucial d’établir des lignes directrices claires encadrant les projets énergétiques afin de protéger les écosystèmes vulnérables tout en poursuivant les objectifs de transition énergétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’Ukraine possède le potentiel pour devenir un acteur majeur des énergies renouvelables, la voie vers cet objectif reste semée d’embûches. Même les scénarios les plus optimistes de décarbonation doivent composer avec les choix de reconstruction post-guerre faits aujourd’hui. En mai 2024, l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a ainsi attribué un <a href="https://www.enr.com/articles/58656-usaid-awards-tetra-tech-439m-contract-for-ukraine-energy-grid-resilience">contrat de 439 millions de dollars à l’entreprise Tetra Tech Inc.</a> pour fournir un appui technique et logistique aux secteurs ukrainiens de l’électricité, du gaz naturel et du chauffage. Bien que cette initiative vise à renforcer la résilience et la fiabilité du système énergétique, elle témoigne aussi d’un maintien des investissements dans des infrastructures reposant sur les énergies fossiles. En l’absence d’un engagement clair et contraignant en faveur de la durabilité, les efforts consentis risquent, donc, de consolider les dépendances que l’Ukraine cherche précisément à dépasser.</p>
<p style="text-align: justify;">Une transition énergétique juste et véritablement transformatrice devra aller au-delà des seules considérations d’indépendance ou de sécurité. Elle devra reposer sur des principes forts : intégrité environnementale à long terme, gouvernance transparente et investissements audacieux dans les énergies renouvelables. C’est à ces conditions que l’Ukraine pourra tirer pleinement parti de la crise majeure qu’elle traverse, pour façonner un avenir énergétique plus vert, plus sûr et plus équitable.</p>
<p><strong>Notes</strong> :</p>
<p><a id="n1"></a>(1) D. G. Igor Piddubnyi, “Assessment of Damages and Losses to Ukraine’s Energy Sector Due to Russia's full-scale Invasion,” <em>Kyiv School of Economics</em>, Kyiv, 2024.</p>
<p><a id="n2"></a>(2) Tim Tröndle <em>et al.</em>, “Rebuilding Ukraine’s energy supply in a secure, economic, and decarbonised way,” <em>Environmental Research: Infrastructure and Sustainability, </em>0.31002, 2024.</p>
<p><a id="n3"></a>(3) “Ukraine: Energy Damage Assessment,” <em>UNDP and The World Bank</em>, 2023.</p>
<p><a id="n4"></a>(4) “OECD Economic Surveys: Ukraine 2025,” Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD), 2025.</p>
<p><a id="n5"></a>(5) “Ukraine’s Energy Security and the Coming Winter: And Energy Action Plan for Ukraine and its partners,” <em>International Energy Association</em>, 2024.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vignette</strong> : Logo du ministère ukrainien de l’Énergie (Photo libre de droits)</p>
<p>* Hilary Evans est une spécialiste confirmée des questions environnementales et de durabilité. Elle est titulaire d’un master en management durable et impact social de l’ESSCA Paris.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Hilary Evans (2026), « Ukraine : reconstruire le système énergétique, défi pour une transition durable », <em>Regard sur l'Est</em>, 3 août.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.21777084"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.21777084.svg" alt="10.5281/zenodo.21777084" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.21777084']" /></a></p>
<div class="entry-meta"></div>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
</div>
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			</item>
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		<title>République tchèque : un réengagement cohérent en Afrique</title>
		<link>https://regard-est.com/republique-tcheque-un-reengagement-coherent-en-afrique</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 00:09:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré des liens anciens et étroits tissés avec le continent africain, notamment à l’époque socialiste, la République tchèque s’en est ensuite détournée au profit de [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/republique-tcheque-un-reengagement-coherent-en-afrique">Read More</a></span></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-19928"  class="panel-layout" ><div id="pg-19928-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-19928-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-19928-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>Malgré des liens anciens et étroits tissés avec le continent africain, notamment à l’époque socialiste, la République tchèque s’en est ensuite détournée au profit de l'axe euro-atlantique. Forte d’une image de pays non-colonial, elle y opère depuis une quinzaine d'années un retour de plus en plus affirmé, au service d'intérêts commerciaux, mais aussi stratégiques.