Depuis 2007, plusieurs centaines de familles de saisonniers bulgares séjournent temporairement ou de manière permanente dans le Tarn et Garonne, et en particulier dans la ville de Moissac (13 400 habitants). Cette main-d’œuvre permet depuis près de deux décennies de maintenir le dynamisme du secteur agricole du territoire, mais cette présence fait débat : d’aucuns rendent ces nouveaux Moissagais responsables de certaines nuisances en centre-ville et craignent leurs regroupements sur la voie publique. Le maire, Romain Lopez (RN), opposé à cette migration économique, a depuis la campagne électorale 2020 pris pour cible cette migration économique et l’a désignée comme problématique.
Le 11 mars les rédactions de France 3 Occitanie en partenariat avec la Dépêche ont organisé le débat du 1er tour des élections municipales 2026 à Moissac, avec pour invités les quatre têtes de liste : R. Lopez, Jules Duffaut (Horizons), Séverine Laurent (DVC) et Estelle Hemmami (PS-PCF-LE-NPA). La question des travailleurs saisonniers a occupé la première partie des débats, E. Hemmami proposant un travail sur le logement en centre-ville pour mieux accueillir ces populations, améliorer leur intégration et les relations avec les riverains. J. Duffaut a confirmé que « le vrai nœud du problème » était le logement et a souhaité le déploiement sur 10 ans d’un hébergement collectif sur les exploitations agricoles. S. Laurent a critiqué les logements indignes où certains étaient logés (garages de voiture), puis a mis en garde sur des « mafias » contrôlant une partie du flux migratoire et à surveiller. Quant au maire sortant, il a décrit la présence bulgare comme une « immigration massive de peuplement », justifiant son propos par l’arrivée des ouvriers en même temps que le reste de leur famille. E. Hemmami a rétorqué que, lors des autres vagues de migrations liées au travail saisonnier, les ouvriers s’étaient également installés avec leurs familles. R. Lopez souhaite remplacer les ouvriers bulgares par une main-d’œuvre en provenance du Maroc, c’est pourquoi il s’est mis en relation avec la consule du Maroc et les services de l’État. Il a également déclaré que le taux de chômage important à Moissac (13,4 %) était la conséquence de la présence de l’immigration bulgare que les agriculteurs locaux n’employaient plus désormais.
E. Hemmami, qu’un des ouvriers bulgares, Ignat Bonchev, a rejoint sur sa liste, a relativisé ces déclarations, précisant que les travailleurs bulgares étaient employés sur tout le département et même au-delà, jusqu’à Marmande (Lot-et-Garonne) ; une extension géographique du travail saisonnier des Bulgares de Moissac et alentours confirmée par le Centre d'informations et de recherches sur les Balkans.
Sources : France 3 Région, France TV, réseaux sociaux.