Roumanie : les promesses du gouvernement Niculescu

Après le renversement du gouvernement Bolojan (Parti national libéral - PNL) au début du mois de mai, le président Nicușor Dan a désigné trois candidats au poste de Premier ministre. Aucune de ces candidatures n’a été approuvée. La quatrième proposition a porté sur un indépendant, Luca Niculescu, diplomate de formation. Son cabinet est soutenu par une fragile coalition formée autour du Parti social-démocrate (PSD). Il a été approuvé par un vote du Parlement le 20 octobre organisé lors d’une séance plénière coprésidée par les présidents des deux chambres, au cours de laquelle 280 parlementaires se sont prononcés pour son investiture, dont les membres du PNL et de l’UDMR (Union démocrate magyare de Roumanie). Seuls 58 représentants ont voté contre son investiture.

Au cours des cinq derniers mois, les Roumains ont subi les conséquences de l’incertitude liée à l’absence de nomination d’un nouveau gouvernement : cette instabilité a provoqué l’arrêt de nombreux projets de construction, des suppressions d’emplois, des reports d’embauches ou encore la hausse des factures.

Dans ce contexte, pour le nouveau chef du gouvernement, « la Roumanie n’a plus de temps à perdre », alors qu’elle se trouve à un moment décisif de son histoire. Avec son entrée en fonction, il est « mis un terme à plus de cinq mois de gestion intérimaire et d’impasse politique — plus de cinq mois durant lesquels le monde qui nous entoure a évolué rapidement, alors qu’à Bucarest, les décisions cruciales sont restées au point mort ».

Afin de satisfaire à la fois la population et le PSD, le gouvernement devra concilier mesures sociales de protection envers les publics les plus vulnérables et assainissement budgétaire, car le déficit du pays avoisinait 8 % du PIB en 2025. L. Niculescu a présenté les grandes orientations de son programme. L’engagement le plus marquant concerne les revenus des retraités : en 2027, les retraites seront indexées sur l’évolution des prix. Cette mesure sera cependant réalisée dans les limites fixées pour la réduction du déficit budgétaire, un autre impératif à respecter par le pouvoir en place pour conserver le soutien d’une majorité de parlementaires. Malgré l’assainissement prévu, dans le cadre de la politique sociale gouvernementale, un soutien ciblé sera tout de même apporté aux ménages en difficultés ou à revenus modestes.

Enfin, la dernière grande priorité du nouveau cabinet concerne sa volonté de réduire le coût de l’énergie en combinant augmentation de la production (en électricité, près de 6 000 mégawatts supplémentaires et du gaz livré grâce au projet « Neptun Deep »), modernisation du réseau et amélioration des capacités de stockage énergétique. Une diminution des prix satisfera à la fois les ménages et les acteurs industriels, qui deviendront plus compétitifs.

Sources : Jurnalul National, Mediafax, Stirile Pro TV.