</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-19928-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-19928-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-19928-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-19929" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/Lipavsky-Hichilema-juin-2023-300x168.jpg" alt="Le Premier ministre tchèque Jan Lipavský rencontre le Président zambien Hakainde Hichilema, en juin 2023 à Lusaka (copyright : site du ministère tchèque des Affaires étrangères)." width="300" height="168" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/Lipavsky-Hichilema-juin-2023-300x168.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/Lipavsky-Hichilema-juin-2023-768x430.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/Lipavsky-Hichilema-juin-2023.jpg 796w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />C'est peu dire que l'Afrique a été jusqu’en 2023 pour la République tchèque un espace lointain et non-prioritaire. En 2006, Václav Klaus (en tant que président et que Premier ministre) a bien foulé le sol subsaharien lors d'une tournée unique en Afrique du Sud et au Nigéria. Mais, depuis la Révolution de velours et la scission d'avec la Slovaquie, les relations tchéco-africaines s’étaient recentrées sur quelques pôles seulement, notamment l’Afrique du Sud, l’Éthiopie et l’Égypte – cette dernière plus favorisée en termes de visites de haut niveau. Les relations avec l'Afrique du Sud et l'Égypte s’étaient rapidement densifiées, au niveau commercial comme politique. Le maintien de l’ambassade tchèque en Éthiopie, dont la fermeture avait été un temps envisagée (1992), a permis de continuer à disposer d’un poste auprès de l'Union africaine (UA). Les relations avec l'Égypte participent, elles, bien plus d'un tropisme pro-israélien que d'un véritable intérêt pour le continent, même si le pays est régulièrement défini par les décideurs tchèques comme un partenaire majeur au sein du monde arabe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L'argument historique et mémoriel</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au cours des années 1990 et 2000, l'heure est au renforcement des relations euro-atlantiques et aux économies d'échelle. Nombreux sont alors les postes diplomatiques à fermer, en Angola, au Congo-Brazzaville, en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Mozambique, en Tanzanie ou encore en Zambie. Contrairement à d'autres pays de l'ancien bloc de l'Est, la République tchèque ne tente pas, tout d'abord, de faire de sa transition démocratique un « article d'exportation ». Un intérêt pour des relations commerciales et économiques denses subsiste certes, mais il se limite aux plus grandes économies africaines. Encore ces timides efforts sont-ils parfois frustrés, là par un coup d'État (Nigéria), ici par une guerre civile (Angola). Ailleurs (Côte d'Ivoire, Kenya, Maroc), cette stratégie ne se traduit par aucune relation politique suivie.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré les <a href="https://francais.radio.cz/dans-ses-relations-avec-lafrique-la-tchequie-devrait-jouer-de-ne-pas-avoir-de-8159801">arguments d'ordre moral ou émotionnel désormais invoqués</a> pour promouvoir les relations bilatérales avec des partenaires en Afrique, il n'est pas tout à fait juste de prétendre que la République tchèque – ou plutôt la Tchécoslovaquie – n'y a jamais eu d'intérêt colonial. Dès l'indépendance en 1918, le nouvel État nourrit ainsi des visées sur le Togoland allemand (actuels Togo et ouest du Ghana). Les voyages d'Emil Holub en Afrique australe, par ailleurs célébrés aujourd’hui par la diplomatie tchèque, nourrissent un imaginaire colonial et une vision racialiste des populations locales. Des missionnaires tchèques dans les actuels Soudan et Soudan du Sud ont participé non seulement d'un projet colonial autrichien, mais aussi de ce qui a été nommé un « colonialisme alternatif ».</p>
