Serbie : retour sur la victoire de la Liste étudiante

Le milieu étudiant serbe, qui dénonce la corruption du régime depuis la chute de l’auvent de la gare de Novi Sad le 1er novembre 2024 (décès de 16 victimes), s’est engagé en politique au travers de la « Liste étudiante – Les étudiants gagnent ». cette liste a été lancée en mai 2026 lors de l’annonce de l’organisation d’élections anticipées concédées par le pouvoir. En vue de cette bataille législative, le Président a démissionné pour prendre la tête de la liste du bloc nationaliste, tandis que le mouvement estudiantin a continué à mobiliser la société civile contre la corruption du pouvoir avec le soutien de personnalités telles que Novak Djokovic.

Le 25 octobre a été marqué par une forte affluence dans les bureaux de vote. En milieu de soirée, le bloc nationaliste, au pouvoir depuis le 27 avril 2014, a dû reconnaître la large victoire de la Liste étudiante. Celle-ci a recueilli près de 53 % des suffrages, un score lui permettant d’obtenir la majorité des sièges (près de 141 sièges sur 250). La coalition du gouvernement sortant a obtenu seulement 39 % des voix et sera représentée au Parlement par près de 103 députés.

Le commissaire à la protection de l’égalité Milan Antonijević a salué la « tradition démocratique de la Serbie » et ce résultat a été célébré dans toute la Serbie par de nombreux citoyens de tous âges. Cette victoire historique est la conséquence de la forte mobilisation de la population urbaine en faveur des étudiants et de leur liste citoyenne. La nouvelle majorité l’a emporté dans les 17 municipalités du district de Belgrade, souvent haut la main comme à Stari grad, et dans la plupart des moyennes et grandes villes du pays, notamment en Voïvodine, berceau de la contestation. Les nationalistes sont arrivés en tête dans les bureaux de vote ouverts au Kosovo (71,6 % des votes) et dans les prisons (65,6 % des voix).

La Liste étudiante a désormais les coudées franches pour satisfaire son électorat en mettant en œuvre un programme centré non seulement sur la lutte contre la corruption (avec une section du Parquet dédiée à cette mission), le limogeage des fonctionnaires liés au crime organisé mais également sur l’indépendance de la justice et des médias.

Sources : Danas, N1, DW, Beta.