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	<title>Type à lister Archives - REGARD SUR L&#039;EST</title>
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	<lastBuildDate>Thu, 22 Oct 2026 16:39:26 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Ukraine : au cœur du basculement énergétique européen</title>
		<link>https://regard-est.com/ukraine-au-coeur-du-basculement-energetique-europeen</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2026 00:43:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-20153"  class="panel-layout" ><div id="pg-20153-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20153-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20153-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>En frappant les centrales, les postes électriques et les installations gazières, la Russie ne cherche pas seulement à plonger l’Ukraine dans le noir. Elle transforme l’énergie en arme, multiplie les dommages environnementaux et pousse l’Union européenne à rompre avec le gaz russe. Derrière l’urgence se dessine déjà un choix<em> </em>: reconstruire le système d’hier ou inventer une architecture plus locale, plus robuste et plus verte.</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-20153-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20153-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20153-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-20154" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-19-UKR-Energie-Estefania-alex-fedorenko-300x200.jpg" alt="Char russe détruit au milieu de la forêt, région de Kyïv (photo libre de droit, Alex Fedorenko Unsplash)." width="300" height="200" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-19-UKR-Energie-Estefania-alex-fedorenko-300x200.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-19-UKR-Energie-Estefania-alex-fedorenko-1024x683.jpg 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-19-UKR-Energie-Estefania-alex-fedorenko-768x512.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-19-UKR-Energie-Estefania-alex-fedorenko-1536x1024.jpg 1536w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-19-UKR-Energie-Estefania-alex-fedorenko-272x182.jpg 272w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-19-UKR-Energie-Estefania-alex-fedorenko.jpg 1920w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" />Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022, le système énergétique ukrainien n’est plus un simple dommage collatéral. Dès l’automne suivant, les frappes de missiles et de drones contre les centrales, les postes de transformation, les réseaux de chaleur et les dépôts de carburant sont devenus une campagne récurrente. Les objectifs sont militaires, économiques et psychologiques : affaiblir l’industrie, compliquer la logistique et rendre la vie quotidienne intenable, surtout en hiver.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Plonger un pays dans le noir</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La vulnérabilité est à la mesure du système hérité de l’époque soviétique : puissant, centralisé et interdépendant. Avant l’invasion à grande échelle, l’Ukraine disposait d’environ 38 gigawatts de capacité de production. Selon <a href="https://www.iea.org/reports/ukraines-energy-security/a-pre-winter-assessment">l’Agence internationale de l’énergie</a>, 19 GW ont été occupés, détruits ou endommagés au cours de la première année de conflit. Après la vague d’attaques du printemps 2024, il n’en restait plus que 12. Des réparations ont permis de récupérer plusieurs gigawatts, mais chaque remise en service demeure exposée à une nouvelle frappe. Les trois centrales nucléaires encore exploitées dans les zones contrôlées par Kyïv assurent à elles seules environ la moitié de la capacité de production disponible : elles stabilisent le réseau tout en concentrant une part essentielle de sa sécurité.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://enlargement.ec.europa.eu/news/updated-ukraine-recovery-and-reconstruction-needs-assessment-released-2026-02-23_en">L’évaluation conjointe publiée en février 2026</a> par la Banque mondiale, l’Union européenne, les Nations unies et le gouvernement ukrainien mesure l’aggravation : les dommages subis par les actifs énergétiques ont encore progressé d’environ 21 % en 2025. La production, le transport d’électricité, la distribution, le chauffage urbain et les infrastructures gazières sont touchés simultanément. Réparer ne signifie donc plus revenir à la situation antérieure, mais maintenir un système en mouvement sous le feu.</p>
<p style="text-align: justify;">Une décision prise dans l’urgence a évité un isolement total. Le 16 mars 2022, trois semaines après l’invasion, <a href="https://www.entsoe.eu/news/2022/03/16/continental-europe-successful-synchronisation-with-ukraine-and-moldova-power-systems/">les réseaux électriques ukrainien et moldave ont été synchronisés</a> avec celui de l’Europe continentale. Cette connexion permet d’importer en cas de pénurie et d’exporter lorsque la production le permet. <a href="https://www.iea.org/reports/ukraines-energy-security/a-pre-winter-assessment">En 2024, l’Ukraine a acheté un volume record de 4 436 GWh</a> à ses voisins. Le câble est ainsi devenu à la fois une ligne de survie et un nouvel ancrage géopolitique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La vie au rythme des coupures</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une panne nationale ne se résume pas seulement à l’absence de lumière. Sans électricité, les pompes à eau s’arrêtent, les réseaux mobiles faiblissent, les ascenseurs se figent, les commerces perdent leurs stocks réfrigérés et les hôpitaux basculent sur leurs groupes électrogènes. Quand le chauffage urbain et le gaz sont également visés, la coupure devient une menace directe pour la santé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 23 janvier 2026, après de nouvelles frappes et à des températures descendant jusqu’à –20°C, <a href="https://civil-protection-humanitarian-aid.ec.europa.eu/news-stories/news/eu-deploys-emergency-generators-russian-strikes-leave-1-million-ukrainians-without-power-20degc-2026-01-23_en">plus d’un million d’Ukrainiens</a> se sont retrouvés sans électricité, sans eau ni chauffage. La Commission européenne a alors envoyé 447 générateurs d’urgence ; près de 10 000 avaient déjà été livrés depuis 2022. Ces équipements assurent des services essentiels, mais ils illustrent aussi une résilience précaire, dépendante du diesel, des pièces détachées et d’une logistique internationale permanente.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour les habitants, la guerre énergétique impose une discipline invisible : recharger les appareils dès que le courant revient, stocker de l’eau, déplacer le travail ou les repas au rythme des délestages, trouver un lieu de refuge chauffé et connecté. Les effets sont inégaux. Les personnes âgées, malades ou handicapées, les familles modestes et les communes proches du front disposent de moins de solutions de secours. La destruction d’une sous-station située à des centaines de kilomètres peut ainsi interrompre un traitement, un cours à distance ou l’approvisionnement d’un village.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise sociale se double enfin d’une pollution diffuse. L’incendie d’un dépôt de carburant ou d’une installation industrielle libère des fumées toxiques ; la rupture des réseaux d’assainissement contamine les eaux ; le recours massif aux groupes électrogènes déplace les émissions au cœur des quartiers. En temps de guerre, la frontière entre l’urgence humanitaire et le dommage environnemental s’efface.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des mégawatts perdus, des territoires contaminés</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les traces les plus durables ne sont pas toujours les plus visibles. Les explosions et les munitions dispersent du plomb, du mercure, de l’arsenic et d’autres substances susceptibles d’atteindre les sols, les nappes et, à terme, la chaîne alimentaire. <a href="https://joint-research-centre.ec.europa.eu/jrc-news-and-updates/war-worsens-climate-and-environmental-challenges-ukraine-2025-04-11_en">Le Centre commun de recherche de la Commission européenne</a> rappelle que l’agriculture représentait encore 11 % du PIB ukrainien et 60 % de ses exportations en 2023. La contamination s’ajoute à l’érosion et à la dégradation de terres parmi les plus fertiles d’Europe.</p>
<p style="text-align: justify;">Les forêts constituent un autre front. En 2024, les satellites ont recensé <a href="https://joint-research-centre.ec.europa.eu/jrc-news-and-updates/ukraine-hit-record-breaking-wildfires-2024-2025-03-25_en">965 000 hectares brûlés en Ukraine</a>, soit plus du double de la surface incendiée dans toute l’Union européenne au cours de la même année. La carte des principaux feux épouse largement la ligne de front. Les tirs favorisent les départs d’incendie ; les mines, les munitions non explosées et les combats empêchent les pompiers d’intervenir et compliquent ensuite la restauration des écosystèmes.</p>
<p style="text-align: justify;">La rupture du barrage de Kakhovka, le 6 juin 2023, a donné une dimension régionale à cette vulnérabilité. L’inondation de l’aval, l’assèchement du réservoir et la mobilisation de sédiments pollués ont affecté l’eau potable, l’irrigation, les habitats du Dniepr et ceux de la mer Noire. <a href="https://www.unep.org/resources/report/rapid-environmental-assessment-kakhovka-dam-breach-ukraine-2023">Le Programme des Nations unies pour l’environnement</a> estime qu’une partie des dommages est irréversible et que leurs effets sur les écosystèmes et la santé humaine pourraient durer des décennies.</p>
<p style="text-align: justify;">L’étendue exacte du passif demeure pourtant difficile à établir. Les zones occupées, minées ou proches des combats échappent souvent aux prélèvements de terrain ; les stations de mesure elles-mêmes peuvent être détruites. Reconstruire exige donc aussi de restaurer les réseaux de surveillance de l’air, de l’eau, des sols et du littoral. Sans données comparables et publiques, les pollutions risquent de devenir les dettes invisibles de l’après-guerre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sortir du gaz russe, reconstruire autrement</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette guerre énergétique a provoqué un basculement européen que des années de débats n’avaient pas obtenu. <a href="https://www.iea.org/reports/world-energy-outlook-2023">Entre 2018 et 2021, la Russie couvrait en moyenne plus de 40 % de la demande gazière de l’Union</a>. En 2025, sa part était tombée à environ 13 % des importations mais représentait encore plus de 15 milliards d’euros. En janvier 2026, <a href="https://www.consilium.europa.eu/en/press/press-releases/2026/01/26/russian-gas-imports-council-gives-final-greenlight-to-a-stepwise-ban/">les Vingt-Sept ont définitivement adopté l’interdiction progressive du gaz russe</a> : elle doit devenir complète courant 2027 pour le gaz naturel liquéfié comme pour le gaz acheminé par gazoduc.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette rupture réduit un levier politique majeur de Moscou. Elle ne constitue pas, à elle seule, une transition écologique. Remplacer les gazoducs russes par du gaz naturel liquéfié provenant d’autres régions diversifie les fournisseurs, mais maintient une dépendance aux combustibles fossiles, des infrastructures coûteuses et crée de nouvelles vulnérabilités. Sécurité énergétique et décarbonation ne convergent que si la baisse des importations s’accompagne d’efficacité, d’électrification, de renouvelables et de sobriété.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Ukraine concentre ce dilemme. Reconstruire de grandes centrales centralisées permettrait de rétablir rapidement des volumes importants, mais recréerait des cibles faciles à identifier. <a href="https://www.iea.org/reports/empowering-ukraine-through-a-decentralised-electricity-system">L’Agence internationale de l’énergie recommande de combiner ces équipements avec des ressources distribuées</a> : solaire, éolien, batteries, cogénération locale et petits moyens pilotables. Un réseau composé de nombreuses unités est plus difficile à paralyser d’un seul coup ; il peut aussi rapprocher la production des hôpitaux, entreprises et municipalités qui en dépendent.</p>
<p style="text-align: justify;">Lors de <a href="https://enlargement.ec.europa.eu/news/eu-steps-support-ukraines-defence-recovery-and-reconstruction-ukraine-recovery-conference-2026-2026-06-25_en">la conférence sur la reconstruction de Gdańsk, en juin 2026</a>, la Commission européenne a annoncé 100 millions d’euros de garanties destinées à stabiliser le système ukrainien, à restaurer les capacités renouvelables et à améliorer l’efficacité énergétique. L’enjeu dépasse cependant le financement. Il faudra arbitrer entre urgence et planification, centrales et micro-réseaux, protection physique et ouverture des données, coûts immédiats et pollution future.</p>
<p style="text-align: justify;">La guerre n’a pas fait de la transition verte un « bénéfice collatéral » : elle a révélé le prix humain et stratégique de la dépendance. Elle a aussi montré que l’énergie n’est pas un secteur parmi d’autres, mais bien l’infrastructure qui permet à toutes les autres de fonctionner. En Ukraine comme dans l’Union européenne, la souveraineté énergétique se mesurera désormais moins au volume de combustible stocké qu’à la capacité des réseaux à résister, à se réparer et à se transformer sans sacrifier les territoires qu’ils doivent protéger.</p>
<p><strong>Vignette :</strong> Char russe détruit au milieu de la forêt, région de Kyïv (photo libre de droit, Alex Fedorenko Unsplash).</p>
<p>* Estefania Granda Orozco est diplômée du Master en management durable et Impact social de l’ESSCA School of Management à Paris.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Estefania Granda Orozco (2026), « Ukraine : au cœur du basculement énergétique européen », <em>Regard sur l'Est</em>, 19 octobre.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.23571217"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.23571217.svg" alt="10.5281/zenodo.23571217" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.23571217']" /></a></p>
<p><a href="#h1"><img decoding="async" class="alignnone wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="(max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
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		<title>Les dossiers parus dans Regard sur l&#8217;Est depuis 1996</title>
		<link>https://regard-est.com/les-dossiers-parus-dans-regard-sur-lest-depuis-1996</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Oct 2026 18:10:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossier]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>#77 – Naître à l’Est (10/2024) #76 – L’Asie centrale, des équilibres en devenir (09/2024) #75 Des ponts à l’Est : Liens, blessures et symboles (04/2020) [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/les-dossiers-parus-dans-regard-sur-lest-depuis-1996">Read More</a></span></p>
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<p><a href="https://regard-est.com/dossier-76-lasie-centrale-des-equilibres-en-devenir">#76 – L’Asie centrale, des équilibres en devenir (09/2024)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/des-ponts-a-lest-liens-blessures-et-symboles">#75 Des ponts à l’Est : Liens, blessures et symboles (04/2020)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-74-pologne-que-veux-tu">#74 Pologne. Que veux-tu ? (06/2018)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-73-a-lest-des-terres-dexils">#73 À l’Est, des terres d’exils (10/2017</a><a href="http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1682">)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-72-a-lest-des-territoires-aux-statuts-incertains">#72 À l’Est, des territoires aux statuts incertains (09/2016)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-71-la-roumanie-de-klaus-iohannis">#71 La Roumanie de Klaus Iohannis (02/2016)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-70-manger-a-lest-au-dela-du-plaisir">#70 Manger à l'Est: Au-delà du plaisir (11/2015)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-69-le-sexe-a-lest">#69 Le sexe à l’Est (04/2015)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-68-des-lieux-hors-du-monde-les-iles-a-lest">#68 Des lieux hors du monde: les îles à l’Est (12/2014)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-67-portrait-du-belarus">#67 Portrait du Bélarus (06/2014)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-66-sports-a-lest">#66 Sports à l'Est (02/2014)</a></p>
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<p><a href="http://regard-est.com/dossier-63-la-foret-a-lest">#63 La forêt à l’Est (04/2013)</a></p>
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<p><a href="http://regard-est.com/dossier-61-projets-durbanisme-a-lest">#61 Projets d’urbanisme à l’Est (07/2012)</a></p>
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<p><a href="http://regard-est.com/dossier-59-citoyennete-et-nationalite-a-lest">#59 Citoyenneté et Nationalité à l'Est (12/2011)</a></p>
