Russie : les prévenus envoyés sur le front en Ukraine, une bombe à retardement

Le chef de la police de Mourmansk, Alexandre Talataev a déclaré devant le Conseil municipal de la ville qu’en 2025 les autorités locales avaient interrompu les enquêtes portant sur 326 affaires en raison de la signature par les suspects ou prévenus de contrats pour rejoindre les Forces armées. Parmi les affaires suspendues, 105 relevaient de la catégorie des crimes graves, à savoir meurtre, terrorisme, viol ou infraction économique d’ampleur.

Depuis 2024, la législation russe permet en effet aux individus d’éviter les poursuites pénales en signant un contrat avec le ministère de la Défense. Nombreux sont ceux, en Russie, qui s’inquiètent du retour à la vie civile de ces contrevenants qui pourraient constituer un danger pour la sécurité publique. De nombreux cas d’assassinats, notamment, ont déjà été rapportés.

Selon une étude réalisée par Novaya Gazeta Evropa et publiée en janvier 2026, 8 000 verdicts de justice mentionnant la participation des prévenus à la guerre en Ukraine auraient déjà été consignés : les individus revenant des combats sont poursuivis pour meurtres ou tentatives de meurtres selon une occurrence deux fois et demie plus élevée que la moyenne des citoyens russes.

Par ailleurs, selon A. Talataev, les mesures policières dans Mourmansk auraient empêché les atteintes à l’ordre public qu’auraient pu provoquer certains groupes de citoyens opposés à l’« opération militaire spéciale » menée en Ukraine. Barents Observer note qu’aucune source officielle ou médiatique n’a confirmé l’établissement de rapports faisant état de manifestations de masse anti-guerre, autorisées ou non, à Mourmansk en 2025. Le journal en déduit que cette déclaration du chef de la police a valeur de « rapport », à moins que toute tentative de manifestation anti-guerre n’ait été empêchée avant même que la moindre information à son sujet ne soit apparue.

Sources : The Barents Observer, Novaya Gazeta Evropa.