<p style="text-align: justify;">La République tchèque peut néanmoins s'enorgueillir d'un réseau diplomatique ancien et actif, notamment en Égypte (dont l'indépendance est reconnue par Prague dès 1922) et en Éthiopie. La position difficile de la Tchécoslovaquie en Europe ne l'empêche pas, en effet, de soutenir cette dernière au travers de la politique d'Edvard Beneš, ministre des Affaires étrangères (1918-1935) puis président (1935-1938), tant avant qu'après l'invasion italienne (1935). Un traité commercial bilatéral est d'ailleurs signé en 1934.</p>
<p style="text-align: justify;">La diplomatie tchèque s'appuye aussi naturellement sur la <a href="https://francais.radio.cz/la-tchequie-a-lavantage-de-ne-pas-avoir-dhistoire-sombre-vis-a-vis-des-pays-8807544">mémoire de la République socialiste de Tchécolovaquie</a>, malgré une distanciation momentanée vis-à-vis des anciens partenaires. Il n'est ainsi pas anodin que l'aide au développement tchèque se concentre aujourd’hui sur l'Angola, l'Éthiopie et la Zambie, qui figurent parmi les anciens pays amis. Des investissements industriels majeurs, des coopérations dans les domaines agricole, médical et technique, s'ajoutent à des fournitures massives de matériel de guerre à travers le continent. Brillant second de l'URSS en Afrique, la Tchécoslovaquie y a assumé durant les années socialistes un rôle disproportionné au regard de sa taille, soutenant les mouvements indépendantistes et les gouvernements alignés, de la Guinée au Soudan et de l'Algérie au Congo. Ainsi la Tchécoslovaquie entretient-elle dans les années 1950 le plus large réseau diplomatique du bloc de l'Est en Afrique, devant l'URSS.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Combattre le terrorisme et prévenir l'immigration</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Désormais intégrée à l'UE et à l'OTAN, et pouvant se prévaloir d’un niveau de développement qui lui permet d'envisager une aide plus conséquente pour les pays du Sud, la République tchèque a peu à peu retrouvé un intérêt géostratégique pour les marges du continent européen. À la suite des Printemps arabes, elle a cherché à faire profiter la Libye et la Tunisie (2011) – nations aussi soutenues par la Pologne – de son expérience en matière de transition. La relation entamée avec la Tunisie a permis de créer un partenariat stable, axé sur le développement des relations économiques et de la coopération de défense. En revanche, la détérioration de la situation en Libye a conduit à un retrait, dès 2014.</p>
<p style="text-align: justify;">La rationalisation du réseau diplomatique tchèque, lancée en 2010, loin de servir uniquement une logique d'austérité, doit refléter des priorités réfléchies et assumées. Les relations avec l'Angola, difficiles jusqu'à la fin de la guerre civile (2002) puis relancées ensuite, n'obtiennent d'abord pas les résultats escomptés, notamment au point de vue commercial. L'ambassade, rouverte en 2002, est à nouveau fermée en 2015 ; le pays n'est plus un destinataire prioritaire de l'APD tchèque. La Zambie prend le chemin inverse: alors que l'ambassade à Harare (Zimbabwe), héritage socialiste, ferme en 2017, une autre ouvre dans sa capitale Lusaka.</p>
<p style="text-align: justify;">Surtout, à partir de 2013, Prague répond à l'<a href="https://francais.radio.cz/la-renaissance-des-relations-franco-tcheques-8284415">appel de la France</a>, qui cherche à européaniser son intervention au Mali. Étonnamment, cet engagement suscite peu de débats dans le pays alors qu’il se massifie rapidement : 50 militaires tchèques sont d'abord engagés dans EUTM Mali, la mission européenne de formation de l'armée malienne puis des armées du G5 Sahel, puis 118 en 2018, fournissant le deuxième contingent le plus important. La République tchèque assume même par deux fois le commandement de la mission (2020 et 2022), à laquelle elle participe jusqu'en 2022. La République tchèque a ensuite participé à la MINUSMA, mission de l'ONU au Mali, de 2015 à 2023, et a participé au financement du G5 Sahel.</p>
