Malgré une récolte particulièrement satisfaisante cette année, la région de Rostov, l’une des principales zones agricoles du pays qui fournit 10 % de la récolte céréalière de Russie, vient de déclarer l’état d’urgence à compter du 28 août en raison de son incapacité à exporter du blé.
Les attaques de drones ukrainiens sur les ports de la mer d’Azov sont la cause de cette difficulté : alors que ces installations permettaient de faire transiter chaque mois jusqu’à 1,5 million de tonnes de céréales russes destinées à l’exportation, depuis mi-juillet elles sont à l’arrêt complet. À leur suite, les principaux terminaux céréaliers de la mer Noire, eux aussi touchés par les frappes ukrainiennes, ont cessé leurs activités en août. Au total, ce sont plus de 80 % des capacités d’exportation de céréales russes qui seraient paralysés : en août, les exportations russes de blé ont atteint leur plus bas niveau depuis 16 ans, soit 1,9 million de tonnes. Les volumes ont été divisés par 2,3 par rapport à août 2025 et par 2,6 par rapport à la moyenne sur les cinq dernières années.
Des volumes importants de céréales restent coincés chez les producteurs, ce dont s’inquiète le président de l’Union céréalière russe, Arkadi Zlotchevski, qui décrit une situation économique très mauvaise pour les agriculteurs. Les pertes matérielles pourraient être considérables et entraîner une détérioration des conditions de vie de la population. Nombre d’agriculteurs sont déjà acculés et doivent vendre leur récolte à prix réduit, parfois environ 35 % moins cher qu’en début de saison. Les prix baissent de 100 à 200 roubles par jour.
Le ministère russe de l’Agriculture envisage de procéder à des achats publics de céréales pour compenser et réfléchit à des itinéraires d’exportation alternatifs, notamment via les ports de l’Arctique. En mer Baltique, le terminal céréalier de Vissotski (Saint-Pétersbourg) a une capacité de 3 millions de tonnes par an seulement. Quant aux ports de Lettonie et de Lituanie, il n’est pas certain qu’ils accepteraient de laisser passer des cargaisons russes, note A. Zlotchevski…
Sources : The Moscow Times, Interfax, Nsn.fm.