Géorgie : un citoyen russe ‘élu’ président d’Ossétie du Sud

Le 18 septembre, une « élection présidentielle » anticipée a été organisée en Ossétie du Sud, région séparatiste de Géorgie dont l’« indépendance » n’a été reconnue que par la Russie, l’Abkhazie, la Transnistrie, la Syrie, le Nicaragua et le Venezuela, et qui se trouve de fait occupée par la Russie depuis 2008.

La Commission électorale centrale d’Ossétie du Sud a conclu à la victoire par plus de 85 % des voix de Marat Kambolov, citoyen russe qui a précédemment occupé des fonctions au sein du gouvernement de Russie et a assuré la direction du centre de recherches nucléaires Institut Kourtchatov. M. Kamoblov est né en Ossétie du Nord et ne s’est installé en Ossétie du Sud qu’en mai dernier.

Le taux de participation aurait été de 73,2 % (soit 32 000 électeurs) et M. Kambolov, soutenu par Moscou, a battu à plate couture ses trois concurrents. 70 bureaux de vote avaient été installés dans l’entité, 4 en Ossétie du Nord et 1 à Moscou. Vladimir Poutine a immédiatement adressé ses félicitations à M. Kambolov, évoquant une victoire convaincante, prometteuse de relations bilatérales florissantes avec la Russie.

Le « président » sortant de l’entité Alan Gagloïev avait annoncé sa démission le 23 juin dernier et proposé la candidature de M. Kambolov pour lui succéder. Il est lui-même depuis devenu conseiller de V. Poutine.

Le fait que le nouveau « président » détienne la citoyenneté russe est rendu possible par un accord conclu en mai entre l’entité et la Russie au terme duquel des citoyens russes peuvent désormais occuper des fonctions publiques en Ossétie du Sud, et vice-versa.

Même si le porte-parole du Président russe, Dmitri Peskov a assuré au printemps que le changement de direction en Ossétie du Sud n’annonçait pas une annexion à venir de l’entité, les rumeurs vont bon train. Dès 2022, certains experts évoquaient un plan du Kremlin pour annexer l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud à la Russie ou à l’Etat de l’Union entre Russie et Bélarus.

Du point de vue de Tbilissi, ces deux territoires d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie sont, de fait, occupés militairement par la Russie ; dès lors, cette élection menée dans un contexte de contrôle effectif par Moscou est illégale et dénuée de toute légitimité. De même, le ministère géorgien des Affaires étrangères a condamné la décision de la Russie d’organiser en Ossétie du Sud et en Abkhazie les élections à la Douma russe des 18-20 septembre. Tbilissi a appelé la communauté internationale à condamner les agissements illégaux de la Russie sur le territoire souverain de la Géorgie et à y apporter une réponse appropriée sur les plans du droit international et de la politique. Le 18 septembre, l’UE a condamné par la voix de Kaja Kallas cette élection qu’elle ne reconnaît pas.

Sources : Sovanews.tv, oc-media.org, Meduza, Consilium.europa.eu, Forbes.