<p style="text-align: justify;">De même qu'en Libye et en Tunisie, cet engagement vise à contenir les flux migratoires et à combattre le terrorisme, perçus comme des menaces pour le continent européen tout entier. Cet engagement s'amenuise néanmoins à la mesure de celui de la France, et l'ambassade tchèque à Bamako, ouverte en 2019, ferme en 2022. Cette ouverture s'était accompagnée d'une stratégie pour la stabilisation du Sahel (2019) qui incluait un intérêt marqué pour la force Takuba, malgré un <a href="https://www.bruxelles2.eu/2020/10/takuba-le-oui-definitif-des-tcheques/">déploiement tardif imputable à la partie française </a>(2021-2022).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>S'engager en Afrique : développement d'une politique africaine souveraine</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette expérience en Afrique du Nord et au Sahel n’a pas été stérile. L'intérêt renouvelé pour le nord et l'ouest du continent a généré un renforcement des relations avec l'Algérie (signature d'un accord de coopération militaire en 2015), le Maroc (visite d'Andrej Babiš en 2018) ou encore le Sénégal (ouverture d'une ambassade à Dakar en 2017).</p>
<p style="text-align: justify;">L'expertise tchèque en matière d'industrie minière, de productions de machines-outils, de transports et de défense, ainsi que l'héritage socialiste, permettent au pays d'obtenir des contrats importants, qu'il s'agisse de la modernisation des aéroports sénégalais (2019) ou de la large flotte de jets Aero L-39 Albatros, toujours opérés par onze pays africains. <a href="https://www.aero.cz/wp-content/uploads/2025/08/Vyrocni-Zprava-AVA-EN-2024-AERO.pdf">Huit L-39 Skyfox, leur successeur, doivent être livrés en 2026-2027 à des pays africains</a> non-identifiés.</p>
<p style="text-align: justify;">En septembre 2022, le gouvernement tchèque a formulé pour la première fois une stratégie autonome. Intitulée « <a href="https://mzv.gov.cz/file/4922484/AFR_Engaging_in_Africa_Czechia_s_Strategy_FINAL.pdf">S'engager en Afrique </a>», elle consacre la place de l'Afrique comme théâtre prioritaire de la politique étrangère du pays. En dehors des traditionnelles préoccupations commerciales, y figurent désormais celles issues de l'engagement tchèque au Sahel (terrorisme et migration), mais aussi un volet plus récent, conséquence directe de l'invasion russe de l'Ukraine.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dialogue avec l'Afrique – 54 États membres de l'ONU – est nécessaire à la bataille diplomatique qui s'est engagée et dont l'enjeu est la refonte de l'ordre international. Ainsi, la convocation d’arguments historiques et mémoriels sert à répondre aux préoccupations africaines, soulignant la volonté tchèque d'établir des partenariats mutuellement bénéfiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Les visites de haut niveau se multiplient. Lorsque A. Babiš se rend au Maroc en 2018, il s'agit de la première visite d'un Premier ministre tchèque sur le continent africain depuis douze ans. Suivent plusieurs déplacements du Petr Fiala et du président Petr Pavel à partir de 2022, notamment la première tournée africaine d'un chef de gouvernement tchèque en 2023, en Côte d'Ivoire, en Éthiopie, au Ghana et au Kenya.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré une politique toujours très ciblée – la République tchèque reste une puissance moyenne –, les relations sont réactivées avec plusieurs pays précédemment non-prioritaires hormis du point de vue commercial. C'est notamment le cas du Ghana, de la Mauritanie, du Mozambique, du Nigéria, de l'Ouganda, du Rwanda et du Sénégal. Les relations avec l'Angola reprennent de l'envergure. En 2023 et 2024, les présidents de l'Angola et du Mozambique ainsi que le Premier ministre éthiopien visitent la République tchèque. La dernière visite officielle d'un chef d'État ou de gouvernement africain à Prague datait de 1999.</p>
<p style="text-align: justify;">L'accent très appuyé du nouveau gouvernement Babiš (en place depuis décembre 2025) sur les sujets sécuritaires et migratoires ainsi que son approche transactionnelle des relations internationales ne devraient pas altérer sensiblement la politique africaine de la République tchèque, puisque ces considérations en sont le socle. S'il est probable qu'elle soit davantage axée sur la maximisation des exportations et moins sur la coopération en matière de gouvernance, et dirigée avant tout par les intérêts proprement tchèques, la dynamique initiée en 2022, servant d'ores et déjà cet agenda, est probablement vouée à se poursuivre et à s'amplifier.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Vignette</strong> : Le Premier ministre tchèque Jan Lipavský rencontre le Président zambien Hakainde Hichilema, en juin 2023 à Lusaka (copyright : <a href="https://mzv.gov.cz/jnp/en/issues_and_press/press_releases/minister_of_foreign_affairs_jan_lipavsky_1.html">site du ministère tchèque des Affaires étrangères</a>).</p>
