La publication « Pour être précis » (Esli byt totchnym) a rendu publique début juillet une enquête les régions de Russie les plus touchées par les problèmes (dont la mortalité) liés à l’alcool. Il en ressort que la situation est la plus grave dans le Grand Nord, en Sibérie et dans l’Extrême Orient.
Les régions autonomes des Nenets et de Tchoukotka sont en tête pour la consommation d’alcool et, en outre, leur consommation a largement augmenté au cours des dernières années : si, par exemple, la consommation d’alcool dans la région autonome des Nenets était de 16 litres d’alcool pur par adulte et par an en 2019, elle est passé à 35 litres en 2024, soit plus du double. En Tchoukotka, ces chiffres sont passés de 14 à 29 litres. Dans la région autonome juive, ils sont passés de 19 à 25 litres.
Le problème est flagrant en particulier dans les régions septentrionales, où le niveau élevé de consommation s’accompagne d’une forte proportion de boissons fortes. Les peuples autochtones, en particulier, sont particulièrement vulnérables.
La consommation est élevée dans les régions industrialisées, où la culture de l’abus d’alcool est souvent associée aux professions traditionnellement plus masculines. Les caractéristiques démographiques ont un impact également sur la consommation d’alcool : on note que les régions en croissance démographique le sont généralement sous l’effet d’un apport migratoire et que celui-ci rime le plus souvent avec plus grande attention portée à la santé. À l’inverse, dans les régions d’exode, ne restent que ceux moins enclins à prendre soin de leur santé. La situation est encore plus compliquée dans les villes mono-industrielles.
La situation apparaît plus favorable dans les régions du Caucase du Nord, où l’islam, les traditions et le contrôle social jouent un rôle, ainsi qu’à Moscou et Saint-Pétersbourg, où les revenus sont nettement plus élevés et où les habitants ont accès à des soins médicaux de qualité. Dans le Caucase du Nord, la consommation serait de moins de 2 litres par adulte et par an.
L’étude révèle enfin que, lorsque des interdictions sont imposées (par exemple dans la région de Vologda, où la vente d’alcool n’est autorisée, en semaine, que de midi à 14h), cela peut avoir un effet contre-productif, les personnes dépendantes se rabattant sur des substituts encore plus dangereux.
Sources : Barents Observer, Tochno.st