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<p><a href="http://regard-est.com/dossier-57-regards-de-lest-sur-lunion-europeenne">#57 Regards de l’Est sur l’Union européenne (04/2011)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-56-la-russie-et-son-etranger-proche">#56 La Russie et son ‘étranger proche’ (12/2010)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-55-strategies-et-rivalites-en-mer-caspienne">#55 Stratégies et rivalités en mer Caspienne (09/2010)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-54-portrait-du-nord-de-la-russie-europeenne">#54 Portrait du Nord de la Russie européenne (04/2010)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-53-femmes-a-lest">#53 Femmes à l'Est (01/2010)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-52-dependance-energetique-vis-a-vis-de-la-russie">#52 Dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie (10/2009)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-51-politiques-et-pratiques-linguistiques">#51 Politiques et pratiques linguistiques (03/2009)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-50-ecologie-a-lest">#50 Ecologie à l'Est (01/2009)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-49-boissons-a-lest">#49 Boissons à l'Est (07/2008)</a></p>
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<p><a href="http://regard-est.com/dossier-46-les-turcs-deurope">#46 Les Turcs d'Europe (06/2007)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-45-intelligence-economique-quel-enjeu-a-lest">#45 Intelligence économique, quel enjeu à l'Est (01/2007)</a></p>
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<p><a href="http://regard-est.com/dossier-43-le-tourisme-a-lest">#43 Le tourisme à l'Est (07/2006)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-42-lelectricite-apres-tchernobyl-le-grand-marche-europeen-sorganise">#42 L'électricité après Tchernobyl, le marché s'organise (04/2006)</a></p>
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<p><a href="http://regard-est.com/dossier-37-securite-dans-la-nouvelle-europe-a-25">#37 Sécurité dans la nouvelle Europe à 25 (07/2004)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-36-capitales-de-lest-sous-les-feux-des-lumieres">#36 "Capitales de l'Est, sous le feu des lumières ! (04/2004)"</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-35-les-reseaux-culturels-est-ouest">#35 Réseaux culturels Est-Ouest (01/2004)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-34-musulmans-des-balkans-musulmans-deurope">#34 Musulmans des Balkans, Musulmans d'Europe (09/2003)</a></p>
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<p><a href="http://regard-est.com/dossier-32-froid">#32 Froid (01/2003)</a></p>
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<p><a href="http://regard-est.com/dossier-25-marches-alimentaires">#25 Marchés alimentaires (03/2001)</a></p>
<p><a href="http://regard-est.com/dossier-24-nouvel-espace-nouvelles-menaces">#24 Nouvel espace, nouvelles menaces ? (01/2001)</a></p>
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#12 La Macédoine à l'épreuve (11/1998)<br />
#11 Quel horizon pour la Biélorussie ? (09/1998)<br />
#10 Kosovo : rencontre avec l'UCK (07/1998)<br />
#09 Kosovo : un drame attendu (05/1998)<br />
#08 Le séparatisme criméen (03/1998)<br />
#07 L'après-guerre en Croatie (01/1998)<br />
#06 Quelle paix en Bosnie ? (09/1997)<br />
#05 La Lettonie et le réveil balte (05/1997)<br />
#04 La renaissance tchèque (03/1997)<br />
#03 Roumanie : l'enjeu des élections (01/1997)<br />
#02 La Bulgarie, vers une transition difficile (09/1996)<br />
#01 Pologne: perspectives d'adhésion à l'UE (05/1996)</p>
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		<title>Ljubljana, capitale du zéro déchet à l’épreuve de l’incinérateur</title>
		<link>https://regard-est.com/ljubljana-capitale-du-zero-dechet-a-lepreuve-de-lincinerateur</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2026 00:19:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Première capitale de l’Union européenne à rejoindre, en 2014, le réseau Zero Waste, Ljubljana a transformé la manière dont ses habitants trient et paient leurs déchets. [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/ljubljana-capitale-du-zero-dechet-a-lepreuve-de-lincinerateur">Read More</a></span></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-20133"  class="panel-layout" ><div id="pg-20133-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20133-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20133-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>Première capitale de l’Union européenne à rejoindre<em>, en 2014,</em> le réseau Zero Waste, Ljubljana a transformé la manière dont ses habitants trient et paient leurs déchets. La collecte en porte-à-porte, la tarification au volume, la régie publique et le centre de traitement ultramoderne ont fait de la ville une référence. Douze ans plus tard, les progrès ralentissent et un projet d’incinérateur vient mettre cette réussite à l’épreuve</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-20133-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20133-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20133-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-20134" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-12-Zero-Waste-in-Ljubljana-300x196.jpg" alt="Zero waste in Ljubljana (© 2026 Ljubljana Tourism)." width="300" height="196" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-12-Zero-Waste-in-Ljubljana-300x196.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-12-Zero-Waste-in-Ljubljana-1024x668.jpg 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-12-Zero-Waste-in-Ljubljana-768x501.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-12-Zero-Waste-in-Ljubljana-1536x1002.jpg 1536w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/10/26-10-12-Zero-Waste-in-Ljubljana.jpg 1594w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />Au début des années 2000, Ljubljana envoyait encore l’essentiel de ses ordures à la décharge. La capitale slovène ne disposait ni d’une culture du tri bien établie ni d’une avance technologique particulière. C’est précisément ce qui rend sa trajectoire remarquable. <a href="https://ebrdgreencities.com/policy-tool/zero-waste-strategy-ljubljana-slovenia/">La collecte séparée commence en 2002</a>, avant même que la législation nationale ne l’impose, puis les biodéchets sont progressivement collectés au pied des habitations. En 2012, la municipalité accélère : nouveaux bacs, collecte en porte-à-porte et tarification incitative. Deux ans plus tard, elle adopte un plan d’action en vigueur jusqu’en 2035 et devient la <a href="https://www.ljubljana.si/sl/aktualno/novice/mednarodni-dan-brez-odpadkov">première capitale de l’Union européenne à intégrer le réseau Zero Waste</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De la décharge au zéro déchet</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette continuité compte autant que les équipements. La politique est décidée par la ville et mise en œuvre par VOKA SNAGA, <a href="https://www.vokasnaga.si/en/waste-management-services">entreprise publique chargée de la collecte et du traitement</a>. Entre les objectifs politiques et le service quotidien, les responsabilités sont clairement définies. La municipalité peut modifier les tournées, la taille des bacs ou les campagnes d’information sans renégocier une mosaïque de contrats privés. Le zéro déchet n’est donc pas conçu comme une opération ponctuelle mais comme un service public appelé à transformer durablement les habitudes.</p>
<p style="text-align: justify;">La stratégie reprend <a href="https://environment.ec.europa.eu/topics/waste-and-recycling/waste-framework-directive_en">la hiérarchie européenne</a> : éviter d’abord la production de déchets, puis réutiliser, recycler et composter ; ne réserver l’enfouissement ou la valorisation énergétique qu’à ce qui ne peut plus être récupéré. « Zéro » ne signifie pas la disparition immédiate de toute poubelle. Il désigne une direction et oblige la ville à mesurer ce qui reste dans le bac noir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La poubelle noire comme levier</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ljubljana n’a pas demandé aux habitants de devenir écologistes par la seule force des affiches. Elle a modifié l’environnement matériel dans lequel ils jettent. Papier, emballages et biodéchets sont collectés au plus près des logements ; dans le centre historique, <a href="https://www.vokasnaga.si/en/separating-and-collecting-waste/underground-collection-units">des conteneurs enterrés accessibles par carte</a> remplacent les alignements de bacs. La fréquence de ramassage des ordures résiduelles a, elle, été réduite, parfois <a href="https://www.vokasnaga.si/en/waste-removal-mixed-wasteresidual-waste/">jusqu’à un passage toutes les trois semaines</a> dans les zones peu denses. Au final, trier devient plus simple que ne pas trier.</p>
<p style="text-align: justify;">La facture renforce ce signal. <a href="https://www.vokasnaga.si/odpadki/ceniki">Le coût dépend notamment du volume des bacs et de leur fréquence de vidage</a>, tandis que le papier, le verre et les emballages séparés ne donnent pas lieu à une facturation spécifique. Plus le bac noir est petit et rarement présenté, plus le ménage est incité à détourner les matières recyclables. Dans les immeubles, où les conteneurs sont partagés, le mécanisme est moins individualisé ; il repose davantage sur les règles communes et la pression du collectif. La ville a accompagné le dispositif par des explications sur les calendriers, les consignes et le calcul des tarifs. Les premières résistances à la diminution des tournées n’ont pas été niées : la municipalité a maintenu le cap tout en adaptant le service en fonction de la densité des quartiers.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis 2016, <a href="https://www.vokasnaga.si/en/regional%20waste%20management%20centre">le centre régional RCERO</a> complète ce système. Il traite les biodéchets et les ordures mélangées de <a href="https://www.ljubljana.si/sl/aktualno/novice/mednarodni-dan-brez-odpadkov">près de 60 communes, soit environ 890 000 habitants</a>. Le compostage et la méthanisation produisent du compost, du biogaz, de la chaleur et de l’électricité. Selon l’opérateur, le traitement mécanique et biologique permet de récupérer, sous forme de matériaux ou de combustible, <a href="https://www.vokasnaga.si/en/waste-management-services/separating-waste/residual-waste/">jusqu’à 95 % du contenu résiduel reçu, et d’en enfouir moins de 3 %</a>. Ce résultat ne remplace pas le tri à la source, mais réduit fortement la mise en décharge.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un champion encore loin du « zéro »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les résultats sont spectaculaires. En 2014, Ljubljana <a href="https://zerowasteeurope.eu/library/the-story-of-ljubljana/">collectait déjà séparément 61 % de ses déchets municipaux</a> ; le taux atteignait <a href="https://www.visitljubljana.com/en/visitors/sustainable-tourism-in-ljubljana/responsible-waste-management">69,9 % en 2023</a>. À l’échelle de l’Union européenne, <a href="https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20260330-1">48 % des déchets municipaux étaient effectivement recyclés en 2024</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">La comparaison doit toutefois rester prudente : la collecte séparée et le recyclage final ne mesurent pas exactement la même chose. Elle situe néanmoins la capitale slovène parmi les villes les plus avancées. Le volume d’ordures résiduelles par habitant a, lui aussi, fortement diminué au cours des années 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le rythme s’est tassé. Au printemps 2025, la ville communiquait toujours sur un taux arrondi à 70 %, alors que <a href="https://zerowastecities.eu/wp-content/uploads/2019/09/zero_waste_europe_CS5_the_story_of_Ljubljana_en.pdf">son plan visait 75 à 78 % en 2025, puis 80 % en 2035</a>. L’autre faiblesse concerne la prévention. Le plan fixait, pour 2025, un plafond de 280 kilogrammes de déchets municipaux par habitant et de 60 kilogrammes de déchets résiduels. Or, la municipalité indique désormais qu’<a href="https://www.ljubljana.si/assets/MOL_TEO-Zlozenka_V12-WEB_popravljen-SURS_april2026-v2.pdf">environ 370 kilogrammes de déchets municipaux sont encore collectés par personne et par an</a>. La ville trie beaucoup mieux qu’hier, mais elle jette encore trop de déchets par rapport à ses objectifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce décalage rappelle une limite fréquente des politiques de gestion des déchets. Les bacs colorés, les centres de tri et les taux de collecte sont visibles et faciles à comptabiliser. La réduction à la source suppose d’agir plus en amont : produits réparables, réemploi, consigne, lutte contre le gaspillage, achats publics et pratiques des commerces. En 2025, <a href="https://rralur.si/wp-content/uploads/2025/05/Ljubljana-Urban-Region-Situational-Analysis-CLEAR_CITIES.pdf">une analyse de la région urbaine de Ljubljana</a> reconnaissait d’ailleurs que la quantité totale de déchets municipaux augmentait et appelait à renforcer la prévention, la réparation et le réemploi. Le succès du tri a réglé une partie du problème mais pas celui de la consommation de ressources.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’incinérateur, test de vérité</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans ce contexte que Ljubljana prépare TEO, une unité de valorisation énergétique. Le projet pourrait permettre de brûler <a href="https://www.ljubljana.si/assets/MOL_TEO-Zlozenka_V12-WEB_popravljen-SURS_april2026-v2.pdf">130 000 tonnes par an</a> de fractions combustibles issues des déchets municipaux de l’ouest de la Slovénie et fournir chaleur et électricité à <a href="https://www.ljubljana.si/assets/MOL_TEO-Zlozenka_V12-WEB_popravljen-SURS_april2026-v2.pdf">plus de 20 000 foyers</a>. La ville évalue l’investissement à <a href="https://www.ljubljana.si/assets/MOL_TEO-Zlozenka_V12-WEB_popravljen-SURS_april2026-v2.pdf">environ 200 millions d’euros</a> et présente l’équipement comme un moyen de cesser d’exporter ces résidus vers des incinérateurs étrangers, de sécuriser le chauffage urbain et d’accélérer la sortie du charbon. Energetika Ljubljana et VOKA SNAGA <a href="https://www.ljubljana.si/sl/aktualno/novice/nalijmo-si-cistega-vina-o-odpadkih">ont déposé leur candidature à la concession nationale en février 2026</a> ; le choix du site et les procédures environnementales restent à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour la municipalité, l’incinérateur ne recevrait que ce qui ne peut plus être recyclé. Ses opposants redoutent au contraire un verrouillage sur plusieurs décennies : une installation dimensionnée pour 130 000 tonnes doit être alimentée, alors que la logique zéro déchet commande de réduire ce flux. Le réseau slovène Zero Waste a placé Ljubljana sous <a href="https://ebm.si/zw/obcine/">« carton jaune »</a> en raison de la nature de ce projet et de retards dans la publication de ses résultats. <a href="https://planbzaslovenijo.si/stroka-opozarja-430-milijonska-sezigalnica-v-ljubljani-bo-zdravstveni-okoljski-in-financni-polom/">Des associations et des professionnels de santé</a> demandent également que les coûts, les émissions et les solutions alternatives soient discutés publiquement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dilemme ne se résume pas à opposer une ville vertueuse à une technologie polluante. Les résidus combustibles existent déjà et leur exportation ne fait que déplacer l’incinération. Mais la capacité choisie engage les politiques futures : plus elle est importante, plus la prévention et le recyclage risquent d’entrer en concurrence avec le besoin de combustible. Après avoir montré que les gestes changent lorsque les règles, les tarifs et les services vont dans le même sens, Ljubljana doit désormais prouver que ses infrastructures resteront subordonnées à la réduction des déchets.</p>
<p style="text-align: justify;">L’expérience de la Slovénie demeure donc précieuse mais elle n’est pas une recette à copier mécaniquement. Elle suppose une régie publique capable d’investir, une direction politique stable, un service jugé fiable et une population qui comprend les règles. La principale leçon de l’expérience de Ljubljana n’est finalement ni le bac enterré ni le centre RCERO : c’est plutôt la cohérence entre les institutions et la vie quotidienne. Le projet TEO dira si cette cohérence peut survivre au passage du tri des déchets à leur véritable prévention.</p>
<p><strong>Vignette :</strong> Zero waste in Ljubljana (© 2026 Ljubljana Tourism).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Hai Minh Do est diplômée du master de Management durable et Impact social de l’ESSCA School of Management de Paris.</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Hai Minh Do (2026), « Ljubljana, capitale du zéro déchet à l’épreuve de l’incinérateur », <em>Regard sur l'Est</em>, 12 octobre.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.23455826"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.23455826.svg" alt="10.5281/zenodo.23455826" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.23455826']" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
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		<title>Mer Noire : mesurer la catastrophe sous les bombes</title>
		<link>https://regard-est.com/mer-noire-mesurer-la-catastrophe-sous-les-bombes</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 00:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mines dérivantes, hydrocarbures, résidus d’explosifs, bruit sous-marin : depuis 2022, la guerre ajoute ses propres poisons à ceux d’une mer déjà fragile. Mais elle détruit aussi les [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/mer-noire-mesurer-la-catastrophe-sous-les-bombes">Read More</a></span></p>