<p style="text-align: left;">* Mathieu Gotteland est docteur en histoire de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et analyste pour les think tanks africains CRCA et CACD.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Mathieu Gotteland (2026), « République tchèque : un réengagement cohérent en Afrique », <em>Regard sur l'Est</em>, 27 juillet.</p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
</div>
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		<title>Effacer l’URSS ? La bataille de la mémoire urbaine en Asie centrale</title>
		<link>https://regard-est.com/effacer-lurss-la-bataille-de-la-memoire-urbaine-en-asie-centrale</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 00:17:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Tachkent, Douchanbé, Astana ou Bichkek, les bâtiments soviétiques disparaissent, survivent ou changent de sens au gré des projets immobiliers et des récits nationaux. Derrière [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/effacer-lurss-la-bataille-de-la-memoire-urbaine-en-asie-centrale">Read More</a></span></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-19898"  class="panel-layout" ><div id="pg-19898-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-19898-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-19898-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>À Tachkent, Douchanbé, Astana ou Bichkek, les bâtiments soviétiques disparaissent, survivent ou changent de sens au gré des projets immobiliers et des récits nationaux. Derrière les démolitions se joue pourtant autre chose qu’un simple règlement de comptes avec le passé : une compétition entre plusieurs idées de la modernité, du patrimoine et de la ville habitable.</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-19898-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-19898-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-19898-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-19899" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chorsu_Market_Tachkent_Mathieu_Lemoine-225x300.jpg" alt="Bazar Chorsu, Tachent (© Mathieu Lemoine)" width="225" height="300" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chorsu_Market_Tachkent_Mathieu_Lemoine-225x300.jpg 225w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chorsu_Market_Tachkent_Mathieu_Lemoine-768x1024.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chorsu_Market_Tachkent_Mathieu_Lemoine-1152x1536.jpg 1152w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chorsu_Market_Tachkent_Mathieu_Lemoine.jpg 1500w" sizes="auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px" />Pendant des années, l’ancien hôtel Chorsu a dominé le vieux Tachkent comme une carcasse impossible à ignorer. Sa tour de béton, autrefois appelée hôtel Moskva, faisait face au grand dôme turquoise du bazar et aux quartiers anciens qui l’entourent. Abandonné, vendu, promis à plusieurs reconversions, il semblait suspendu entre deux époques. Sa démolition, achevée au printemps 2025, a finalement libéré l’un des sites les plus convoités de la capitale pour un nouvel ensemble associant hôtel, logements et activités commerciales.</p>
<p style="text-align: justify;">Le contraste est saisissant. Le bazar Chorsu, produit de la modernité soviétique tardive, figure aujourd’hui parmi les bâtiments modernistes proposés par l’Ouzbékistan à l’Unesco. L’hôtel voisin, lui, a disparu. Ce face-à-face résume les choix opérés dans les villes d’Asie centrale : les traces soviétiques ne sont ni rejetées ni protégées en bloc. Elles sont triées.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tachkent, une ville plusieurs fois recommencée</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tachkent n’a jamais été une ville figée. Le séisme de 1966 a servi de point de départ à une reconstruction massive, conduite par des architectes venus de toute l’Union soviétique. L’objectif était à la fois fonctionnel et politique : édifier une capitale moderne, vaste et verdoyante, capable d’incarner la réussite du socialisme en Asie.</p>
<p style="text-align: justify;">De cette période sont issus les larges avenues, le métro et une architecture associant techniques modernistes et références locales. Moucharabiehs de béton, céramiques et mosaïques formaient un langage hybride, soviétique dans ses ambitions mais soucieux d’afficher une identité ouzbèke.</p>
