Bosnie-Herzégovine : glorification post mortem de Ratko Mladić par des élus et militants nationalistes serbes

L’ancien commandant en chef de l’armée de la République serbe de Bosnie (RS), Ratko Mladić, s’est rendu célèbre pour les crimes de guerre perpétrés pendant la guerre de Bosnie (1992-1995), notamment le massacre de Srebrenica, d’où le surnom de « Boucher des Balkans » dont il a été affublé. Le 8 juin 2021, R. Mladić a été condamné à la réclusion à perpétuité pour le génocide de la population bosniaque à Srebrenica par le Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux. Le 27 août 2026, il est décédé dans un centre de détention à La Haye.

Une partie du milieu ultranationaliste bosnoserbe a réagi en glorifiant le général génocidaire. Des centaines de personnes ont défilé dans plusieurs villes de la RS (Zvornik, Višegra et Bijeljina) et dans le district de Brčko, scandant le nom du général et louant ses actions passées.

Mais, plus que la mobilisation de ces partisans, ce sont les prises de parole des élus nationalistes qui ont accaparé l’attention des médias. Le maire de Banja Luka, Draško Stanivuković, a réagi en postant sur les réseaux sociaux un message de condoléance adressé à la famille du défunt, mais aussi « à tous ceux qui voyaient en R. Mladić le symbole d'une époque et d'un combat ». Selon l’édile, « pour le peuple serbe, le général reste un homme dont le nom est profondément gravé dans son histoire. Un homme qui, comme beaucoup s’en souviennent, a porté sur ses épaules les moments les plus difficiles de son peuple, qui a fait des sacrifices pour lui et dont l’œuvre et le nom perdureront ». Ces mots ont choqué les familles de victimes et une partie de l’opinion publique bosnienne. La glorification d’un criminel de guerre constitue bien une infraction pénale dans ce pays (article 145a du Code pénal bosnien).

Il n’a pas été le seul édile à glorifier le général génocidaire. Ainsi, Milorad Dodik, ancien président de la RS, a déclaré que R. Mladic avait combattu pour la liberté du peuple serbe et que sa mort s’apparentait à un assassinat. Le président de l'Assemblée nationale de la RS, Nenad Stevandić, a accusé le Tribunal de La Haye d’être responsable de sa mort en ayant refusé son transfert en Serbie pour y recevoir des soins. Quant au maire de Laktaši, Miroslav Bojić, il a déclaré qu’il proposerait lors de la prochaine session municipale, le 21 septembre, de donner le nom de R. Mladić à l’une des rues du centre-ville de sa commune.

En réaction, le Parti socio-démocrate a déposé plainte pour glorification d’un criminel de guerre contre M. Dodik, N. Stevandić et D. Stanivuković.

Des funérailles nationales, avec honneurs militaires, seront organisées.

Conformément à la procédure, le président du Mécanisme a ordonné une enquête sur les circonstances de sa mort.

Sources : Slobodna Bosna, Slobodna Evropa, TV Informer, X.