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>Mines dérivantes, hydrocarbures, résidus d’explosifs, bruit sous-marin<em> </em>: depuis<em> </em>2022, la guerre ajoute ses propres poisons à ceux d’une mer déjà fragile. Mais elle détruit aussi les navires, les stations et les coopérations qui permettraient d’en établir le bilan. En mer Noire, l’urgence écologique commence donc par une bataille pour les données.</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-20075-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20075-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20075-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-20076" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-10-04-Environnement-mer-Noire-281x300.jpg" alt="Image satellitaire de la mer Noire" width="281" height="300" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-10-04-Environnement-mer-Noire-281x300.jpg 281w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-10-04-Environnement-mer-Noire.jpg 482w" sizes="auto, (max-width: 281px) 100vw, 281px" />Presque fermée et reliée à la Méditerranée par les détroits turcs, la mer Noire reçoit les eaux d’un vaste bassin versant, du Danube au Don. Sa forte stratification prive d’oxygène <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/mar/26/a-toxic-punch-fears-russia-war-black-sea-dolphins">environ quatre cinquièmes de son volume</a> : la vie marine se concentre donc dans une couche superficielle très exposée aux pollutions, au réchauffement et aux espèces invasives.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avant la guerre à grande échelle, une renaissance inachevée</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Avant les combats, l’écosystème avait déjà frôlé l’effondrement. Dans les années 1970 et 1980, engrais, eaux usées, rejets industriels, surpêche et organismes invasifs avaient alimenté l’eutrophisation et l’emprise des « zones mortes ». La baisse de l’apport de nutriments après 1990 et l’assainissement du Danube avaient ensuite permis une récupération partielle. En 2025, la Commission européenne classait toutefois encore la mer Noire <a href="https://environment.ec.europa.eu/news/new-model-black-sea-ecosystem-provides-valuable-baseline-policy-and-assessment-2025-07-24_en">parmi les écosystèmes marins les plus perturbés par l’activité humaine</a> et les moins bien documentés pour leur biodiversité.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette amélioration reposait sur une architecture patiemment construite. La convention de Bucarest de 1992 avait réuni les six États riverains autour de la <a href="https://blackseacommission.org/">Commission pour la protection de la mer Noire contre la pollution</a>. <a href="https://emblasproject.org/">EU4EMBLAS</a> a ensuite harmonisé les méthodes, financé des campagnes communes et constitué des données de référence. L’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 avait déjà fragilisé cet espace scientifique. L’invasion à grande échelle de 2022 l’a morcelé : zones interdites, équipes dispersées, campagnes en mer suspendues et accès impossible à une grande partie du littoral ukrainien.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Kakhovka, mazout, mines : la pollution en cascade</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://www.unep.org/resources/report/rapid-environmental-assessment-kakhovka-dam-breach-ukraine-2023">La destruction du barrage de Nova Kakhovka</a>, le 6 juin 2023, a révélé cette vulnérabilité. Une semaine plus tard, l’onde de crue atteignait la mer, chargée de sédiments, pesticides, résidus industriels et eaux contaminées. <a href="https://emblasproject.org/">EU4EMBLAS</a> a identifié <a href="https://emblasproject.org/archives/8980">106 polluants organiques dans les échantillons d’eau et 68 dans les sédiments</a>. À Odessa, la concentration cumulée des substances détectées atteignait <a href="https://emblasproject.org/wp-content/uploads/2024/10/Nova-Kakhovka-DRAFT-FINAL-REPORT-0524-rev3-inclAnx.pdf">jusqu’à seize fois le niveau mesuré en 2019</a>. Des <a href="https://emblasproject.org/archives/7794">gènes de résistance à plusieurs familles d’antibiotiques</a> ont aussi été repérés près d’Otchakiv et d’Odessa. <a href="https://emblasproject.org/archives/8980">Le suivi de 2026</a> y observe encore des changements, dont l’ampleur reste inconnue.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre choc est venu du détroit de Kertch. Le 15 décembre 2024, <a href="https://ceobs.org/the-ongoing-environmental-impact-of-the-kerch-strait-oil-spill/">deux pétroliers russes vieillissants</a>, les <em>Volgoneft-212</em> et <em>Volgoneft-239</em>, ont été brisés ou endommagés par une tempête alors qu’ils transportaient du mazout. Les estimations de la quantité déversée varient fortement, <a href="https://ceobs.org/the-ongoing-environmental-impact-of-the-kerch-strait-oil-spill/">d’environ 2 400 à 5 000 tonnes</a>. Ce fioul lourd peut flotter, rester en suspension ou se déposer sur le fond selon la température ; il est donc beaucoup plus difficile à repérer et à récupérer qu’une nappe classique. Six mois après l’accident, l’analyse d’images satellitaires montrait encore <a href="https://ceobs.org/the-ongoing-environmental-impact-of-the-kerch-strait-oil-spill/">une contamination persistante des côtes et des sédiments</a>. Rien ne permet en revanche d’assimiler automatiquement ces navires à la « flotte fantôme » russe : l’accident révèle d’abord le risque créé par des bâtiments anciens, une navigation dangereuse et une gouvernance fragmentée.</p>
<p style="text-align: justify;">À ces pollutions s’ajoutent les épaves, les munitions et les mines libérées par les courants. Leur nombre et leur origine exacte restent impossibles à établir. L’Organisation maritime internationale maintient depuis 2022 <a href="https://www.imo.org/en/mediacentre/hottopics/pages/maritimesecurityandsafetyintheblackseaandseaofazov.aspx">une alerte sur les mines flottantes</a>, tandis que la Turquie, la Roumanie et la Bulgarie ont créé <a href="https://www.msb.gov.tr/SlaytHaber/b7810cfbf7ea40edb0423cd8cc0b1597">un groupe naval commun</a> pour les détecter et les neutraliser. <a href="https://www.msb.gov.tr/SlaytHaber/ba9b8070ae27468aa7b85ee19da6683a">Sa neuvième activation</a> s’est déroulée au printemps 2026 : preuve que le danger n’a rien de résiduel. En juillet 2026, l’OMI dénonçait en outre <a href="https://www.imo.org/en/mediacentre/pressbriefings/pages/statement-on-attacks-in-black-sea-and-sea-of-azov.aspx">une nouvelle série d’attaques contre des navires marchands</a> en mer Noire et en mer d’Azov. Chaque coque touchée, chaque cargaison perdue ajoute au risque humain une menace de fuite d’hydrocarbures ou de substances dangereuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les dauphins ne livrent pas de bilan</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les trois cétacés de la mer Noire – dauphin commun, grand dauphin et marsouin commun – sont devenus les symboles de cette crise. Explosions, sonars militaires, captures accidentelles, hydrocarbures et contaminants chimiques peuvent tous les blesser, les désorienter ou affecter leurs proies. <a href="https://accobams.org/wp-content/uploads/2023/04/SC15.Doc10_Report-on-the-conservation-status-of-cetaceans-and-relevant-activities-in-BS.pdf">Plus de 600 échouages avaient été signalés en 2022</a> sur les côtes bulgares, roumaines, turques et ukrainiennes. Ce chiffre ne permet pourtant ni d’établir le nombre réel de morts, ni d’attribuer chaque décès à la guerre. Les carcasses retrouvées ne représentent qu’une fraction des animaux disparus, et les autopsies restent rares.</p>
<p style="text-align: justify;">L’incertitude n’atténue pas le problème ; elle en fait partie. En Crimée occupée et près des zones de combat, l’observation est presque impossible. À Odessa, le navire océanographique <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/mar/26/a-toxic-punch-fears-russia-war-black-sea-dolphins"><em>Borys Aleksandrov</em></a> demeure endommagé à quai et trop exposé pour reprendre la mer. Les équipes ukrainiennes ont perdu une partie de leurs effectifs et de leurs sites d’échantillonnage. En mars 2026, le responsable d’<a href="https://emblasproject.org/">EU4EMBLAS</a> estimait que <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/mar/26/a-toxic-punch-fears-russia-war-black-sea-dolphins">le paysage de la biodiversité avait profondément changé</a>, tout en soulignant qu’il manquait les données nécessaires pour conclure espèce par espèce.</p>
<p style="text-align: justify;">La science continue pourtant. Des chercheurs d’Odessa prélèvent des polluants et constituent une base d’ADN environnemental à partir des dauphins échoués. En juin 2026, <a href="https://emblasproject.org/">EU4EMBLAS</a> <a href="https://emblasproject.org/archives/8980">a équipé le laboratoire du Centre scientifique ukrainien pour l’écologie de la mer</a> afin qu’il puisse analyser sur place les polluants organiques et les microplastiques. L’accord ACCOBAMS prépare parallèlement <a href="https://accobams.org/wp-content/uploads/2025/09/MOP9_DraftRes9.10_PostWarPlanForBlackSeaCetaceans.pdf">un plan d’après-guerre pour les cétacés</a> : suivi du bruit sous-marin, analyses <em>post mortem</em>, contrôle des contaminants, déminage et restauration des habitats. Il faudra partir de séries lacunaires, mais ne pas attendre la paix pour les reconstruire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Coopérer avant la paix</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La coopération régionale n’est donc ni intacte ni totalement morte. La Commission de la mer Noire <a href="https://www.blackseacommission.org/BSC%20Activities/Current%20Activities/">maintenait encore en 2024-2025 son Secrétariat, ses groupes d’experts, ses bases d’information</a> et un projet de programme commun de surveillance. Mais une institution qui réunit Russie et Ukraine ne peut plus fonctionner comme avant : l’échange de données, l’accès aux eaux occupées et la confiance politique se sont effondrés au moment même où la circulation des polluants exige une réponse à l’échelle de tout le bassin.</p>
<p style="text-align: justify;">Des coalitions plus étroites ont pris le relais. Les trois États membres de l’Otan riverains coordonnent le déminage ; l’Organisation maritime internationale a élaboré avec les pays côtiers <a href="https://www.imo.org/en/mediacentre/pages/whatsnew-2109.aspx">un plan d’amélioration de la réponse aux marées noires</a> ; <a href="https://emblasproject.org/">EU4EMBLAS</a>, <a href="https://black-sea-maritime-agenda.ec.europa.eu/black-sea-success-story-3-projects-responding-war-pollution">RESPONSE</a> et d’autres projets européens préservent des méthodes communes et des données ouvertes. Cette géographie à plusieurs cercles ne remplace pas la coopération des six riverains, mais elle évite que toute capacité d’action disparaisse.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Union européenne a franchi une étape supplémentaire en mai 2025 en proposant <a href="https://www.eeas.europa.eu/delegations/ukraine/new-eu-strategy-secure-prosperous-and-resilient-black-sea-region_en">un pôle de sécurité maritime pour la mer Noire</a>, conçu comme un système d’alerte précoce associant surveillance, protection des infrastructures et suivi des menaces environnementales. En juillet 2026, les ministres européens examinaient encore sa mise en œuvre ; l’Union recensait <a href="https://www.consilium.europa.eu/en/meetings/fac/2026/07/13/">65 projets régionaux, pour environ 200 millions d’euros</a>, mais le pôle restait à concrétiser. Son utilité écologique dépendra moins du nombre de capteurs que de l’ouverture des données, de leur comparabilité et de la place accordée aux scientifiques des pays riverains.</p>
<p style="text-align: justify;">La mer Noire rappelle ainsi une évidence : la sécurité maritime ne se limite ni aux navires ni aux ports. Elle inclut l’eau, les sédiments, les zones humides, les pêcheries et les espèces qui ignorent les frontières. Réparer cet espace prendra des décennies. Pour éviter de reconstruire à l’aveugle, il faut dès aujourd’hui protéger les observateurs, conserver les échantillons et rendre compatibles les systèmes de mesure. La première infrastructure de l’après-guerre sera peut-être une carte écologique commune.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vignette</strong> : Vue satellite de la mer Noire (Source : NASA (1999), Wikimedia Commons).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Niloofar VAFA est diplômée du master de Management durable et Impact social à l’ESSCA.</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Niloofar VAFA (2026), « Mer Noire : mesurer la catastrophe sous les bombes », <em>Regard sur l'Est</em>, 5 octobre.</p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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		<title>Après la guerre en Ukraine, une défense européenne à géométrie variable?</title>
		<link>https://regard-est.com/apres-la-guerre-en-ukraine-une-defense-europeenne-a-geometrie-variable</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 00:49:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La guerre d’ampleur en Ukraine a relancé une question ancienne, longtemps restée sans réponse satisfaisante. L’Europe peut-elle construire une défense commune sans attendre l’accord unanime [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/apres-la-guerre-en-ukraine-une-defense-europeenne-a-geometrie-variable">Read More</a></span></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-20071"  class="panel-layout" ><div id="pg-20071-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20071-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20071-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>La guerre d’ampleur en Ukraine a relancé une question ancienne, longtemps restée sans réponse satisfaisante. L’Europe peut-elle construire une défense commune sans attendre l’accord unanime de tous ses membres ? Face à la menace russe et aux incertitudes du lien transatlantique, l’idée d’une intégration différenciée revient au premier plan.</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-20071-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20071-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20071-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-20072" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-28-Defense-europeenne-300x200.jpg" alt="Exercice TITAN SKY 2026" width="300" height="200" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-28-Defense-europeenne-300x200.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-28-Defense-europeenne-768x513.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-28-Defense-europeenne-272x182.jpg 272w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-28-Defense-europeenne.jpg 1023w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />Comme pour l’euro ou l’espace Schengen, certains États pourraient avancer plus vite que d’autres en matière de sécurité. Une défense européenne des capables et volontaires (<em>able and willing</em>) ne serait pas seulement une réponse militaire. Elle ouvrirait également un débat politique majeur sur le nouveau rôle des pays d’Europe centrale et orientale dans l’avenir stratégique du continent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une vieille méthode européenne</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’intégration européenne n’a jamais progressé de manière uniforme. Dès ses origines, elle a été traversée par une tension entre deux logiques. D’un côté, l’idéal d’une Europe avançant ensemble, selon les mêmes règles et au même rythme. De l’autre, la nécessité pratique de laisser certains États aller plus loin lorsque d’autres hésitent, ralentissent ou refusent. On a pu parler à ce propos de « noyau dur » européen, d’« Europe à plusieurs vitesses », de « géométrie variable » ou encore d’« intégration différenciée », avec une idée commune : l’Europe peut progresser par cercles, par groupes pionniers, par coalitions d’États décidés à approfondir leur coopération dans un domaine donné.</p>
<p style="text-align: justify;">Les exemples les plus connus ne relèvent pas seulement de la défense. La zone euro et l’espace Schengen ne recouvrent pas exactement le périmètre de l’UE : le Royaume-Uni, avant le Brexit, et le Danemark ont notamment bénéficié de clauses de non-participation dans plusieurs politiques européennes. La différenciation a également touché la défense. Le Danemark a ainsi disposé, de 1993 au 1<sup>er</sup> juillet 2022, de la seule dérogation formelle à la politique de sécurité et de défense commune. Depuis son abolition, la différenciation prend plutôt la forme d’une participation volontaire : le Danemark a rejoint en 2023 la coopération structurée permanente (CSP/PESCO), qui réunit désormais 26 des 27 États membres, Malte restant en dehors du dispositif<a href="#n1"><sup>(1)</sup></a>. Ce type d’arrangement n’a pas empêché l’existence de l’UE. Il a même souvent permis de surmonter des blocages qui auraient paralysé l’ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette réflexion a été formulée avec force dans les années 1990, au moment où l’Union s’apprêtait à s’élargir. Wolfgang Schäuble et Karl Lamers défendaient alors l’idée d’un centre de gravité européen capable d’entraîner l’ensemble du projet d’intégration sans attendre que tous les États soient prêts à avancer au même rythme<a href="#n2"><sup>(2)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, l’expérience montre que la politique de défense demeure l’un des domaines où l’unanimité européenne est la plus difficile à obtenir. Les intérêts nationaux, les cultures stratégiques, les capacités militaires et les perceptions de la menace divergent fortement d’un pays à l’autre. Face à la Russie, ces divergences pourraient être contournées par une méthode déjà connue de l’histoire européenne.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le précédent de la Communauté européenne de défense</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’idée d’une défense européenne n’est pas nouvelle. Au début des années 1950, dans le contexte de la guerre froide et de la guerre de Corée, les Européens avaient déjà tenté de créer une structure supranationale de défense. Le projet de Communauté européenne de défense, porté par la France à travers le plan Pleven, devait répondre à deux préoccupations majeures : faire face à la menace soviétique et intégrer l’Allemagne de l’Ouest dans un dispositif qui empêcherait tout retour d’une puissance militaire allemande autonome.</p>