<p style="text-align: justify;">Après l’indépendance, cette ville a de nouveau changé de récit. Les statues ont été déplacées, les rues rebaptisées et la place centrale réorganisée autour d’Amir Temur, devenu l’une des principales figures de la souveraineté nationale. Mais la transformation la plus profonde ne passe plus seulement par les symboles. Elle prend la forme de grands projets immobiliers, d’élargissements routiers, de démolitions et de quartiers vitrines comme Tashkent City.</p>
<p style="text-align: justify;">La destruction en 2018 de l’ancienne Maison du cinéma, démolie dans le cadre de la réalisation de Tashkent City, a marqué un tournant. L’émotion suscitée a rappelé qu’un bâtiment compte aussi par les usages et les souvenirs qui lui sont attachés. On n’y défendait pas nécessairement l’URSS, mais un lieu de rencontres et de mémoire collective.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette tension traverse aussi les mahallas. Ces quartiers de maisons basses, de cours, de ruelles et d’arbres sont souvent présentés comme le cœur de la culture urbaine ouzbèke. Soumis à la pression foncière, ils cèdent parfois la place à des immeubles plus denses. Ceux-ci peuvent répondre à la croissance démographique, mais aussi faire disparaître des sociabilités et des équilibres environnementaux difficiles à recréer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Construire la souveraineté dans la pierre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ailleurs dans la région, la recomposition urbaine emprunte des voies différentes. Astana représente le cas le plus spectaculaire. Le Kazakhstan n’a pas seulement rebaptisé ou réaménagé une capitale héritée de l’époque soviétique : il a transféré sa capitale d’Almaty à Akmola en 1997, avant d’en faire une vitrine architecturale de l’État indépendant.</p>
<p style="text-align: justify;">Tours, ministères, monument Baïterek, Palais de la paix et Khan Chatyr composent un paysage destiné à projeter puissance, modernité et ouverture. Astana ne cherche pas tant à effacer le passé soviétique qu’à le rendre secondaire face à une nouvelle centralité politique édifiée dans la steppe.</p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-19901 alignleft" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Astana_Khan_Shatyr_Mathieu_Lemoine-300x211.jpg" alt="Khan Chatyr, Astana (© Mathieu Lemoine)" width="756" height="532" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Astana_Khan_Shatyr_Mathieu_Lemoine-300x211.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Astana_Khan_Shatyr_Mathieu_Lemoine-1024x721.jpg 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Astana_Khan_Shatyr_Mathieu_Lemoine-768x541.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Astana_Khan_Shatyr_Mathieu_Lemoine-1536x1082.jpg 1536w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Astana_Khan_Shatyr_Mathieu_Lemoine.jpg 1948w" sizes="auto, (max-width: 756px) 100vw, 756px" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Khan Chatyr, Astana (© Mathieu Lemoine)</em></p>
<p style="text-align: justify;">À Douchanbé, le changement est plus brutal parce qu’il intervient au cœur d’une ville existante. Depuis plusieurs années, cinémas, théâtres, bâtiments administratifs et immeubles soviétiques ont cédé la place à de larges avenues et à des édifices monumentaux. La disparition en mars 2025 de la tchaïkhana Rohat en est devenue le symbole. Construite en 1958, elle mariait modernisme soviétique, plafonds peints, colonnades et arts décoratifs tadjiks. Une mobilisation avait un temps semblé la sauver. Elle n’a fait que retarder sa destruction.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cas de Rohat montre les limites d’une lecture fondée uniquement sur la « décommunisation ». La tchaïkhana appartenait à la mémoire quotidienne de Douchanbé et incarnait le métissage entre formes soviétiques et traditions locales. Sa disparition révèle moins un rejet doctrinal du passé qu’une nouvelle hiérarchie entre patrimoine, prestige institutionnel et valeur foncière.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-19902 alignleft" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chaikhana_Rohat_Douchanbe_Mathieu_Lemoine-300x182.jpg" alt="Tchaïkhana Rohat, Douchanbé (© Mathieu Lemoine)" width="757" height="459" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chaikhana_Rohat_Douchanbe_Mathieu_Lemoine-300x182.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chaikhana_Rohat_Douchanbe_Mathieu_Lemoine-1024x621.jpg 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chaikhana_Rohat_Douchanbe_Mathieu_Lemoine-768x466.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chaikhana_Rohat_Douchanbe_Mathieu_Lemoine-1536x932.jpg 1536w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Chaikhana_Rohat_Douchanbe_Mathieu_Lemoine.jpg 1602w" sizes="auto, (max-width: 757px) 100vw, 757px" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Tchaïkhana Rohat, Douchanbé (© Mathieu Lemoine)</em></p>
