Le 4 septembre 2026, le Premier ministre bulgare Roumen Radev a reçu à Sofia son homologue slovaque Robert Fico, en visite officielle. Les deux dirigeants ont affiché une convergence sur la guerre d’ampleur en Ukraine, estimant qu’une solution militaire au conflit n’était pas envisageable et appelant à privilégier le dialogue, un cessez-le-feu et le retour à la table des négociations. Pour R. Radev, la poursuite d’une logique militaire augmente les risques d’escalade, tandis que la diplomatie constitue la seule solution « durable et fiable ».
Robert Fico a adopté une position similaire, tout en rappelant que l’invasion russe à grandd échelle constituait une violation du droit international. Critique à l’égard de la politique européenne sur ce sujet, il a affirmé que son gouvernement ne participait à aucun mécanisme financier destiné à « soutenir le conflit » et a plaidé pour « plus de paix et plus de diplomatie ».
Concernant les sanctions à l’encontre de la Russie, les deux dirigeants défendent également des vues similaires, basées sur la prise en compte des intérêts nationaux. R. Fico a indiqué que Bratislava ne romprait pas l’unité européenne mais pourrait s’opposer à des mesures menaçant les intérêts slovaques. R. Radev, de son côté, a rappelé que Sofia soutenait les décisions communes tout en défendant ses intérêts à Bruxelles.
Cette convergence politique accompagne un rapprochement économique et énergétique. Les deux pays souhaitent renforcer leur coopération dans le nucléaire civil, secteur central pour leurs économies, mais également dans la défense et l’industrie automobile. Les approvisionnements en gaz constituent un autre enjeu stratégique : R. Fico a souligné l’importance pour son pays des livraisons provenant de Bulgarie, dans un contexte d’incertitude sur les approvisionnements et les prix énergétiques européens.
La visite ouvre ainsi plusieurs perspectives pour les relations bilatérales. Bratislava a apporté son plein soutien à la candidature bulgare à l’OCDE, tandis que les deux gouvernements souhaitent développer les échanges dans les nouvelles technologies, les transports et l’investissement. La coopération universitaire pourrait également progresser grâce à davantage d’échanges d’étudiants et de doctorants.
Au niveau européen, le rapprochement Radev-Fico pourrait surtout consolider un axe de pays favorables à une approche plus réticente concernant l’aide militaire à l’Ukraine, les sanctions contre Moscou et la stratégie européenne en Ukraine, tout en veillant à maintenir leur appartenance aux cadres communs de l’UE et de l’OTAN.
Sources : Bulgarian News Agency, Novinite, Radio Bulgaria.