<p style="text-align: justify;">La Communauté européenne de défense envisageait une armée européenne supranationale, rompant avec l’idée selon laquelle l’armée constitue l’un des attributs essentiels de l’État-nation. Pour ses partisans, cette audace était précisément la solution. Une défense commune devait permettre de protéger l’Europe tout en encadrant les souverainetés nationales. Pour ses adversaires, elle représentait une dépossession excessive, notamment dans des domaines aussi sensibles que le commandement des troupes, la nomination des officiers ou la décision de faire la guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le projet échoua en 1954, lorsque l’Assemblée nationale française refusa de le ratifier. Ce rejet a longtemps pesé sur l’imaginaire européen. Il a laissé l’impression qu’une défense supranationale était politiquement impossible. Aujourd’hui, le contexte est radicalement différent et les armées européennes ont appris à coopérer dans le cadre de l’OTAN, de missions extérieures et d’exercices conjoints.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce précédent rappelle qu’une défense européenne ne peut pas être seulement une affaire d’armements, de budgets et de doctrines militaires. Elle suppose une association politique suffisamment claire entre les États concernés. Autrement dit, on ne construit pas une défense commune sans définir le type d’Europe politique que l’on veut bâtir. C’est précisément ce lien entre puissance militaire et association politique qui redevient central aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avancer avec les États prêts à s’engager</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La guerre en Ukraine a révélé que tous les États européens ne réagissaient pas de la même manière face à la menace russe, même si elle leur a permis de se monter unis en soutien au pays agressé. Cette différence de perception plaide toutefois pour une défense européenne fondée sur les États volontaires et capables.</p>
<p style="text-align: justify;">Les pays d’Europe centrale et orientale pourraient jouer un rôle moteur dans cette dynamique. Leur expérience historique, leur proximité géographique avec la Russie et leur soutien déterminé à l’Ukraine leur confèrent une légitimité nouvelle. Ils ne sont plus seulement des consommateurs de sécurité mais des producteurs d’analyse stratégique, des lanceurs d’alerte et, dans certains cas, des acteurs militaires de premier plan.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Europe occidentale, de son côté, conserve des ressources indispensables. La France possède une force de dissuasion nucléaire. L’Allemagne dispose d’une puissance industrielle considérable. D’autres pays, comme l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas ou les pays nordiques peuvent contribuer par leurs capacités militaires, technologiques, financières ou logistiques. Une défense européenne crédible ne naîtra donc pas d’un simple basculement du leadership de l’Ouest vers l’Est. Elle devra plutôt organiser une complémentarité nouvelle entre la lucidité stratégique de l’Est et les moyens matériels de l’Ouest.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ici que l’intégration différenciée prend tout son sens. Les États qui veulent avancer et qui disposent des capacités nécessaires pourraient constituer un noyau de défense plus intégré. Ce noyau ne serait pas fermé mais évolutif.</p>
<p style="text-align: justify;">Une telle logique est déjà perceptible dans la manière dont l’UE a su gérer les blocages liés au soutien apporté à l’Ukraine. Lorsque l’unanimité devient impossible, les États les plus engagés cherchent des voies de contournement. Cette pratique reste imparfaite, parfois improvisée, mais elle témoigne d'une évolution profonde. En matière de défense, l’Europe ne pourra probablement pas attendre que tous les États membres partagent exactement la même perception de la menace et le même niveau d’engagement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Trois cercles pour l’Europe de demain</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait dès lors imaginer une Europe organisée en plusieurs cercles d’intégration. Le premier serait celui d’une Europe large, fondée sur la coopération économique, les échanges et l’association avec des pays qui ne sont pas nécessairement membres. L’Espace économique européen en offre déjà une forme partielle. Ce niveau permettrait de maintenir une Europe ouverte, attractive et capable de coopérer avec ses voisins.</p>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième cercle serait celui de l’Union européenne actuelle, avec son marché intérieur, ses institutions politiques, ses politiques communes et son droit. Il resterait le cœur du projet européen tel qu’il s’est construit depuis les traités fondateurs. Ce niveau conserverait une vocation large, mais il ne pourrait pas absorber à lui seul toutes les ambitions d’intégration, surtout dans les domaines les plus sensibles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le troisième cercle serait celui d’une intégration renforcée en matière de défense et de politique étrangère. Il réunirait les États prêts à assumer des engagements plus contraignants, à coordonner davantage leurs industries de défense, à planifier ensemble leurs capacités militaires et à définir une stratégie commune face aux menaces extérieures. Ce cercle pourrait inclure des États membres de l’UE, mais aussi, sous des formes à définir, des partenaires européens essentiels tels que le Royaume-Uni ou la Norvège.</p>
<p style="text-align: justify;">Une telle architecture poserait évidemment des questions délicates. Comment entrer dans ce troisième cercle ? Comment en sortir ? Quels critères politiques, militaires et financiers faudrait-il satisfaire ? Comment éviter qu’un État membre bloque les autres tout en respectant la souveraineté nationale ?</p>
<p style="text-align: justify;">L’alternative serait de rester prisonniers d’une unanimité paralysante. Or, l’histoire de l’intégration européenne montre que les États-nations européens ont souvent eu besoin de l’Europe pour préserver leur propre capacité d’action. C’est l’un des arguments majeurs d’Alan S. Milward lorsqu’il présente l’intégration européenne non pas comme la disparition de l’État-nation, mais comme l’un des moyens de son sauvetage dans un monde devenu trop vaste pour lui<a href="#n3"><sup>(3)</sup></a>. Cet argument vaut aujourd’hui pour la défense. Aucun État européen ne peut, seul, répondre durablement aux défis posés par la Russie, l’incertitude américaine, la compétition technologique et la militarisation des rapports internationaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une intégration militaire, donc politique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La défense européenne ne serait pas un simple instrument technique. Elle modifierait la nature même du projet européen. Mutualiser des capacités militaires, coordonner les industries d’armement, organiser une dissuasion crédible et définir des priorités stratégiques communes conduiraient nécessairement à davantage d’intégration politique. C’est pourquoi le débat est si sensible. La défense touche au cœur de la souveraineté. Elle oblige à dire qui décide, qui paie, qui commande et jusqu’où les Européens sont prêts à aller ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce débat ne peut plus être mené comme si l’Europe de l’Est était une périphérie. La guerre en Ukraine a montré que les pays les plus exposés à la menace russe sont aussi ceux qui ont souvent formulé les diagnostics les plus clairs. La question n’est donc pas seulement de savoir si Paris et Berlin peuvent relancer l’Europe de la défense. Il s’agit aussi de savoir s’ils accepteront d’apprendre de Varsovie, Tallinn, Riga, Vilnius, Bucarest ou Kyïv.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette inversion du regard est peut-être l’un des effets politiques les plus profonds de la guerre. Pendant longtemps, l’intégration européenne a été pensée depuis l’Ouest, avec l’Est comme horizon d’élargissement, de stabilisation ou de rattrapage. Désormais, l’Est peut devenir un centre d’impulsion. Non pas parce qu’il remplacerait les anciens moteurs de l’Union, mais parce qu’il oblige l’ensemble du continent à regarder le monde tel qu’il est devenu.</p>
<p style="text-align: justify;">C’était aussi la force de l’OTAN depuis 1949 : articuler la contribution de ses membres européens, dont la France est un État fondateur, avec le lien transatlantique. Jusqu’à aujourd’hui, la défense européenne s’est largement construite dans ce cadre. L’enjeu est donc moins de reproduire le vieux rêve d’une armée européenne que de construire une capacité d’action européenne, différenciée, progressive et imparfaite, qui permettrait aux Européens de ne plus dépendre entièrement des décisions américaines tout en renforçant leur contribution à l’OTAN lorsque l’Alliance fonctionne. Cette ambition correspond à l’idée d’un « pilier européen de l’OTAN » : des capacités communes permettant aux Européens de remplir leurs obligations d’alliés et, si nécessaire, d’agir conjointement par eux-mêmes. La France en est l’un des promoteurs les plus constants : Jacques Chirac appelait déjà en 1996 à créer un « <em>véritable pilier de défense européenne</em> » au sein de l’OTAN, tandis que la <em>Revue nationale stratégique</em> de 2025 lui assigne aujourd’hui le rôle de « <em>moteur</em> » d’un pilier européen « <em>fort et crédible</em> »<a href="#n4"><sup>(4)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Europe doit toutefois avancer avec prudence. La défense peut consolider une communauté politique, mais elle peut aussi réveiller de vieux démons. Le nationalisme et le militarisme comptent parmi les dangers que l’histoire européenne connaît trop bien. Charles de Gaulle rappelait que « <em>la guerre fait naître et mourir les États</em> »<a href="#n5"><sup>(5)</sup></a>. La guerre en Ukraine peut accélérer la naissance d’une Europe plus stratégique, mais elle pourrait aussi fragiliser les États et les équilibres si elle nourrit la peur, le repli ou la rivalité nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">La tâche européenne consiste donc à transformer la contrainte en un projet politique.</p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<p><a id="n1"></a>(1) Conseil de l’Union européenne, <em><a href="https://danish-presidency.consilium.europa.eu/en/presidency/denmark-in-the-eu/">Denmark in the EU</a></em> et <em><a href="https://www.consilium.europa.eu/en/policies/pesco/">Permanent Structured Cooperation (PESCO)</a></em>.</p>
<p><a id="n2"></a>(2) Wolfgang Schäuble, Karl Lamers, «<a href="https://www.blaetter.de/node/19723/download"> Überlegungen zur europäischen Politik </a>», <em>CDU/CSU Fraktion im deutschen Bundestag</em>, Bonn, 1994.</p>
<p><a id="n3"></a>(3) Alan S. Milward, <em>The European Rescue of the Nation-State</em>, 2<sup>nd</sup> Ed., Routledge, Londres, 2000.</p>
<p><a id="n4"></a>(4) Présidence de la République, « <a href="https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-8491-fr.pdf">Allocution de M. Jacques Chirac sur l’OTAN et le pilier européen de défense </a>», Varsovie, 11 septembre 1996 ; Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, <em><a href="https://www.sgdsn.gouv.fr/publications/revue-nationale-strategique-2025">Revue nationale stratégique 2025</a></em>, Objectif stratégique 5, pp. 54-56.</p>
<p><a id="n5"></a>(5) Charles de Gaulle, <em>Mémoires d’espoir</em>, Plon, Paris, 1970.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vignette</strong> : <a href="https://www.flickr.com/photos/eudefenceagency/albums/72177720333984206/">Exercice TITAN SKY 2026</a> (copyright : Agence européenne de défense).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Thomas Hoerber est titulaire de la chaire Jean Monnet en études européennes, directeur du Centre d'excellence Jean Monnet sur la politique spatiale européenne et directeur de l'Institut UE-Asie à l'ESSCA School of Management, à Angers, en France.</p>
<p>** Jakob Dehner est étudiant en licence de gouvernance et de politiques publiques à l'université de Passau, chargé de liaison indépendant, en collaboration avec des ministères allemands, et auteur de nombreux travaux de recherche.</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Thomas Hoerber et Jakob Dehner (2026), « Après la guerre en Ukraine, une défense européenne à géométrie variable ? », <em>Regard sur l'Est</em>, 28 septembre.</p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
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		<title>Pologne : Grzegorz Motyka dans les rouages des politiques de mémoire</title>
		<link>https://regard-est.com/pologne-grzegorz-motyka-dans-les-rouages-des-politiques-de-memoire</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2026 00:12:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2019, les présidents polonais Andrzej Duda et ukrainien Volodymyr Zelensky trouvent un terrain d'entente : Kyïv lèvera l'interdiction d'exhumer les victimes polonaises des massacres [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/pologne-grzegorz-motyka-dans-les-rouages-des-politiques-de-memoire">Read More</a></span></p>
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>En 2019, les présidents polonais Andrzej Duda et ukrainien Volodymyr Zelensky trouvent un terrain d'entente : Kyïv lèvera l'interdiction d'exhumer les victimes polonaises des massacres de 1943-1945, Varsovie relèvera un monument dans un village des Basses-Carpates. Mais la lettre d'un responsable associatif et une note administrative vont suffire à enterrer le compromis pour cinq ans. Dans un livre-entretien, l'historien Grzegorz Motyka en raconte la mécanique de l'intérieur.</strong></p>
</div>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Une plaque à Monasterz</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 2017, après une vague de dégradations de monuments des deux côtés, Kyïv suspend les exhumations et subordonne leur reprise à la reconstruction de tous les mémoriaux détruits. Or, selon G. Motyka, tous sauf un avaient été érigés illégalement et portaient des inscriptions glorifiant l'UPA. Le seul en règle se trouve à Monasterz : un monument élevé en 1999 avec l'accord d'Andrzej Przewoźnik, alors secrétaire du Conseil de protection des lieux de mémoire, sur la tombe de soixante-deux partisans de l'UPA tués en mars 1945 par les gardes-frontières du NKVD.</p>
<p style="text-align: justify;">Un compromis est scellé fin août 2019 : Kyïv lèvera l'interdiction si Varsovie relève ce monument. Mais, trois semaines plus tard, le président d'une association de victimes écrit à l'IPN que les noms de la plaque seraient inexacts. En janvier 2020, un responsable de l'antenne de Rzeszów conclut dans une note qu'on ne pourra identifier les morts qu'après exhumation et que des criminels pourraient s'y trouver. Il faudrait donc exhumer soixante-deux squelettes, puis retrouver les familles des déplacés de 1945-1947 pour les tests ADN.</p>
<p style="text-align: justify;">L'auteur de la lettre, souligne G. Motyka, avait servi en 1944-1945 dans les bataillons de destruction, milice soviétique auxiliaire du NKVD. La tombe sera relevée, mais sans les noms et avec une inscription nouvelle. Kyïv maintient l'interdiction et produit sa copie de l'accord signé par A. Przewoźnik, dont Varsovie avait perdu l'exemplaire. G. Motyka convoque Louis-Vincent Thomas, pour qui le mort sans corps devient deux fois absent, ni chez les vivants ni chez les morts<a href="#n2"><sup>(2)</sup></a>. Tant que les tombes manqueront, les familles produiront des Antigones, estime-t-il. Quarante-deux dépouilles ont été inhumées à Puźniki le 6 septembre 2025.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les îles Lipari</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sous la querelle des plaques se dispute l'origine : les massacres ont-ils été programmés, ou ont-ils débordé ? En octobre 1934, à Marseille, des oustachis et des révolutionnaires macédoniens abattent le roi Alexandre I<sup>er</sup> de Yougoslavie. Mussolini, soupçonné de les soutenir, les interne aux îles Lipari avec la dizaine d'Ukrainiens qui les avaient entraînés avant l'attentat. Parmi eux, Mykhaïlo Kolodzinski, ancien responsable de la section militaire de l'OUN en Pologne, y rédige sa <em>Doctrine militaire ukrainienne</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mykhaïlo Kolodzinski y programme une insurrection « depuis le premier village » : nettoyer des localités isolées, en faire des républiques insurgées, gagner des régions entières. Les tueries de Polonais et de Juifs devaient passer pour des jacqueries spontanées. Il voulait que « <em>la dixième génération encore ait peur de regarder vers l'Ukraine</em> ». Le calcul a fonctionné : le renseignement polonais tenait ces informations pour des fantaisies.</p>