<p style="text-align: justify;">À Boukhara, la protection des monuments les plus célèbres peut masquer la fragilité des quartiers habités qui les entourent. Entre restauration, reconstruction et transformation touristique, la frontière est parfois mince. Sauver les coupoles et les médersas ne suffit pas si la ville perd ses habitants, ses cours et ses usages ordinaires.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Du vestige encombrant au patrimoine</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis quelques années, le regard porté sur le modernisme centrasiatique évolue. À Tachkent, chercheurs, photographes, architectes et institutions documentent les bâtiments, les mosaïques et les arts décoratifs de la seconde moitié du XXe siècle. Un ensemble d’édifices modernistes a été inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’Unesco. Cette reconnaissance marque un changement important : l’héritage soviétique peut désormais être présenté comme un patrimoine national, précisément parce qu’il a été adapté, décoré et réinterprété localement.</p>
<p style="text-align: justify;">Les mosaïques en offrent l’exemple le plus accessible. Longtemps vues comme de simples éléments de façade, elles apparaissent désormais comme des œuvres publiques racontant le travail, la science ou les traditions régionales. Les conserver ne revient pas à adhérer au projet politique qui les a produites, mais à reconnaître que l’histoire urbaine ne commence pas avec l’indépendance.</p>
<p style="text-align: justify;">Bichkek conserve une présence soviétique particulièrement visible : places ouvertes, boulevards arborés, microquartiers, reliefs et mosaïques. La densification et le manque d’entretien fragilisent cet ensemble. Mais la capitale kirghize rappelle qu’une ville peut transformer la signification de ses bâtiments sans nécessairement les remplacer.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-19903 alignleft" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Bishkek_Circus_Mathieu_Lemoine-300x206.jpg" alt="Le cirque de Bichkek (© Mathieu Lemoine)" width="757" height="520" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Bishkek_Circus_Mathieu_Lemoine-300x206.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Bishkek_Circus_Mathieu_Lemoine-1024x703.jpg 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Bishkek_Circus_Mathieu_Lemoine-768x527.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Bishkek_Circus_Mathieu_Lemoine-1536x1055.jpg 1536w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Bishkek_Circus_Mathieu_Lemoine.jpg 1809w" sizes="auto, (max-width: 757px) 100vw, 757px" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le cirque de Bichkek (© Mathieu Lemoine)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une bataille aussi écologique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La question patrimoniale rejoint désormais celle du climat. Les villes d’Asie centrale connaissent une urbanisation rapide, des chaleurs plus intenses, une forte pollution atmosphérique et une pression croissante sur l’eau et l’énergie. Dans ce contexte, détruire un quartier bas, mature et arboré pour construire un ensemble plus minéral n’est jamais une décision uniquement esthétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Tachkent doit une partie de son identité à ses canaux, à ses cours et à ses arbres. Les grands ensembles soviétiques eux-mêmes étaient souvent conçus avec des espaces libres, de l’ombre et une circulation de l’air. Tous ne constituent pas des modèles à préserver intégralement : certains sont énergivores, dégradés ou mal adaptés aux besoins actuels. Mais leur remplacement devrait intégrer leur performance climatique réelle, et non seulement leur rentabilité ou leur apparence.</p>
