Les relations entre la Bulgarie et la Macédoine du Nord ont récemment été marquées par de nouvelles tensions diplomatiques liées à l’usage de certaines formulations officielles. Selon plusieurs sources, les autorités nord-macédoniennes ont exprimé leur mécontentement à la suite de l’utilisation du terme « partenaires nord-macédoniens » par la ministre bulgare des Affaires étrangères, Velislava Petrova-Chamova. Cet épisode a entraîné des échanges tendus entre les deux capitales et la convocation de l’ambassadeur bulgare à Skopje par le ministre des Affaires étrangères de la Macédoine du Nord, Timcho Mutsunski, qui est lui-même origine bulgare et dont le grand-père a servi dans l’Armée bulgare entre 1942 et 1944 à Skopije, selon les archives officielles militaires.
Cette situation illustre un paradoxe diplomatique central : alors que le terme « nord-macédonien » découle directement de l’Accord de Prespa signé en 2018 entre la Grèce et la Macédoine du Nord, son usage reste politiquement sensible et peut être contesté selon le contexte et l’interprétation des acteurs. Cet accord avait pourtant officialisé la dénomination « République de Macédoine du Nord », tout en permettant l’usage du terme « macédonien » pour la langue et l’identité dans certains cadres, afin de résoudre le différend historique avec Athènes. La situation soulève également la réalité du paysage ethnique et la question du nombre des Macédoniens d’origine bulgare dans le pays ainsi que leur protection et place dans la Constitution nord-macédonienne.
Dans le cas présent, la controverse révèle que la mise en œuvre du langage issu de l’accord reste source de tensions, notamment lorsque certaines formulations diplomatiques sont perçues comme politiquement chargées. Ces désaccords s’inscrivent dans un cadre plus large de frictions persistantes entre Sofia et Skopje autour des questions d’identité, d’histoire et de reconnaissance institutionnelle.
Sources : Deutsche Welle, Eurocom, Dnes.bg, BNR News, Pirin News, Actualno