<p style="text-align: justify;">Dmytro Kliatchkivski, dit « Klym Savour », qui commande l'OUN et l'UPA en Volhynie, applique ce programme à partir de 1943. En novembre, Roman Choukhevytch, devenu en mai chef de l'OUN, inspecte la région et y trouve des zones entières tenues par les Ukrainiens, avec écoles et administration. Il étend la méthode à la Galicie orientale avec deux correctifs : avertir la population par des tracts, ne tuer que les hommes. Un ordre du commandement précise qu'il « <em>répète encore une fois</em> » que les tracts doivent précéder l'attaque et non la suivre, preuve, pour lui, que l'ordre restait lettre morte.</p>
<p style="text-align: justify;">La filiation entre Kolodzinski et Kliatchkivski reste hypothétique : Oleksandr Zaïtsev, historien ukrainien du nationalisme intégral qui a mis G. Motyka sur cette piste, n'y voit qu'une hypothèse parmi d'autres. Aucun massacre spontané d'un village polonais par des paysans n'est cependant documenté ; quand un village entier était tué, les organisateurs venaient de l'OUN et de l'UPA. Les paysans mobilisés de force recevaient des torches et des allumettes : d'une valeur militaire faible, ils donnaient l'apparence d'une révolte populaire. Sur cinq millions d'Ukrainiens dans les deux régions, G. Motyka estime à quarante ou cinquante mille les participants aux massacres<a href="#n3"><sup>(3)</sup></a> et refuse d'en accuser la paysannerie en bloc<a href="#n4"><sup>(4)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le thermomètre cassé</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les deux historiographies ne comptent pas de la même manière. Depuis 2003, la politique mémorielle ukrainienne repose, selon G. Motyka, sur une équivalence entre l'UPA et l'Armée de l'intérieur (AK), bras armé de l'État clandestin polonais. L'historien ukrainien Volodymyr Viatrovytch parle d'une « <em>guerre polono-ukrainienne</em> », tandis que Bohdan Houd, dont les travaux inspirent les autorités ukrainiennes, reporte la responsabilité morale sur les propriétaires terriens polonais qui auraient fabriqué des paysans barbares. G. Motyka souligne que ce récit reprend le schéma russe sur l'Holodomor, la famine organisée de 1932-1933, une grande tragédie commune dont la mémoire devrait unir et où personne n'est désigné.</p>
<p style="text-align: justify;">L'historien polonais ne ménage pas pour autant les siens. Pour la chercheure Ewa Siemaszko, l'OUN et l'UPA contraignaient les conjoints ukrainiens des couples mixtes à tuer leur femme ou leur mari polonais, et le crime l'emportait presque toujours. G. Motyka lit ses données à rebours : dans un tiers des cas l'un tuait l'autre, souvent sous la contrainte ; dans le deuxième, les époux mouraient ensemble ; dans le dernier, ils fuyaient ensemble. En mars 1944, l'AK de la région de Lublin frappe préventivement des villages ukrainiens et tue plus d'un millier de personnes ; son commandement juge l'opération controversée et annonce une enquête, alors que le droit de l'État clandestin n'autorisait les exécutions qu'au cas par cas, après jugement.</p>
<p style="text-align: justify;">Fin 2025, il polémique avec son pair Igor Hałagida, à qui il reproche de n'avoir mobilisé que quinze publications polonaises et d'imputer à la police polonaise des pacifications où elle n'était qu'un élément d'un dispositif plus large. Sa formule (« <em>casser le thermomètre ne fait pas tomber la fièvre</em> ») lui vaut d'être accusé d'invective.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un hareng pour six</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le comptage a aussi un versant judiciaire. Le 28 mars 1947, l'UPA tue le général Karol Świerczewski. Le lendemain, le bureau politique du Parti ouvrier polonais décide, « <em>dans le cadre d'une action répressive</em> », de déporter les Ukrainiens encore présents en Pologne. Ils seront 140 000, Ukrainiens, Lemkos et Boïkos (populations ruthènes des Carpates), dispersés vers les territoires repris à l'Allemagne, à plus de cent kilomètres de la frontière, sans droit de déménager. Le critère initial, la moindre ascendance ukrainienne ou l'appartenance gréco-catholique ou orthodoxe, est abandonné en quinze jours : presque chaque famille comptant un mariage mixte, l'appliquer aurait vidé la région. Deux tiers des déportés sont des femmes et des enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">En avril, les autorités baptisent la déportation « Wisła », du nom de la Vistule. G. Motyka y voit un emprunt à la crue de mars 1947, dont les images, aux actualités filmées, voisinaient avec celles des obsèques de Świerczewski ; le nom d'un fleuve que l'armée venait de secourir masquait le caractère répressif de l'opération.</p>
<p style="text-align: justify;">En novembre 2023, le parquet de l'IPN classe l'enquête en présentant l'opération comme une évacuation préventive, protectrice et humaine. G. Motyka oppose les rations distribuées à la gare d'embarquement de Łukawica (250 grammes de pain par personne et par jour, un hareng pour six), et plus de soixante morts dans les convois. Le tribunal régional de Varsovie a annulé le classement le 17 juillet 2024 et renvoyé le dossier à l'antenne de Rzeszów ; aucune décision n'a été rendue publique depuis.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les papiers du FSB</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un troisième acteur suit tous ces dossiers, sans y figurer. En septembre 2022, le FSB a rendu publics des documents sur les crimes de l'UPA, dont un rapport de février 1943 du NKGB de Pavel Soudoplatov sur l'anéantissement du village de Parośla, dont l'historiographie ukrainienne conteste l'attribution à l'UPA. G. Motyka écarte l'idée que Moscou ait voulu donner raison à Varsovie : l'objectif était d'attiser la dispute, et les Russes se sont découverts en montrant qu'ils maîtrisent le dossier dans le détail. Membre de la commission polonaise sur les influences russes, il se dit convaincu qu'à Moscou quelqu'un a été décoré pour avoir brouillé Varsovie et Kyïv au sujet des exhumations. L'hypothèse reste aussi logique qu'invérifiable.</p>
<p style="text-align: justify;">On regrettera que les contraintes pesant sur les historiens ukrainiens, pressions politiques et enjeu existentiel de l'unité nationale en temps de guerre, pourtant bien décrites, disparaissent souvent lorsque G. Motyka formule ses jugements les plus sévères à l'égard de Kyïv. Le livre suppose en outre acquise une chronologie des événements que le lecteur français devra chercher ailleurs. Mais il y trouvera un praticien d'envergure qui explique par quelles mains un dossier historique s'enlise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p><strong>Notes :</strong></p>
<p><a id="n1"></a>(1) Grzegorz Motyka, Andrzej Brzeziecki, <em>Gry pamięcią. O polityce historycznej, Polsce, Ukrainie i Rosji</em> (Jeux avec la mémoire. De la politique historique, de la Pologne, de l'Ukraine et de la Russie), Cracovie, Wydawnictwo Literackie, 2026, 328 p. Les traductions du polonais sont de l'auteur.</p>
<p><a id="n2"></a>(2) Source non précisée par G. Motyka ; voir L.-V. Thomas, <em>Anthropologie de la mort</em>, Payot, 1975.</p>
<p><a id="n3"></a>(3) Il retient 80 000 à 100 000 victimes polonaises et 10 000 à 20 000 victimes ukrainiennes, 1943-1945.</p>
<p><a id="n4"></a>(4) G. Motyka s'écarte ici d'Antoine Prisset-Hugues, <a href="https://regard-est.com/ukraine-pologne-une-guerre-des-memoires-en-voie-de-resolution">« Ukraine-Pologne : une guerre des mémoires en voie de résolution ? »</a>, <em>Regard sur l'Est</em>, 23 mars 2026.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Charles Garatynski est écrivain et critique littéraire, lauréat 2025 du prix de l'écrivain de la diaspora polonaise.</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Charles Garatynski (2026), « Pologne : Grzegorz Motyka dans les rouages des politiques de mémoire », <em>Regard sur l'Est</em>, 21 septembre.</p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
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		<title>Ukraine : juger la guerre contre le vivant</title>
		<link>https://regard-est.com/ukraine-juger-la-guerre-contre-le-vivant</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2026 00:51:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>Près de cinq ans après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, l’environnement dans le pays agressé n’est plus seulement le décor des combats : il en est une victime, un vecteur et parfois un objectif. Tandis que Kyïv chiffre les dégâts et rassemble des preuves, le terme « écocide » s’impose dans les textes européens, sans encore constituer un crime autonome devant la Cour pénale internationale. L’Ukraine peut-elle faire basculer le droit ?</strong></p>
</div>
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-20039" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-Vignette-300x225.jpg" alt="Inondation dans l'oblast de Kherson (10 juin 2023) suite à la destruction du barrage de Kakhovka par la Russie (source : Wikimedia Commons)." width="300" height="225" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-Vignette-300x225.jpg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-Vignette-768x575.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-Vignette.jpg 1024w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />Les morts, les déplacés et les villes détruites donnent à la guerre sa mesure la plus immédiate. Son empreinte écologique engage pourtant, elle aussi, plusieurs générations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>311 millions de tonnes : le troisième front de la guerre</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En février 2026, l’<em>Initiative on GHG accounting of war</em> estimait à <a href="https://en.ecoaction.org.ua/climate-damage-4-years-numbers.html">311 millions de tonnes de CO₂ (CO₂e</a>, unité qui convertit les différents gaz à effet de serre selon leur pouvoir de réchauffement) les émissions imputables au conflit depuis le 24 février 2022. Ce total, du même ordre que les émissions annuelles de la France, a augmenté de 75 millions de tonnes au cours de la quatrième année de guerre. Il agrège les émissions déjà produites par le carburant des armées, les munitions, les incendies, les fuites des infrastructures énergétiques et les détours aériens, auxquelles s’ajoutent 73,3 millions de tonnes d’émissions futures, estimées pour la reconstruction des infrastructures ukrainiennes détruites.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces chiffres ne sont pas un relevé exhaustif : ils reposent sur des méthodes d’attribution, des images satellites et des hypothèses rendues nécessaires par l’impossibilité d’accéder à une partie du territoire. Ils révèlent néanmoins une dynamique. En 2025, <a href="https://en.ecoaction.org.ua/wp-content/uploads/2026/02/climate-damage-rusagression_48months_en-2s.pdf">1,39 million d’hectares de paysages naturels</a> ont brûlé en Ukraine, après une saison 2024 déjà record : le Centre commun de recherche (JRC), service scientifique de la Commission européenne, avait alors recensé  <a href="https://joint-research-centre.ec.europa.eu/jrc-news-and-updates/ukraine-hit-record-breaking-wildfires-2024-2025-03-25_en">965 000 hectares</a> parcourus par le feu. La chaleur et la sécheresse jouent aussi leur rôle mais les foyers se concentrent près du front, où tirs, mines et impossibilité d’intervenir transforment une étincelle en désastre.</p>
<p style="text-align: justify;">La rupture du barrage de Kakhovka, le 6 juin 2023, reste le symbole de ce front écologique. L’assèchement brutal du réservoir et l’inondation de l’aval ont bouleversé les habitats du Dniepr, mobilisé des sédiments contaminés, affecté l’eau potable et l’irrigation. Le Programme des Nations unies pour l’environnement estime qu’<a href="https://www.unep.org/resources/report/rapid-environmental-assessment-kakhovka-dam-breach-ukraine-2023">une part des dégâts est irréversible</a> et que leurs effets sur les écosystèmes comme sur la santé humaine se prolongeront pendant des décennies.</p>
<p style="text-align: justify;">À cela s’ajoutent les sols criblés de munitions, les forêts minées, les dépôts de carburant incendiés, les installations industrielles touchées et les réseaux d’eau ou d’énergie endommagés. Tout n’est pas nécessairement visé pour sa valeur écologique mais l’accumulation de destructions prévisibles et durables interdit désormais de reléguer la nature au rang de simple « dommage collatéral ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Écocide : un mot ancien, un crime encore absent</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le terme « écocide » s’est imposé au début des années 1970, dans le sillage des destructions environnementales de la guerre du Vietnam, notamment de l’épandage massif d’herbicides par l’armée américaine sur les forêts et les cultures. En 1972, à la <a href="https://fr.stopecocide.earth/stockholm-50-summary">conférence de Stockholm</a>, le Premier ministre suédois Olof Palme dénonçait cette destruction des milieux. Un demi-siècle plus tard, sa force reste surtout morale.</p>
<p style="text-align: justify;">En juin 2021, un panel international de juristes a proposé de <a href="https://www.legal-tools.org/doc/pb375e/pdf">définir l’écocide</a> comme des actes illicites ou arbitraires commis en connaissance d’une probabilité substantielle de dommages graves et soit étendus, soit durables, à l’environnement. Cette définition, conçue pour nourrir une modification du Statut de Rome, vise aussi bien le temps de paix que le temps de guerre et ne suppose pas de prouver une volonté de détruire la nature pour elle-même.</p>
<p style="text-align: justify;">Le paradoxe ukrainien tient à ce que le droit national a devancé ce débat. <a href="https://zakon.rada.gov.ua/laws/show/2341-14?lang=en">L’article 441 du Code pénal ukrainien</a> réprime l’écocide depuis l’adoption du Code, en 2001. Il pointe la destruction massive de la flore ou de la faune, l’empoisonnement de l’air ou de l’eau et les actes susceptibles de provoquer une catastrophe environnementale, punis de huit à quinze ans de prison. Cette disposition appartient à une tradition juridique présente dans plusieurs États de l’espace postsoviétique ; elle avait toutefois produit très peu de pratique judiciaire avant l’invasion de 2022.</p>
<p style="text-align: justify;">À La Haye, l’écocide n’est toujours pas le « cinquième crime » international<a href="#n1"><sup>(1)</sup></a>. Le Statut de Rome ne protège explicitement l’environnement qu’à travers <a href="https://www.icc-cpi.int/sites/default/files/Statut-de-Rome.pdf">l’article 8(2)(b)(iv)</a>, applicable aux conflits armés internationaux : il faut démontrer qu’une attaque a été lancée en sachant qu’elle causerait des dommages étendus, durables et graves, manifestement excessifs au regard de l’avantage militaire attendu. Le seuil, cumulatif et très élevé, n’a encore donné lieu à aucune condamnation de la Cour pénale internationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux évolutions ont cependant entrouvert la porte. En septembre 2024, Vanuatu, avec Fidji et Samoa, a déposé <a href="https://asp.icc-cpi.int/sites/default/files/asp_docs/ICC-ASP-23-26-ENG.pdf">une proposition d’amendement</a> créant un crime autonome d’écocide. Puis, en décembre 2025, le Bureau du procureur de la CPI a adopté <a href="https://www.icc-cpi.int/sites/default/files/2025-12/2025-env-fra.pdf">une politique sur les dommages environnementaux</a> : il entend mieux rechercher comment ceux-ci peuvent constituer, faciliter ou révéler les crimes déjà prévus par le Statut. Cette politique ne crée pas une nouvelle infraction, mais elle sort l’environnement de l’angle mort des enquêtes internationales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Kyïv transforme les ruines en preuves</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour juger, il ne suffit pas de nommer : il faut dater, localiser, mesurer et relier un dommage à une décision et à un auteur. C’est là que l’expérience ukrainienne devient singulière. La plateforme publique <a href="https://ecozagroza.gov.ua/en">EcoZagroza</a> recueille en temps réel des signalements géolocalisés sur la pollution de l’air, de l’eau et des sols. De leur côté, Ecoaction et Greenpeace ont documenté <a href="https://en.ecoaction.org.ua/support-ukrainian-ngo-nature-restoration.html">près de 900 cas potentiels de dommages</a> et mis en avant, sur une <a href="https://maps.greenpeace.org/maps/gpcee/ukraine_damage_2022/">carte accessible au public</a>, trente situations particulièrement graves.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-20042 alignleft" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-pour-inserer-dans-papier-300x182.png" alt="Ecocide en Ukraine (source Greenpeace)" width="757" height="459" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-pour-inserer-dans-papier-300x182.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-pour-inserer-dans-papier-768x466.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-UKR-Ecocide-A-Slim-pour-inserer-dans-papier.png 973w" sizes="auto, (max-width: 757px) 100vw, 757px" /></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://maps.greenpeace.org/maps/gpcee/ukraine_damage_2022/"><em>Écocide en Ukraine</em></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Le défi est immense. Il faut établir l’état initial d’un écosystème, distinguer les effets des combats de ceux du climat ou d’une pollution ancienne, conserver des prélèvements recevables et identifier le niveau de commandement responsable. Dans les zones occupées ou minées, l’accès peut rester impossible pendant des années. Or, les substances se dispersent et les cratères s’effacent : la preuve écologique se dégrade elle aussi.</p>
