Le 6 octobre 2026, deux navires marchands ont été frappés par des drones aériens et maritimes dans la zone économique exclusive (ZEE) bulgare, en mer Noire. L’Alfa Watan, battant pavillon togolais, a coulé (12 membres d’équipage sont portés disparus). Le second navire, l’Able, transportant des céréales, a été endommagé mais son équipage a pu être secouru. Le Premier ministre bulgare Roumen Radev a condamné ces attaques, les qualifiant de violation du droit international et du droit maritime.
L’origine des drones demeure toutefois incertaine. Le Président ukrainien a attribué les frappes à la Russie. Sofia a refusé de confirmer cette accusation sans preuves matérielles. Le 9 octobre, R. Radev a reconnu que certains éléments orientaient les soupçons « vers un pays », tout en soulignant qu’aucun débris permettant d’identifier les appareils n’avait été retrouvé. Les autorités bulgares envisagent une coopération avec la Roumanie, la Turquie et les États-Unis pour poursuivre les investigations.
Le 8 octobre, R. Radev a rencontré à Sofia Kyrylo Boudanov, chef de l’administration présidentielle ukrainienne, lors d’une visite confidentielle organisée à la demande de ce dernier. Le Premier ministre a réaffirmé sa foi dans les moyens diplomatiques pour mettre fin aux hostilités. De son coté, l’ambassadrice russe en Bulgarie Elonora Mitrofanova niait les accusations.
L’Union européenne, elle, a exprimé sa solidarité avec la Bulgarie par la voix de la commissaire Marta Kos, soulignant les risques pour la navigation commerciale et les chaînes d’approvisionnement alimentaire.
Ces incidents illustrent l’extension des risques liés à la guerre menée par la Russie en Ukraine aux routes commerciales de la mer Noire. Pour Sofia, ils renforcent la nécessité d’améliorer la surveillance maritime et la coordination avec ses partenaires européens et atlantiques, tout en maintenant une position prudente sur l’attribution des responsabilités.
Sources : Bulgarian News Agency, Reuters, Radio Bulgaria, DarikNews.