Russie : le ministère des Finances veut relocaliser l’activité de taille des diamants dans le pays

Dans l’objectif de soutenir l’industrie de la taille, le ministère russe des Finances pourrait réintroduire des droits de douane à l’exportation de diamants bruts. Actuellement, 90 % des diamants extraits dans le monde sont traités en Inde, contre moins de 5 % en Russie, situation qui n’est évidemment pas du tout favorable à l’économie russe, et ce malgré la réputation d’excellence de la taille russe. Le vice-ministre des Finances Alexeï Moïsseev a donc annoncé un projet de décret qui imposerait des droits de douane sur l’exportation de diamants bruts non traités et un mécanisme de répartition de ces diamants entre les tailleurs.

Actuellement, environ 0,5 million de carats de diamants sont vendus chaque année en Russie. Le principal producteur, Kristall (Smolensk), produit environ 200 000 carats pas an, dont la majeure partie est destinée à l’exportation. Or, depuis 2016 conformément à un accord avec l’OMC, les droits de douane sur l’exportation de diamants ont été supprimés. Alors que des investisseurs étrangers, notamment indiens, envisageaient d’installer des usines de taille en Russie, ils y ont renoncé.

ALROSA extrait plus de 90 % des diamants du pays, contribuant à environ un tiers de la production mondiale. L’objectif des autorités serait désormais de soutenir la montée en puissance de l’activité de taille en Russie même, autour de deux clusters situés en Iakoutie et à Smolensk.

A supposer que la Russie parvienne à transférer une partie de la taille des diamants de l’Inde vers la Russie, les restrictions imposées par les pays de l’UE et du G7 feront de toute façon que les principaux débouchés pour les diamants russes, même taillés, resteront la demande intérieure et, à tout le moins en première destination, les marchés des pays « amis ».

 

Sources : Kommersant, Interfax.