Bulgarie : la réduction des bureaux de vote hors UE inquiète la diaspora

La démission du gouvernement dirigé par Rossen Zhelyazkov en décembre 2025, suivie du retrait du président Roumen Radev, a plongé le pays dans une nouvelle période d’incertitude institutionnelle. De nouvelles élections législatives sont envisagées pour avril 2026, alors que la confiance des citoyens envers les institutions demeure fragile.

C’est dans ce climat tendu que le Parlement bulgare a adopté des amendements au code électoral affectant directement les Bulgares résidant à l’étranger. Les modifications prévoient une réduction importante du nombre de bureaux de vote situés hors de l’Union européenne, notamment au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Turquie. Les autorités justifient ces mesures par des contraintes logistiques et administratives. Initiateur de la proposition, le parti politique Vazrajdane (Renaissance, extrême-droite) met en avant cette mesure par la préoccupation concernant les fraudes et les ingérences étrangères.

Pour de nombreux citoyens et organisations civiques, ces changements constituent un nouvel obstacle à l’exercice du droit de vote. Les critères renforcés pour l’ouverture de sections électorales rendent l’accès aux urnes plus difficile pour une partie significative de la diaspora. Cette situation alimente un sentiment d’exclusion politique, alors même que les Bulgares de l’étranger sont régulièrement présentés par les responsables politiques comme un atout stratégique pour le pays.

Les critiques dénoncent un écart entre le discours officiel et les pratiques électorales. Plusieurs partis politiques et ONG estiment que la réduction des bureaux de vote hors UE affaiblit la représentation démocratique et risque d’exclure des dizaines de milliers d’électeurs. Le parti réformateur Da, Bulgaria a ainsi appelé à bloquer ces amendements, tandis que plusieurs médias évoquent un précédent préoccupant à l’approche du scrutin.

Le vote des Bulgares de l’étranger apparaît ainsi comme un enjeu central de la crise politique actuelle, révélant les tensions persistantes entre stabilité institutionnelle, participation démocratique et relation avec la diaspora.

Sources : Novinite, BTA, The Sofia Globe, Euronews, RFE/RL.