Bulgarie : la dépendance à la main-d’œuvre étrangère mise en lumière par la guerre au Moyen-Orient

À l’approche de la saison estivale, l’économie bulgare, en particulier le secteur touristique, fait face à une incertitude croissante liée aux tensions au Moyen-Orient. Cette situation pourrait affecter non seulement les flux de touristes, mais aussi l’arrivée de main-d’œuvre étrangère, devenue essentielle pour compenser le manque de travailleurs locaux.

Depuis plusieurs années, la Bulgarie s’appuie en effet de plus en plus sur des travailleurs issus de pays tiers pour répondre aux besoins de secteurs comme le tourisme, la restauration ou encore le bâtiment. En 2026, une hausse du recours à cette main-d’œuvre étrangère est d’ailleurs constatée, confirmant une dépendance structurelle liée à la pénurie de travailleurs nationaux, selon le ministère du Tourisme. Cette situation s’explique notamment par l’émigration continue de la population active bulgare et le manque d’attractivité de certains emplois saisonniers.

Cependant, le contexte géopolitique actuel pourrait fragiliser cet équilibre. Les tensions au Moyen-Orient risquent de compliquer le recrutement de travailleurs venant de ces régions ou transitant par celles-ci. Des perturbations logistiques, administratives ou sécuritaires pourraient ralentir, voire réduire, l’arrivée de ces employés indispensables à l’économie saisonnière.

Ces tensions ont déjà des répercussions sur le secteur touristique. Des annulations de réservations ont été signalées, poussant les autorités à envisager des mesures pour stabiliser la saison estivale pour aider le secteur, notamment par la diminution de la TVA à 9 % pour les hôteliers, restaurateurs et transporteurs. Dans le même temps, une hausse des réservations pour l’été est également observée, signe d’une résilience relative du secteur et de l’attractivité des prix des séjours, relativement bas comparés aux autres pays européens.

Le gouvernement bulgare par intérim se trouve donc confronté à un double défi : sécuriser ses flux touristiques tout en garantissant l’arrivée d’une main-d’œuvre étrangère suffisante. Toute perturbation durable pourrait accentuer les tensions déjà existantes sur le marché du travail, notamment dans les zones touristiques du littoral, où la pénurie de personnel est récurrente. À terme, cette dépendance accrue à des facteurs extérieurs souligne la vulnérabilité du modèle économique bulgare qui sera probablement obligé de réévaluer les salaires dans le secteur.

Sources : BNT News, Nova, Mediapool, Tribune.bg, BTA, ministère bulgare du Tourisme.