<p style="text-align: justify;">La responsabilité peut en outre emprunter plusieurs chemins. Les procureurs ukrainiens peuvent mobiliser l’article 441, mais l’exécution d’une éventuelle peine suppose d’avoir l’accusé sous juridiction. La CPI peut poursuivre certains faits comme crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou génocide si leurs éléments constitutifs sont réunis ; elle ne peut pas simplement inscrire « écocide » dans un acte d’accusation. Quant au <a href="https://www.coe.int/en/web/special-tribunal-ukraine/home">Tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine</a>, créé par un accord avec le Conseil de l’Europe signé le 25 juin 2025 et dont 36 pays ainsi que l’Union européenne ont arrêté le cadre de gestion en mai 2026, son mandat vise le crime d’agression et les principaux dirigeants, pas les dommages environnementaux en tant que tels.</p>
<p style="text-align: justify;">La voie de la réparation avance plus concrètement. Le Registre des dommages pour l’Ukraine, établi sous l’égide du Conseil de l’Europe, comporte désormais <a href="https://rd4u.coe.int/en/documents">une catégorie B3.1 consacrée aux dommages environnementaux</a> et une catégorie B3.2 au pillage ou à l’appropriation des ressources naturelles. Il n’est pas un tribunal et ne fixe pas encore les indemnisations mais il organise la réception des demandes destinées à une future commission internationale. L’innovation est néanmoins majeure. Les sols, les eaux, les forêts et leurs services écologiques entrent dans l’architecture d’une réparation de guerre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Europe avance, Rome hésite encore</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le droit européen évolue plus vite que le droit pénal international. La <a href="https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2024/1203/oj?locale=fr">Directive européenne 2024/1203</a> impose des sanctions renforcées lorsque certaines infractions provoquent une destruction ou un dommage étendu, substantiel, irréversible ou durable à un grand écosystème, à l’air, au sol ou à l’eau. Son préambule précise que ces infractions qualifiées peuvent recouvrir des conduites comparables à l’écocide. Les États membres devaient la transposer avant le 21 mai 2026. Le texte reste toutefois conçu d’abord pour réprimer des activités illégales relevant du droit environnemental de l’Union, non pour juger la conduite d’une guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Conseil de l’Europe a franchi une autre étape. Sa <a href="https://www.coe.int/en/web/reykjavik-process-and-the-environment/protection-of-the-environment-through-criminal-law">Convention sur la protection de l’environnement par le droit pénal</a>, adoptée en mai 2025 et ouverte à la signature le 3 décembre suivant, est le premier traité international contraignant entièrement consacré à la criminalité environnementale. Elle permet notamment de poursuivre des actes intentionnels causant une catastrophe assimilable à un écocide. Mais elle ne prendra effet qu’après dix ratifications, dont huit par des États membres : entre la proclamation et la juridiction opérationnelle, la distance demeure.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Ukraine ne garantit donc pas, à elle seule, la naissance d’un cinquième crime international. Elle oblige en revanche les institutions à confronter leurs catégories à une réalité documentée : un territoire peut être rendu dangereux ou inhabitable par la contamination, l’incendie, l’assèchement et les mines autant que par la destruction des bâtiments. La souveraineté ne consiste plus seulement à défendre une frontière ; elle suppose de préserver les conditions matérielles de la vie derrière cette frontière.</p>
<p style="text-align: justify;">La bataille juridique sera longue. Elle opposera les exigences de la preuve et de la responsabilité individuelle à des atteintes diffuses, cumulatives et parfois transfrontalières. Mais une rupture est déjà acquise : l’environnement n’est plus seulement le bien qu’il faudra restaurer après la paix. Il devient une victime à documenter pendant la guerre, un préjudice à réparer et, peut-être demain, l’objet d’un crime international autonome. En ce sens, l’Ukraine n’est pas encore le premier procès de l’écocide ; elle en construit le dossier.</p>
<p><strong>Note :</strong></p>
<p><a id="n1"></a>(1) Les quatre crimes relevant actuellement de la compétence de la Cour pénale internationale sont le crime de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le crime d’agression (Statut de Rome, art. 5).</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Vignette</strong> : Inondation dans l'oblast de Kherson (10 juin 2023) suite à la destruction du barrage de Kakhovka par la Russie (source : <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Flood_in_Kherson_Oblast,_2023-06-10.jpg">Wikimedia Commons</a>).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Assen Slim est professeur des universités à l’Inalco.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Assen SLIM (2026), « Ukraine : juger la guerre contre le vivant », <em>Regard sur l'Est</em>, 14 septembre.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.22830646"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.22830646.svg" alt="10.5281/zenodo.22830646" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.22830646']" /></a></p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
</div>
</div></div></div></div></div><div style="display:flex; gap:10px;justify-content:center" class="wps-pgfw-pdf-generate-icon__wrapper-frontend">
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			</item>
		<item>
		<title>Bulgaria: What the “Houses of Horrors” Scandal Reveals About an Ageing Society</title>
		<link>https://regard-est.com/bulgaria-what-the-houses-of-horrors-scandal-reveals-about-an-ageing-society</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Assen Slim]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 11:20:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://regard-est.com/?p=20026</guid>

					<description><![CDATA[<p>In June 2025, Bulgaria, a country with a rapidly ageing population, was confronted with an unprecedented scandal: the discovery of illegal care homes where dozens [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/bulgaria-what-the-houses-of-horrors-scandal-reveals-about-an-ageing-society">Read More</a></span></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-20026"  class="panel-layout" ><div id="pg-20026-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20026-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20026-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p><strong><a id="h1"></a>In June 2025, Bulgaria, a country with a rapidly ageing population, was confronted with an unprecedented scandal: the discovery of illegal care homes where dozens of older people were being held against their will in appalling conditions. How can such abuses be prevented in a society short of resources?</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-20026-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20026-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20026-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-20006 alignright" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-BG-Maison-des-horreurs-S-Altasserre-300x242.jpeg" alt="Réalisation de l'auteur" width="300" height="242" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-BG-Maison-des-horreurs-S-Altasserre-300x242.jpeg 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/09/26-09-BG-Maison-des-horreurs-S-Altasserre.jpeg 653w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />Although care homes in various countries have occasionally faced allegations of mistreating their elderly residents, reports of abuse in Bulgaria had never led to major cases. In June 2025, however, an inspection in Yagoda triggered a media scandal that brought the existence of illegal care homes to public attention.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>The Authorities Intervene at the Illegal Care Home in Yagoda</strong></p>
<p style="text-align: justify;">The care home in the village of Yagoda (Maglizh municipality, Stara Zagora district), which operated across two separate sites, lost its licence in April 2025. Nevertheless, it continued operating illegally under the guise of a private landlord renting accommodation to older people. Social workers from the Agency for the Quality of Social Services (AKSU) were then tasked with checking whether the home was continuing its activities in another form, but the owner denied them access during their visits. A large-scale inspection, supported by the police, was therefore scheduled for 6 June 2025. The following day, the Stara Zagora district prosecutor held a press conference to report on the operation and announce the opening of a criminal investigation. During the inspection, social workers and emergency services had found 75 older people, most of them suffering from mental illnesses <a href="#n1"><sup>(1)</sup></a>. Residents were paying 990 leva (approximately €506) a month for accommodation in buildings whose window handles had been removed to prevent them from being opened from the inside, and where they were kept locked in around the clock. At night, they were even confined to their rooms. Some were found lying in their own blood. Others had been tied up—metal rings and belts used for this purpose were seized—and sedated with drugs, sometimes containing fentanyl, a powerful opioid, without being told what they were being given. To prevent their identification and contact with the outside world, the owner had confiscated their identity cards and phones and had also obtained powers of attorney from some of the older people living there. Enquiries among neighbours established that screams were often heard coming from the buildings where the residents were confined. Six people aged between 36 and 68, including the owner and staff members, among them nurses, were arrested and charged by prosecutors. The Kazanlak district court remanded them in custody over their alleged involvement, between 10 April and 6 June 2025, in the unlawful confinement of vulnerable people, assault, endangering life, concealing other people’s identity documents for personal gain, misuse of personal data and obstructing inspections. They face prison sentences of between three and twelve years. On 9 June, investigators also received a disturbing report about the deaths of a couple who had lived at the home, which had occurred in early 2025. In the days that followed, Yagoda’s municipal authorities announced that 773 older people had died in the village between 2020 and June 2025, mostly in care homes—a figure that may seem high.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>The Authorities’ Initial Response to the Scandal</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Both sites were evacuated on 6 June. The 56 victims who were not taken into the care of relatives were moved to safety in healthcare or emergency facilities across the region, mobilised according to the severity of their condition: Stara Zagora University Hospital, the psychiatric centre in Radnevo, care homes in Stara Zagora, Kazanlak and Galabovo, and the Sliven Crisis Centre. Twenty people were taken away by their relatives.</p>
<p style="text-align: justify;">Deputy Minister of Labour and Social Policy Ivan Krastev compared the lives of the Yagoda care home’s residents to those of prisoners at Auschwitz. Minister of Justice Georgi Georgiev called the home a “house of horrors”. He urged families placing relatives in care homes to “take a greater interest in [their relatives’] situation and check what is happening there”. To demonstrate the government’s determination to act, Minister of Labour and Social Policy Borislav Gutsanov said his administration would “not stop until the very last unlicensed home in the country has been uncovered” <a href="#n2"><sup>(2)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Stepping Up Inspections</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Against this backdrop, a large-scale inspection was scheduled as early as 8 June 2025 at the care home in Govedartsi, near Samokov <a href="#n3"><sup>(3)</sup></a>. Registered as a commercial company, it had no licence to provide care, and social workers tasked with inspecting the facility had also been denied access to the building. Inspectors found 23 older people living in conditions deemed deplorable. They were moved to safety in facilities in Kovachevtsi and Samokov. The Sofia district prosecutor’s office nevertheless stated that care there was slightly better than in Yagoda and that no grounds had been found for charging the manager, as there was no evidence that residents had been held against their will.</p>
<p style="text-align: justify;">On 10 June, another operation targeting illegal care homes for older people took place at three sites in the Varna region, resulting in their closure and the relocation of 130 older people to safety. As in Yagoda, rooms were rented individually to residents, who lived in poor conditions in premises infested with lice, fleas and cockroaches. The operators defended themselves by claiming that the premises were merely tourist accommodation. In response to these further inspections, the government made the provision of such services without a licence a criminal offence. The fine for providing unlicensed care services was raised to 30,000 leva, up from 10,000, and operators whose licences are revoked are now barred from obtaining a new one for five years.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>How Can Further “Houses of Horrors” Be Prevented?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Placing older relatives in residential care, particularly when they suffer from mental illnesses, has become a necessity for some working people who lack the time or suitably adapted accommodation to care for them themselves. Yet residential care is very expensive, and many Bulgarians cannot afford care home fees. Prosecutor Nikolay Nikolaev sees a clear link between the owners of illegal care homes and the “property mafia”.</p>
<p style="text-align: justify;">To address the proliferation of such non-compliant facilities, some observers argue that greater awareness within civil society is now needed. In the short term, however, the government is focusing mainly on enforcement through more frequent inspections: 15 illegal care homes have been closed across Bulgaria in less than a year, and several other facilities have been refused licences. Alongside these enforcement measures, the Bulgarian state has also decided to renovate 81 public care homes. Work has already been completed at 12 facilities in 12 municipalities: Glavinitsa, Elhovo, Troyan, Dolna Mitropolia, Kula, Krumovgrad, Ruzhintsi, Dimovo, Alfatar, Mezdra, Vidin and Galabovo.</p>
<p style="text-align: justify;">But will these reforms be enough? For Professor Nikolay Gabrovski, Deputy Director of N. I. Pirogov University Hospital, the spread of illegal care homes conceals a wider problem: the shortage of healthcare staff <a href="#n4"><sup>(4)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">A year after the scandal, on 13 June 2026, Stara Zagora district prosecutor Tanya Dimitrova highlighted the delays in the Bulgarian justice system, reporting that all those accused had been released on bail pending trial, for which no hearing date had yet been set <a href="#n5"><sup>(5)</sup></a>. She condemned the slow pace of proceedings and said she felt a sense of injustice.</p>
<p><strong>Sources:</strong></p>
<p><a id="n1"></a>(1) Vyara Nikolova, “Varzani i upoeni vazrastni hora sa otkriti v nezakonni starcheski domove v Starozagorsko” (Older people found tied up and drugged in illegal care homes in the Stara Zagora region), <a href="https://www.dnevnik.bg/bulgaria/2025/06/07/4792155_vurzani_i_upoeni_vuzrastni_hora_sa_otkriti_pri/"><em>Dnevnik.bg</em></a>, 7 June 2025; Ivo Nikodimov, “990 lv. za "kashtite na uzhasite": Vazrastni khora sa zaklyuchvani, upoyavani i maltretirani v Starozagorsko” (990 leva for the “houses of horrors”: older people locked up, drugged and mistreated in the Stara Zagora region), <a href="https://bntnews.bg/news/990-lv-za-kashtite-na-uzhasite-vazrastni-hora-sa-zaklyuchvani-upoyavani-i-maltretirani-v-starozagorsko-1342095news.html"><em>BNTNews</em></a>, 7 June 2025; “„Kashtata na uzhasite“ v s. Yagoda: Vazrastnite sa bili vrazvani, upoyavani i maltretirani, petima sa arestuvani” (“House of horrors” in Yagoda: older people were tied up, drugged and mistreated; five arrested), <a href="https://bntnews.bg/news/-kashtata-na-uzhasite-v-s-yagoda-vazrastnite-sa-bili-vrazvani-upoyavani-i-maltretirani-petima-sa-arestuvani-1342130news.html"><em>BNTNews.bg</em></a>, 7 June 2025; Emilia Milcheva, “Hotel za smart: bezkraynyiat horar s domovete za vazrastni” (Hotel of death: the endless horror of care homes), <a href="https://p.dw.com/p/4vdAM"><em>DW</em></a>, 9 June 2025; Georgi Manev, “Vrazvani, biti i zaklyuchvani: Uzhasyavashti razkritiya za nelegalni starcheski domove” (Tied up, beaten and locked in: horrifying revelations about illegal care homes), <a href="https://nova.bg/news/view/2025/06/07/500130/%D0%B2%D1%80%D1%8A%D0%B7%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%B8-%D0%B1%D0%B8%D1%82%D0%B8-%D0%B8-%D0%B7%D0%B0%D0%BA%D0%BB%D1%8E%D1%87%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%B8-%D1%83%D0%B6%D0%B0%D1%81%D1%8F%D0%B2%D0%B0%D1%89%D0%B8-%D1%80%D0%B0%D0%B7%D0%BA%D1%80%D0%B8%D1%82%D0%B8%D1%8F-%D0%B7%D0%B0-%D0%BD%D0%B5%D0%BB%D0%B5%D0%B3%D0%B0%D0%BB%D0%BD%D0%B8-%D1%81%D1%82%D0%B0%D1%80%D1%87%D0%B5%D1%81%D0%BA%D0%B8-%D0%B4%D0%BE%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B5/"><em>Nova.bg</em></a>, 7 June 2025.</p>
