Serbie : commémoration de l’Édit étudiant à Niš

Le milieu étudiant serbe, dénonçant la corruption du régime depuis la chute de l’auvent de la gare de Novi Sad le 1er novembre 2024, avait appelé à un nouveau rassemblement baptisé « L’État, c’est nous » (Država, to smo mi) à Niš le 1er mars. Il s’agissait pour les organisateurs de commémorer symboliquement le premier anniversaire des manifestations de Niš au cours desquelles un Édit étudiant a été adopté, document par lequel les participants se sont engagés en faveur d’un avenir meilleur et libre. Les organisateurs ont précisé peu avant que l’objectif de leur action était de rappeler au pouvoir qu’ils resteraient mobilisés tant qu’ils n’auraient pas gain de cause.

Deux regroupements différents, totalisant un millier de personnes, ont convergé vers la place centrale du Roi Milan. Aux côtés des étudiants et de citoyens désirant faire entendre leur voix, on a pu voir des représentants du monde politique, comme l’ancien Premier ministre (2003-2004) et fondateur de la formation Nova Stranka Zoran Živković. Point d’orgue de la journée d’action, le nom de chacune des 16 victimes de la catastrophe de Novi Sad a été lu à haute voix et la foule a observé 16 minutes de silence en leur mémoire. Puis, Ilija Tasić, étudiant à la faculté de philosophie de Niš, a pris la parole, rappelant que « pour gagner cette bataille, nous devons nous unir, surmonter nos différences et faire front commun contre le groupe criminel qui détruit ce pays de l'intérieur », désignant ainsi les notables du régime actuel accusés de corruption. L’avocat Vladan Manči de Glas Pirota (groupe défendant la liberté d’expression) a ensuite déclaré qu’il n’y avait pas de « mauvais gouvernement » en Serbie, mais une « mafia » qui avait pris le contrôle de l’État et le pillait. Pour lui, les avocats comme les juges devaient rester fidèles à leurs valeurs et se dresser avec courage face à ces pratiques. Après avoir repris en cœur la chanson Vostani Serbije (hymne de la Serbie insurrectionnelle), les participants se sont dispersés dans le calme et sans incident.

Les actions protestataires devraient se poursuivre à Niš et ailleurs en Serbie au cours des prochaines semaines, les contestataires réclamant toujours un changement de gouvernance dans le pays, c’est-à-dire la fin du régime d’Aleksandar Vučić, et la tenue de nouvelles élections.

Sources : Danas, N1, Instagram.