Le 30 septembre 2026, le Parlement roumain a rejeté le gouvernement proposé par Siegfried Mureșan. Sur les 233 voix nécessaires à son investiture, le candidat soutenu par le PNL, l’USR et l’UDMR n’en a obtenu que 182. Les élus du PSD étaient présents mais n’ont pas voté ; ceux de l’AUR ont boycotté la séance. Près de cinq mois après la chute du gouvernement d’Ilie Bolojan, la Roumanie reste donc dirigée par un exécutif aux pouvoirs limités.
Le président Nicușor Dan a pourtant choisi de ne pas convoquer d’élections anticipées. Le 5 octobre, il a confié à Luca Niculescu, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et ancien ambassadeur en France, la mission de former un gouvernement. C’est la quatrième nomination depuis mai. Le choix d’un diplomate n’est pas anodin : le Président le présente comme un homme capable « d’harmoniser les positions » dans un Parlement où aucune majorité stable ne se dessine.
Les premières négociations, ouvertes le 8 octobre, ont révélé l’ampleur de la tâche : le PSD a accepté de discuter mais refusé un gouvernement purement technocratique. Il exige un changement de politique économique et une majorité clairement assumée avec le PNL et l’UDMR. Les libéraux, eux, excluent pour l’instant de gouverner avec le PSD, tout en se disant prêts à envisager un vote d’investiture. L’UDMR adopte une position comparable, se disant prêt à soutenir éventuellement le futur cabinet sans nécessairement y participer. L. Niculescu poursuit ses consultations et doit encore rencontrer l’USR et les autres groupes parlementaires.
Derrière ces tractations se joue désormais davantage que la composition d’un gouvernement. Le pays doit préparer son budget pour 2027, procéder à une rectification budgétaire et respecter ses engagements en matière de consolidation des finances publiques. Le blocage institutionnel devient donc progressivement un problème économique.
Les élections anticipées restent possibles. Après plusieurs échecs d’investiture, le Président peut dissoudre le Parlement mais la Constitution ne l’y oblige pas.
La Roumanie se retrouve ainsi devant un choix de plus en plus net : fabriquer, malgré les antagonismes, une majorité parlementaire capable de gouverner ou reconnaître que le Parlement actuel n’en est plus capable. Après cinq mois de crise et trois tentatives infructueuses, chaque nouvel échec rapproche un peu plus le pays des urnes.
Sources : AGERPRES.ro, Digi24.ro, HotNews.ro.