<p><a id="n2"></a>(2) Ministry of Labour and Social Policy, “Ministar Gutsanov: Nyama da sprem, dokato i posledniyat nezakonen obekt za nastanyavane na vazrastni ne bade nameren” (Minister Gutsanov: We will not stop until the very last illegal care facility for older people has been found), <a href="https://www.mlsp.government.bg/ministr-gutsanov-nyama-da-sprem-dokato-i-posledniyat-nezakonen-obekt-za-nastanyavane-na-vzrastni-ne-bde-nameren"><em>Ministry of Labour and Social Policy</em></a>, 10 June 2025.</p>
<p><a id="n3"></a>(3) “Dramata s nezakonnite starcheski domove: Edin na svoboda, drugi v aresta” (The illegal care home scandal: one person released, others in custody), <a href="https://www.mediapool.bg/dramata-s-nezakonnite-starcheski-domove-edin-na-svoboda-drugi-v-aresta-news372092.html"><em>Mediapool</em></a>, 10 June 2025.</p>
<p><a id="n4"></a>(4) “Ima vrŭzka mezhdu sobstvenitsi s domove za vŭzrastni khora i imotnata mafiya, zayavi prokuror Nikolaĭ Nikolaev” (There is a link between care home owners and the property mafia, prosecutor Nikolay Nikolaev said), <a href="https://trud.bg/a/articles/%D0%B8%D0%BC%D0%B0-%D0%B2%D1%80%D1%8A%D0%B7%D0%BA%D0%B0-%D0%BC%D0%B5%D0%B6%D0%B4%D1%83-%D1%81%D0%BE%D0%B1%D1%81%D1%82%D0%B2%D0%B5%D0%BD%D0%B8%D1%86%D0%B8-%D1%81-%D0%B4%D0%BE%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B5-%D0%B7%D0%B0-%D0%B2%D1%8A%D0%B7%D1%80%D0%B0%D1%81%D1%82%D0%BD%D0%B8-%D1%85%D0%BE%D1%80%D0%B0-%D0%B8-%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D1%82%D0%BD%D0%B0%D1%82%D0%B0-%D0%BC%D0%B0%D1%84%D0%B8%D1%8F-%D0%B7%D0%B0%D1%8F%D0%B2%D0%B8-%D0%BF%D1%80%D0%BE%D0%BA%D1%83%D1%80%D0%BE%D1%80-%D0%BD%D0%B8%D0%BA%D0%BE%D0%BB%D0%B0%D0%B9-%D0%BD%D0%B8%D0%BA%D0%BE%D0%BB%D0%B0%D0%B5%D0%B2"><em>Trud</em></a>, 11 June 2025.</p>
<p><a id="n5"></a>(5) Nadya Hamdan, “Godina sled koshmara v selo yagoda: vsichki zadarzhani za doma na uzhasite sa na svoboda” (A year after the nightmare in Yagoda: all those detained over the “house of horrors” are now free), <a href="https://www.bgonair.bg/a/221-golemite-posleditsi/421513-godina-sled-koshmara-v-selo-yagoda-vsichki-zadarzhani-za-doma-na-uzhasite-sa-na-svoboda"><em>BG On Air</em></a>, 13 June 2026.</p>
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<p><strong>Featured image:</strong> Created by the author.</p>
<p><a href="https://regard-est.com/bulgarie-ce-que-le-scandale-des-maisons-des-horreurs-dit-dune-societe-en-proie-au-vieillissement">Link to the French version of this article</a></p>
<p>* Stéphan Altasserre holds a PhD in Slavic Studies and specialises in the Balkans.</p>
<p>Traduit du français par Assen SLIM</p>
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<p><strong>To cite this article:</strong> Stéphan Altasserre (2026), “Bulgaria: What the “Houses of Horrors” Scandal Reveals About an Ageing Society”, <em>Regard sur l’Est</em>, 7 September.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.22725094"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.22725094.svg" alt="10.5281/zenodo.22725094" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.22725094']" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-14825" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-300x96.png" alt="250x80 (English)" width="250" height="80" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2022/01/flèche-bleue-2-png-ENGLISH.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bulgarie : ce que le scandale des ‘maisons des horreurs’ dit d’une société en proie au vieillissement</title>
		<link>https://regard-est.com/bulgarie-ce-que-le-scandale-des-maisons-des-horreurs-dit-dune-societe-en-proie-au-vieillissement</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Céline Bayou]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 00:44:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En juin 2025, la société civile bulgare, qui connaît un vieillissement important de sa population, a été confrontée à un scandale sans précédent : la découverte [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/bulgarie-ce-que-le-scandale-des-maisons-des-horreurs-dit-dune-societe-en-proie-au-vieillissement">Read More</a></span></p>
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	<p style="text-align: justify;"><strong><a id="h1"></a>En juin 2025, la société civile bulgare, qui connaît un vieillissement important de sa population, a été confrontée à un scandale sans précédent : la découverte d’hospices clandestins où étaient séquestrées plusieurs dizaines de personnes âgées dans des conditions épouvantables. Comment empêcher ces dérives dans une société où les moyens manquent ?</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-20005-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20005-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20005-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><strong>L’intervention des pouvoirs publics dans la maison de retraite clandestine de Yagoda </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La maison de retraite du village de Yagoda (municipalité de Maglizh, district de Stara Zagora), dont les locaux comprenaient deux sites distincts, a perdu son agrément en avril 2025. L’établissement a cependant continué clandestinement son activité en tant que bailleur privé louant des logements à des personnes âgées. Des travailleurs sociaux de l’Agence pour la qualité des services sociaux (AKSU) ont alors été missionnés pour vérifier que la maison de retraite ne poursuivait pas son activité sous une autre forme, mais ils se sont vus refuser l’accès aux lieux par le propriétaire lors de leurs déplacements sur les lieux. Dans ce contexte, une vaste inspection de contrôle a été programmée avec l’assistance des forces de l’ordre le 6 juin 2025. Le lendemain, la procureure du district de Stara Zagora a organisé une conférence de presse pour faire part de l’opération et révéler l’ouverture d’une enquête judiciaire. La veille, travailleurs sociaux et services de secours avaient retrouvé 75 personnes âgées souffrant pour la plupart de maladies mentales, sur les lieux de l’intervention<a href="#n1"><sup>(1)</sup></a>. Les pensionnaires payaient 990 levas (soit près de 506 euros) chaque mois pour leur hébergement dans des bâtiments dont les poignées de fenêtre avaient été retirées afin d’empêcher leur ouverture de l’intérieur et où les hébergés étaient enfermés 24 heures sur 24. La nuit, ils étaient même consignés dans leur chambre. Quelques-uns ont été découverts dans leur chambre baignant dans leur sang. Certains étaient ligotés (des anneaux et des ceintures métalliques utilisés à cet effet ont été saisis) et sédatés à l’aide de médicaments, parfois à base de fentanyl, un puissant opiacé, sans que le ou les patients sachent quelle substance leur était administrée. Pour empêcher leur identification et les contacts avec le monde extérieur, leurs cartes d’identité et téléphones avaient été confisqués par le propriétaire, qui s’était également fait remettre des procurations par certaines personnes âgées vivant dans les bâtiments. L’enquête de voisinage a permis d’établir que des cris émanaient souvent des bâtiments où les locataires vivaient reclus. Six personnes âgées de 36 à 68 ans, le propriétaire et le personnel comprenant des infirmiers, ont été interpellés, inculpés par le Parquet et placés en détention provisoire pour leur implication entre le 10 avril et le 6 juin 2025, dans des actes de séquestration sur personnes vulnérables, violences, mise en danger de la vie d’autrui, dissimulation de documents d’identité d’autrui à des fins personnelles et utilisation abusive de données personnelles ou encore s’être opposées aux contrôles, par le tribunal du district de Kazanlak. Ils encourent des peines de prison allant de 3 à 12 ans. Le 9 juin, les enquêteurs ont également reçu le signalement troublant du décès d’un couple d’hébergés survenu début 2025. Les jours suivants, la mairie de Yagoda annonçait que 773 personnes âgées étaient décédées dans le village entre 2020 et juin 2025, le plus souvent dans des hospices, un chiffre qui peut paraître élevé.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Premières réactions des autorités face au scandale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dès le 6 juin, les deux sites ont été évacués et les 56 victimes non prises en charge par leurs proches ont été mises à l’abri dans différents établissements de soins ou d’urgence de la région, réquisitionnés en fonction de la gravité de leur situation : l’hôpital universitaire de Stara Zagora, le centre psychiatrique de Radnevo, les maisons de retraite de Stara Zagora, de Kazanlak et de Galabovo, mais aussi le Centre de crise de Sliven. 20 personnes ont été emmenées par leurs proches.</p>
<p style="text-align: justify;">Le vice-ministre du Travail et de la Politique sociale, Ivan Krastev, a comparé la vie des habitants de la maison de retraite de Yagoda à celle des internés du camp d’Auschwitz. Le ministre de la Justice, Gueorgui Gueorguiev, a qualifié l’hospice de « Maison des horreurs ». Il a exhorté les familles plaçant des proches dans des maisons de retraite à désormais davantage « <em>s’intéresser à la situation</em> [de leurs parents]<em> et à vérifier ce qui s’y passe</em> ». Afin de montrer la détermination du gouvernement à agir, le ministre du Travail et de la Politique sociale Borislav Goutsanov a déclaré que son administration ne « <em>s’arrêtera pas tant que la dernière maison sans permis du pays ne sera pas démasquée</em> »<a href="#n2"><sup>(2)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des opérations de contrôle renforcées</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte dès le 8 juin 2025, une opération d’inspection d’ampleur a été programmée dans la maison de retraite de Govedartsi près de Samokov<a href="#n3"><sup>(3)</sup></a>. Celle-ci, enregistrée en tant que société commerciale, ne disposait d’aucune autorisation attestant de cette activité et des travailleurs sociaux chargé de contrôler l’établissement s’étaient également vu refuser l’accès au bâtiment. Sur place, les intervenants ont trouvé 23 personnes âgées vivant dans des conditions jugées déplorables. Elles ont été mises à l’abri dans des établissements de Kovachevtsi et de Samokov. Le Parquet du district de Sofia a toutefois précisé que les soins y étaient légèrement meilleurs qu’à Yagoda et qu’aucun motif d’inculpation n’avait été retenu à l’encontre du directeur d’établissement car rien ne prouvait que les personnes hébergées aient été retenues contre leur gré.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 10 juin, une autre opération contre les foyers illégaux pour personnes âgées a été réalisée sur trois sites de la région de Varna, conduisant à la fermeture des établissements et à la mise à l’abri de 130 personnes âgées. À l’instar des bâtiments de Yagoda, des chambres étaient louées individuellement aux habitants qui vivaient dans des conditions de vie dégradées, sur des sites infestés de poux, de puces et de cafards. Les gestionnaires de l’hospice clandestin se sont justifiés en indiquant qu’il s’agissait de simples résidences touristiques. Réagissant à ces nouvelles inspections, le gouvernement a criminalisé la fourniture de ce type de services délivrés sans autorisation. La peine d’amende pour la fourniture de services de soin sans autorisation a été portée à 30 000 levas (contre 10 000 auparavant) et, en cas de retrait d’autorisation, il n’est plus possible d’en obtenir une nouvelle pendant cinq ans.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelles solutions pour éviter d’autres « maisons des horreurs » ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le recours à des établissements accueillant des personnes âgées, d’autant plus si elles souffrent de maladies mentales, est devenu une nécessité pour certains actifs ne disposant pas des disponibilités et de l’aménagement adapté pour prendre en charge leurs proches. Or, un placement en hospice est très onéreux et beaucoup de Bulgares n’ont pas les moyens de faire face aux frais demandés par les maisons de retraite. Pour le procureur Nikolaï Nikolaïev, il y a un lien évident entre les propriétaires de maisons de retraite illégales et la « mafia immobilière ».</p>
<p style="text-align: justify;">Pour faire face à la recrudescence de ce type d’établissements non réglementaire, certains observateurs notent qu’une prise de conscience par la société civile est désormais nécessaire. À court terme, le gouvernement, lui, opte surtout pour la répression, avec une multiplication des contrôles : 15 maisons de retraite illégales ont été fermées en moins d’un an sur le territoire bulgare et plusieurs agréments ont été refusés à d’autres établissements. À côté de ces mesures répressives, l’État bulgare a également décidé de rénover 81 maisons de retraite publiques ; ces travaux ont d’ores et déjà été achevés pour 12 établissements de 12 communes (Glavinitsa, Elhovo, Troyan, Dolna Mitropolia, Kula, Krumovgrad, Ruzhintsi, Dimovo, Alfatar, Mezdra, Vidin et Galabovo).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais de telles réformes seront-elles suffisantes ? Pour le professeur Nikolaï Gabrovski, directeur adjoint de l’hôpital universitaire des sciences médicales N. I. Pirogov, le développement de ces hospices illégaux cache un problème plus vaste : celui de la pénurie de personnels de santé<a href="#n4"><sup>(4)</sup></a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Un an après le scandale, le 13 juin 2026, soulignant les lenteurs de la justice bulgare, la procureure du district de Stara Zagora, Tanya Dimitrova, a indiqué que l’ensemble des personnes mises en causes avaient été libérées sous caution en attente du procès dont la date d’audience n’a pas été encore fixée<a href="#n5"><sup>(5)</sup></a>. Elle a dénoncé la lenteur de la justice et dit éprouver un sentiment d’injustice.</p>
<p><strong>Sources</strong> :</p>
<p><a id="n1"></a>(1) Vyara Nikolova, « Varzani i upoeni vazrastni hora sa otkriti v nezakonni starcheski domove v Starozagorsko » (Des personnes âgées ligotées et droguées retrouvées dans des maisons de retraite illégales à Stara Zagora), <a href="https://www.dnevnik.bg/bulgaria/2025/06/07/4792155_vurzani_i_upoeni_vuzrastni_hora_sa_otkriti_pri/"><em>Dnevnik.bg</em></a>, 7 juin 2025 ; Ivo Nikodimov, « 990 lv. za "kashtite na uzhasite": Vazrastni khora sa zaklyuchvani, upoyavani i maltretirani v Starozagorsko 990 лв. за "къщите на ужасите": Възрастни хора са заключвани, упоявани и малтретирани в Старозагорско » (990 leva pour les « maisons de l'horreur » : des personnes âgées sont enfermées, droguées et maltraitées à Stara Zagora), <a href="https://bntnews.bg/news/990-lv-za-kashtite-na-uzhasite-vazrastni-hora-sa-zaklyuchvani-upoyavani-i-maltretirani-v-starozagorsko-1342095news.html"><em>BNTNews</em></a>, 7 juin 2025 ; « „Kashtata na uzhasite“ v s. Yagoda: Vazrastnite sa bili vrazvani, upoyavani i maltretirani, petima sa arestuvani » („Maison des Horreurs“ dans le village. Yagoda : Des adultes ont été ligotés, drogués et maltraités, cinq ont été arrêtés », <a href="https://bntnews.bg/news/-kashtata-na-uzhasite-v-s-yagoda-vazrastnite-sa-bili-vrazvani-upoyavani-i-maltretirani-petima-sa-arestuvani-1342130news.html"><em>BNTNews.bg</em></a>, 7 juin 2025 ; Emilia Milcheva, « Hotel za smart : bezkraynyiat horar s domovete za vazrastni » (Hôtel de la mort : l’horreur sans fin des maisons de retraite), <a href="https://p.dw.com/p/4vdAM"><em>DW</em></a>, 9 juin 2025 ; Georgi Manev, « Vrazvani, biti i zaklyuchvani: Uzhasyavashti razkritiya za nelegalni starcheski domove » (attachés, battus et enfermés : révélations terrifiantes sur les maisons de retraite illégales), <a href="https://nova.bg/news/view/2025/06/07/500130/%D0%B2%D1%80%D1%8A%D0%B7%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%B8-%D0%B1%D0%B8%D1%82%D0%B8-%D0%B8-%D0%B7%D0%B0%D0%BA%D0%BB%D1%8E%D1%87%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%B8-%D1%83%D0%B6%D0%B0%D1%81%D1%8F%D0%B2%D0%B0%D1%89%D0%B8-%D1%80%D0%B0%D0%B7%D0%BA%D1%80%D0%B8%D1%82%D0%B8%D1%8F-%D0%B7%D0%B0-%D0%BD%D0%B5%D0%BB%D0%B5%D0%B3%D0%B0%D0%BB%D0%BD%D0%B8-%D1%81%D1%82%D0%B0%D1%80%D1%87%D0%B5%D1%81%D0%BA%D0%B8-%D0%B4%D0%BE%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B5/"><em>Nova.bg</em></a>, 7 juin 2025.</p>
<p><a id="n2"></a>(2) Ministère du Travail et des Affaires sociales, « Ministar Gutsanov: Nyama da sprem, dokato i posledniyat nezakonen obekt za nastanyavane na vazrastni ne bade nameren » (le ministre Goutsanov : Nous ne nous arrêterons pas tant que le dernier centre d’hébergement illégal pour adultes n'aura pas été découvert), <a href="https://www.mlsp.government.bg/ministr-gutsanov-nyama-da-sprem-dokato-i-posledniyat-nezakonen-obekt-za-nastanyavane-na-vzrastni-ne-bde-nameren"><em>ministère du Travail et de la politique sociale</em></a>, 10 juin 2025.</p>
<p><a id="n3"></a>(3) « Dramata s nezakonnite starcheski domove: Edin na svoboda, drugi v aresta » (Drame dans une maison de retraite illégale : une personne libérée, d'autres arrêtées), <a href="https://www.mediapool.bg/dramata-s-nezakonnite-starcheski-domove-edin-na-svoboda-drugi-v-aresta-news372092.html"><em>Mediapool</em></a>, 10 juin 2025.</p>
