Russie : l’Église orthodoxe s’attaque à l’avortement au nom des ‘valeurs traditionnelles’

Responsable du secrétariat du Concile populaire russe mondial, le père Vassili Lossev a proposé le 25 juin d’introduire à l’intention des étudiants des facultés de médecine et de droit un nouveau cours, intitulé « Fondements chrétiens des valeurs spirituelles et morales traditionnelles ». Il s’agit que ces étudiants puissent adopter une « attitude réfléchie » vis-à-vis de l’avortement.

Et de rappeler que si, pour un orthodoxe, il est facile d’affirmer que la vie commence dès la conception, cela ne va pas de soi pour un laïc. Il s’agit donc de faire réfléchir les étudiants aux notions de vie, de mort et d’avortement à travers la vision chrétienne du monde : « C’est alors que les conclusions scientifiques prennent une autre résonance. »

Pour lui, la tradition juridique russe a toujours été fondée sur les valeurs chrétiennes et a historiquement considéré l’avortement comme le meurtre d’un enfant à naître. La réglementation actuelle en matière d’avortement lui apparaît comme contraire à la Constitution russe, qui garantit le droit à la vie. Il voit une « contradiction systémique entre les textes réglementaires et la Constitution », ce qui nécessiterait d’interpréter la Loi fondamentale et la législation dans leur ensemble, « sous l’angle du droit à la vie ».

Cette initiative intervient dans le contexte d’une campagne continue visant à restreindre l’avortement en Russie et à encourager la natalité, pour faire face au déclin démographique. Trente régions russes ont déjà adopté des lois interdisant « l’incitation à l’avortement » et, dans 24 d’entre elles, cette infraction est passible d’amendes. Selon le ministre russe de la Santé, fin 2025, le nombre d’interruptions de grossesse dans le pays avait diminué de 5 %, pour s’établir à 321 000 cas

Pour rappel, l’URSS a été le premier pays au monde à légaliser l’avortement, en 1920. Après une interdiction durant la période stalinienne, il a été réintroduit et était très largement pratiqué jusqu’à l’implosion de l’URSS.

Sources : The Moscow Times, Kommersant, vrns.ru.