En 2007, John Jordan, ancien Marine et pompier américain, avait été auditionné devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye au sujet de la présence de groupes d’hommes portant des fusils de chasse, des « touristes tireurs d’élite », à Sarajevo lors de la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995.
En 2022, le film-documentaire Sarajevo Safari du réalisateur slovène Miran Zupanič avait suscité l’effroi de l’opinion publique internationale en évoquant le phénomène des « chasses à l’homme » de civils organisées à partir des positions de l’armée de la République serbe dans et autour de Sarajevo lors de la guerre de Bosnie. Le film dénonçait ce « tourisme » macabre dont les principaux acteurs étaient de riches ressortissants étrangers venus dans la ville martyre pour abattre impunément des personnes et profiter du désordre engendré par le conflit pour assouvir leurs viles pulsions.
La sortie de ce film avait interpellé le journaliste italien Ezio Gavazzeni, qui s’intéressait depuis longtemps au sujet du « tourisme de guerre ». Le 28 janvier 2025, il a remis au parquet de Milan un dossier faisant état de ses investigations. Le journal allemand Frankfurter Sonntagszeitung (FAS) a eu accès à ces documents et les a synthétisés dans un article paru le 30 novembre qui révèle de nouveaux détails choquants, aussitôt repris par la presse bosnienne. À la suite du témoignage de J. Jordan, « rien ne s’est passé », écrit le FAS et ces « safaris » n’auraient été considérés que comme des « légendes urbaines ». Pourtant selon les informations recueillies par E. Gavazzeni, au moins une centaine de personnes ont participé à ces excursions de tireurs à Sarajevo, déboursant l’équivalant de 300 000 euros, notamment pour abattre des enfants, des hommes en uniforme ou des personnes âgées.
En février 2026, le journaliste italien publiera un nouveau livre, intitulé I cecchini del weekend (Les tireurs d’élite du week-end), un ouvrage que Netflix et Amazon souhaitent d’ores et déjà pouvoir adapter pour le petit écran.
Sources : Frankfurter Sonntagszeitung, Slobodna Bosna.