Bulgarie : la classe politique europhile outrée des propos russophiles du Premier ministre

A la suite de l'attaque hybride de Leipzig, le gouvernement Radev a fait part de sa solidarité avec l’Allemagne sans pour autant accuser Moscou et en laissant entendre que Berlin avait peut-être un part de responsabilité. Le 4 septembre, le chef du gouvernement Roumen Radev a déclaré devant le Parlement : « L’Europe peut exister sans la Russie, mais elle aura du mal à exister longtemps face à la Russie… il est temps de s’asseoir à la table des négociations. » Ces propos ont suscité de multiples réactions de désapprobation au sein de l’opposition europhile.

Le GERB a reproché au Premier ministre d’être trop timoré et de refuser d’être Européen.

Pour Andreï Gyurov, candidat à l’élection présidentielle pour Continuons le Changement (PP), l’Union européenne n’a pas choisi d’être « contre » la Russie ; elle a simplement réagi face à une violation du droit international à ses frontières. Quant aux sanctions ciblant la Russie, elles sont un moyen pour Bruxelles de montrer que la guerre d’invasion de l’Ukraine à un coût réel pour l’agresseur. Dans ce contexte, le politicien encourage ses compatriotes et les pays européens à rester unis face aux pressions russes. Pour le fondateur du PP Assen Vassilev, les mots du Premier ministre sont ceux d’un « défaitiste » : les pays européens « ont survécu à l’Union soviétique » et ont également la force suffisante pour « survivre au régime de Poutine ».

Le réformateur Radan Kanev de Démocrates pour une Bulgarie forte observe pour sa part que « le Premier ministre bulgare utilise une fois de plus la tribune de l’Assemblée nationale bulgare pour diffuser un morceau de propagande russe, instiller la peur » chez ses compatriotes, voire « discréditer les citoyens modérés ». R. Kanev a rappelé que le projet européen s’était construit et renforcé pendant la Guerre froide et qu’à l’issue de cette période de confrontation, l’Union soviétique menaçante s’était effondrée, alors que l’Europe se renforçait.

Enfin, Ivaylo Mirchev, de Oui, la Bulgarie, a rappelé que, le pays étant membre de l’UE et de l’OTAN, on s’attendrait au moins à ce qu’il se montre loyal en défendant la communauté politique à laquelle il appartient et non en la défiant.

Sources : DW, Mediapool, Dnevnik.