<p><a id="n4"></a>(4) « Ima vrŭzka mezhdu sobstvenitsi s domove za vŭzrastni khora i imotnata mafiya, zayavi prokuror Nikolaĭ Nikolaev » (Il existe un lien entre les propriétaires de maisons de retraite et la mafia immobilière, a déclaré le procureur Nikolaï Nikolaïev), <a href="https://trud.bg/a/articles/%D0%B8%D0%BC%D0%B0-%D0%B2%D1%80%D1%8A%D0%B7%D0%BA%D0%B0-%D0%BC%D0%B5%D0%B6%D0%B4%D1%83-%D1%81%D0%BE%D0%B1%D1%81%D1%82%D0%B2%D0%B5%D0%BD%D0%B8%D1%86%D0%B8-%D1%81-%D0%B4%D0%BE%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B5-%D0%B7%D0%B0-%D0%B2%D1%8A%D0%B7%D1%80%D0%B0%D1%81%D1%82%D0%BD%D0%B8-%D1%85%D0%BE%D1%80%D0%B0-%D0%B8-%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D1%82%D0%BD%D0%B0%D1%82%D0%B0-%D0%BC%D0%B0%D1%84%D0%B8%D1%8F-%D0%B7%D0%B0%D1%8F%D0%B2%D0%B8-%D0%BF%D1%80%D0%BE%D0%BA%D1%83%D1%80%D0%BE%D1%80-%D0%BD%D0%B8%D0%BA%D0%BE%D0%BB%D0%B0%D0%B9-%D0%BD%D0%B8%D0%BA%D0%BE%D0%BB%D0%B0%D0%B5%D0%B2"><em>Trud</em></a>, 11 juin 2025.</p>
<p><a id="n5"></a>(5) Nadya Hamdan, « Godina sled koshmara v selo yagoda: vsichki zadarzhani za doma na uzhasite sa na svoboda » (Un an après le cauchemar du village de Yagoda : toutes les personnes détenues pour la « maison des horreurs » sont libres), <a href="https://www.bgonair.bg/a/221-golemite-posleditsi/421513-godina-sled-koshmara-v-selo-yagoda-vsichki-zadarzhani-za-doma-na-uzhasite-sa-na-svoboda"><em>BG On Air</em></a>, 13 juin 2026.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vignette</strong> : réalisation de l’auteur.</p>
<p><a href="https://regard-est.com/bulgaria-what-the-houses-of-horrors-scandal-reveals-about-an-ageing-society">Lien vers la version anglaise de l'article</a></p>
<p>* Stéphan Altasserre est docteur en Études slaves, spécialiste des Balkans.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pour citer cet article :</strong> Stéphan Altasserre (2026), « Bulgarie : ce que le scandale des ‘maisons des horreurs’ dit d’une société en proie au vieillissement », <em>Regard sur l'Est</em>, 7 septembre.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.22725254"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.22725254.svg" alt="10.5281/zenodo.22725254" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.22725254']" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#h1"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-12741" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png" alt="244x78" width="244" height="78" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-300x96.png 300w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-768x246.png 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1-1024x328.png 1024w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2020/10/flèche-bleue-2-png-1.png 1634w" sizes="auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px" /></a></p>
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		<title>When Central and Eastern Europe Reawakens the Debate on the Continent’s Security</title>
		<link>https://regard-est.com/when-central-and-eastern-europe-reawakens-the-debate-on-the-continents-security</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Assen Slim]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 19:33:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Type à lister]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Russia’s full-scale war against Ukraine since 2022 has not only upended the continent’s military balance. It has also exposed a profound divide between perceptions in [&#8230;] <span class="read-more-link"><a class="read-more" href="https://regard-est.com/when-central-and-eastern-europe-reawakens-the-debate-on-the-continents-security">Read More</a></span></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="pl-20016"  class="panel-layout" ><div id="pg-20016-0"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20016-0-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20016-0-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="0" ><div
			
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	<p><strong><a id="h1"></a>Russia’s full-scale war against Ukraine since 2022 has not only upended the continent’s military balance. It has also exposed a profound divide between perceptions in Eastern and Western Europe. While parts of Western Europe long believed in the peace-making virtues of economic interdependence, countries that had experienced Soviet domination recognised the renewed Russian threat much earlier.</strong></p>
</div>
</div></div></div></div><div id="pg-20016-1"  class="panel-grid panel-no-style" ><div id="pgc-20016-1-0"  class="panel-grid-cell" ><div id="panel-20016-1-0-0" class="so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child" data-index="1" ><div
			
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<p style="text-align: justify;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-19978 alignright" src="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber-225x300.jpg" alt="sur un mur de la Maison de la culture détruite d’Irpine – Ukraine (photo Céline Bayou)." width="225" height="300" srcset="https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber-225x300.jpg 225w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber-768x1024.jpg 768w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber-1152x1536.jpg 1152w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber-1536x2048.jpg 1536w, https://regard-est.com/wp-content/uploads/2026/08/26-08-31-Irpine-T-Hoerber.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px" />The Baltic states, Poland and Romania within the EU, but also Ukraine and Moldova—with fairly strong Western backing—and, in a more precarious position, Georgia and Armenia, now remind us that European security can no longer be conceived solely from the traditional centres of power in Paris, Berlin or Brussels. In this anxious Europe, ‘the East’ is no longer a periphery. For all its extraordinary diversity, this part of Europe is becoming one of the places where the continent’s strategic future is being redefined.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>The End of the Post-Cold War Illusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">After 1945, Western Europe lived in a world that could be regarded as durably ‘pacified’: until the collapse of the Soviet Union, this admittedly meant the absence of open war rather than a fully guaranteed peace. In the West, moreover, the nuclear threat remained present. In the East, that threat was compounded by the experience of political oppression and Soviet domination. Yet with the collapse of the USSR, the enlargement of the European Union and the continent’s gradual reunification, many came to believe that Europe had entered a new era—even though the Cold War had left deep scars.</p>
<p style="text-align: justify;">This period fostered a powerful conviction: trade, interdependence and common institutions were supposed to make war impossible. The experience of the European Union appeared to confirm this hypothesis. Among former adversaries, economic integration had produced trust, prosperity and lasting peace. It was tempting to extend this reasoning to relations with Russia. Europe’s growing dependence on Russian hydrocarbons could therefore be interpreted not as a vulnerability, but as a bond of mutual interest.</p>
<p style="text-align: justify;">Russia’s full-scale war against Ukraine abruptly ended this illusion: economic interdependence did not prevent Moscow from resorting to force. On the contrary, it exposed Europe’s vulnerabilities, particularly in the energy and military spheres. This return of war to the continent is not entirely unprecedented. The Balkan wars of the 1990s had already demonstrated Europeans’ inability to prevent violence in their own neighbourhood without outside help. Brendan Simms described this as Europe’s ‘<em>unfinest hour</em>’, when it was forced to confront its powerlessness in the face of the crimes committed in Bosnia<a href="#n1">(1)</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Today, the difference is that the threat directly affects Europe’s security architecture. Russia’s aggression against Ukraine, combined with growing doubts about American reliability, has forced Europeans to confront what they had long preferred to put off. Their security can no longer rest solely on the celebrated ‘peace dividend’ or on an automatic US guarantee.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Central and Eastern Europe Confronts the Russian Threat</strong></p>
<p style="text-align: justify;">For the countries of Central and Eastern Europe, the launch of Russia’s full-scale invasion of Ukraine did not carry the same meaning as it did for parts of Western Europe. It reawakened a still-vivid historical memory of Soviet occupation, domination and terror. In these societies, the Russian threat is not a strategic abstraction: it refers to a lived and inherited experience embedded in national and family histories.</p>
<p style="text-align: justify;">This is why the strongest opposition to today’s Russia often comes from the states most directly exposed to the Soviet Union. The Baltic states are the clearest example. Their forced incorporation into the USSR and subsequent return to independence have shaped an acute awareness of sovereignty and vulnerability. Estonia, Latvia and Lithuania have long warned that post-Soviet Russia has never stopped viewing its neighbourhood as a sphere of influence.</p>
<p style="text-align: justify;">Poland also occupies a central place in this geography of vigilance. It was among the first countries to break politically with Soviet domination, notably through the <em>Solidarność</em> movement. This experience partly explains Warsaw’s firm stance towards Moscow. Since 2022, defending Ukraine has not merely been a matter of European solidarity for Poland; it is also seen as a forward line of defence for Central Europe as a whole.</p>
<p style="text-align: justify;">Romania, for its part, still bears the memory of Ceaușescu’s regime and is now exposed to regional tensions linked to the Black Sea, Moldova and the proximity of the war in Ukraine. Under Viktor Orbán, Hungary has occupied a more ambiguous position within the EU. Yet Hungarian history remains marked by the 1956 uprising and by Soviet tanks in Budapest.</p>
<p style="text-align: justify;">Other cases show that the Russian threat is not confined to military force. Slovakia within the EU, and Georgia outside it, illustrate the power of strategies based on influence, division and subversion. Moscow supports or encourages political forces capable of weakening European cohesion, downplaying the aggression against Ukraine or portraying the West as responsible for today’s tensions. This indirect action accompanies conventional warfare and seeks to undermine societies from within.</p>
<p style="text-align: justify;">Ukraine is, of course, the most extreme case of this confrontation—the place where resurgent Russian imperialism has turned into open warfare. Its military and political resistance is changing perceptions of the countries of Central and Eastern Europe, which are now seen as central actors in continental security. These countries bring historical, political and strategic expertise that the West can no longer ignore; they do not merely endure history, but also offer a compelling interpretation of it. For them, peace rests not only on dialogue, trade or institutions: it also requires the ability to resist coercion, defend borders and understand imperial dynamics when they re-emerge. This lesson, long dismissed by some Western partners as excessive or overly alarmist, now lies at the heart of the European security debate.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Western Europe Faces Reality</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Faced with Russian aggression, Western Europe reacted more slowly and with greater difficulty than the countries on its eastern flank. This hesitation can be explained in part by a strategic culture shaped by several decades of relative peace, prosperity and confidence in mechanisms of cooperation. For some Western European leaders and members of the public, the idea that a war of conquest could once again target a European state long remained almost unthinkable.</p>
<p style="text-align: justify;">That confidence long sustained an overly optimistic view of Russia. Energy ties, trade and diplomatic frameworks were expected to contain tensions. Germany was the most visible example, since its eastern policy rested on the idea that economic rapprochement could foster political transformation. Other Western European countries shared this conviction to varying degrees. Russia was seen as a difficult and sometimes brutal partner, but one that could still be integrated into a rules-based European order.</p>
<p style="text-align: justify;">The full-scale invasion of Ukraine shattered this view. It also exposed the military unpreparedness of European states. For three decades, the ‘peace dividend’ had made it possible to cut defence budgets and postpone major investments. This appeared rational in a world where interstate war seemed to belong to Europe’s past. Today, it stands revealed as a major vulnerability.</p>
<p style="text-align: justify;">The European Union has not stood idle in the face of Russian aggression. As early as 2014, it imposed sanctions on Russia, while some member states provided financial support to Ukraine and organised arms deliveries and military training. For the EU, this military support marks a significant break with the political habits of the post-1945 era. Yet the response developed in stages, often under pressure from events and from the countries most exposed to the Russian threat, particularly after 2022. It reflects a process of strategic learning rather than an immediate conversion.</p>
<p style="text-align: justify;">This internal difficulty is now compounded by American uncertainty. Since 1945, Western Europe’s security has been built around the guarantees provided by the United States and NATO. That certainty has now begun to fracture. An alliance rests not only on treaties, institutions and military capabilities, but also on confidence in the constancy of its members’ commitments. In a different context, Gregory Miller emphasises the importance of a reputation for reliability in building strategic partnerships<a href="#n2"><sup>(2)</sup></a>. Applied to transatlantic relations, this idea illuminates the present fragility. When America’s word becomes uncertain, Europe’s entire security architecture begins to waver.</p>
<p style="text-align: justify;">For the countries of Central and Eastern Europe, this uncertainty is particularly troubling. Their security depends heavily on NATO, but their historical experience makes them wary of guarantees that are too abstract. They know that deterrence works only when it is credible, visible and backed by political resolve. This is why they often call for a stronger military presence on the eastern flank, higher defence investment and a Europe capable of acting even if the United States hesitates.</p>
<p style="text-align: justify;">Western Europe therefore faces a dual challenge. It must rearm not only materially, but intellectually as well. In this new context, Paris, Berlin, Rome and Madrid can no longer ignore what Warsaw, Tallinn, Riga, Vilnius and Kyiv have long been saying.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>What the East Can Teach the West</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Central and Eastern Europe is no longer seen merely as a region to be protected, but as a source of strategic expertise. Its familiarity with the mechanisms of Russian domination gives its states new legitimacy in the European defence debate.</p>
<p style="text-align: justify;">For the EU, the challenge is not simply to increase military budgets or produce more weapons. It must also accept a shift in perspective. The continent’s security must be built with those who live closest to the threat. It must take on board what Kyiv, Warsaw, Tallinn, Riga, Vilnius, Bucharest and Chișinău have long understood: European peace remains fragile unless it is underpinned by a credible capacity for resistance.</p>
<p><strong>Notes:</strong></p>
<p><a id="n1"></a>(1) Brendan Simms, <em>Unfinest Hour: Britain and the Destruction of Bosnia</em>, Penguin, New York, 2003.</p>
<p><a id="n2"></a>(2) Gregory Miller, “Building space partnership through reliable reputation”, <em>in</em> Thomas Hoerber, Mariel Borowitz, Antonella Forganni and Bruno Reynaud de Sousa (eds.), <em>Routledge Handbook of Space Policy</em>, Routledge, London, 2025, pp. 22–39.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Featured image: </strong>On a wall of the destroyed House of Culture in Irpin, Ukraine (photo: Céline Bayou).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>* Thomas Hoerber holds the Jean Monnet Chair in European Studies, directs the Jean Monnet Centre of Excellence for European Space Policy and is Director of the EU-Asia Institute at ESSCA School of Management in Angers, France.</p>
<p>** Jakob Dehner is a bachelor’s student in Governance and Public Policy at the University of Passau, an independent liaison officer working with German ministries, and the author of numerous research papers.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>To cite this article:</strong> Thomas Hoerber and Jakob Dehner (2026), “When Central and Eastern Europe Reawakens the Debate on the Continent’s Security”, <em>Regard sur l’Est</em>, 31 August.</p>
<p><a href="https://doi.org/10.5281/zenodo.22663119"><img decoding="async" id="record-doi-badge" title="Get the DOI badge!" src="https://zenodo.org/badge/DOI/10.5281/zenodo.22663119.svg" alt="10.5281/zenodo.22663119" data-target="[data-modal='10.5281/zenodo.22663119']" /></a></p>
<p><a href="https://regard-est.com/quand-leurope-centrale-et-orientale-reveille-le-debat-sur-la-securite-du-continent">Link to the French version of this article</a></p>
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