<p style="text-align: justify;">Les recherches menées à Tachkent montrent notamment que les grands arbres et l’étendue de leur canopée jouent un rôle bien plus important dans le rafraîchissement des espaces publics que les pelouses décoratives ou les plantations basses. La modernité urbaine ne peut donc plus se mesurer uniquement à la hauteur des tours, à la largeur des avenues ou à l’éclat des façades neuves. Elle se mesure aussi à la possibilité de marcher, de respirer et de vivre dehors pendant les mois les plus chauds.</p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-19904 alignleft" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Old_Bukhara_Mahalla_Mathieu_Lemoine-300x225.jpg" alt="Mahalla, Boukhara (© Mathieu Lemoine)" width="756" height="567" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Old_Bukhara_Mahalla_Mathieu_Lemoine-300x225.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Old_Bukhara_Mahalla_Mathieu_Lemoine-1024x768.jpg 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Old_Bukhara_Mahalla_Mathieu_Lemoine-768x576.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Old_Bukhara_Mahalla_Mathieu_Lemoine-1536x1152.jpg 1536w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/07/26-07-27-Old_Bukhara_Mahalla_Mathieu_Lemoine.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 756px) 100vw, 756px" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Mahalla dans le vieux Boukhara (© Mathieu Lemoine)</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ni musée soviétique, ni ville sans mémoire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les capitales centrasiatiques ne sont pas engagées dans un effacement uniforme de l’URSS. Elles sélectionnent des héritages, en réhabilitent certains et en sacrifient d’autres. Les critères se mêlent : récit national, prestige politique, développement immobilier, tourisme, état des bâtiments, mobilisation des habitants et, de plus en plus, contraintes environnementales.</p>
<p style="text-align: justify;">Le débat ne consiste donc pas à choisir entre la conservation intégrale de la ville soviétique et une modernisation sans limites. Il porte sur la capacité à reconnaître plusieurs couches d’histoire dans un même paysage. Une mosaïque, une tchaïkhana, un cinéma ou une mahalla peuvent survivre sans devenir des sanctuaires. Ces lieux et ces œuvres peuvent être restaurés, réaffectés et intégrés à une ville contemporaine.</p>
<p style="text-align: justify;">À Tachkent comme à Douchanbé, la vraie bataille n’oppose pas le passé à l’avenir. Elle oppose une ville conçue comme une succession de vitrines à une ville capable d’accumuler les époques. Or, lorsqu’une couche disparaît entièrement, ce ne sont pas seulement des murs qui s’effacent : ce sont aussi des usages, des souvenirs et parfois des solutions urbaines dont les cités de demain pourraient encore avoir besoin.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p><strong>Sources principales :</strong></p>
<p>« <a href="https://whc.unesco.org/en/tentativelists/6708/"><em>Tashkent Modernist Architecture. Modernity and Tradition in Central Asia</em></a> », liste indicative du patrimoine mondial de l’Unesco.</p>
<p>Oliver Wainwright, « <a href="https://www.theguardian.com/artanddesign/2025/apr/28/cosmic-metros-ufo-circus-tops-mesmerising-architecture-tashkent"><em>Cosmic Metros, UFO Circus Tops and a 3,000° Sun Gun</em></a> », <em>The Guardian</em>, 28 avril 2025.</p>
<p>« <a href="https://meduza.io/en/feature/2025/04/07/farewell-to-the-rohat"><em>Dushanbe Demolishes Iconic Rohat Teahouse</em></a> », <em>Meduza</em>, 7 avril 2025.</p>
<p>Banque mondiale, <a href="https://openknowledge.worldbank.org/entities/publication/f6568521-d5e8-5c08-b9eb-3c51313311b9"><em>Resilient Tashkent</em></a>, 2022.</p>
<p>Banque mondiale, <a href="https://thedocs.worldbank.org/en/doc/09a6e5c1e53c4d9be5739c02266cb4ba-0080012023/original/Fact-Sheet-CARL-Cities-2023-en.pdf"><em>Central Asia Resilient and Low-Carbon Cities</em></a>, 2023.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Vignette</strong> : Bazar Chorsu, Tachkent (© Mathieu Lemoine)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Mathieu Lemoine a travaillé plusieurs années en Asie centrale pour l’OSCE, l’USAID et le PNUD. Il est président de Novastan France.</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Mathieu LEMOINE (2026), « Effacer l’URSS ? La bataille de la mémoire urbaine en Asie centrale », <em>Regard sur l'Est</em>, 20 juillet.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.21475048"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.21475048.svg" alt="10.5281/zenodo.21475048" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.21475048']" /></a></p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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