Bélarus : un système de retraite à bout de souffle

Le système de retraite du Bélarus repose sur la solidarité entre actifs et retraités. Ce fonctionnement par répartition a permis de verser les retraites sans difficulté aux bénéficiaires jusqu’aux années 2000. Mais, depuis, la croissance significative du nombre de retraités et l’arrivée sur le marché d’un nombre décroissant d’actifs rendent ce système moins adapté à l’évolution démographique du pays, marqué par le vieillissement de la population. Les pensions ont drastiquement diminué et de nombreuses administrations régionales ne sont désormais plus en mesure de verser les retraites.

La situation est telle qu’en juin 2026, le ministre du Travail Andreï Lobovitch a reconnu officiellement l’incapacité de la plupart des régions (comme Vitebsk et Moguilev) à générer les recettes nécessaires pour que la Caisse de sécurité sociale puisse verser les pensions, même si la région de Minsk est encore épargnée.

Depuis plusieurs années, les autorités ont porté la pension moyenne perçue à moins de 40 % du salaire moyen national, le minimum de pension recommandé par l’Organisation internationale du travail. En 2026, elles ne sont plus en mesure de tenir cet objectif : selon les données relevées entre janvier et avril, la pension moyenne s’élevait à 1 049 roubles (près de 380€), soit 36,8 % du salaire moyen (2 850 roubles / près de 880€). Les grands perdants sont les bénéficiaires qui ont contribué pendant des décennies à financer ce système et perçoivent aujourd’hui des pensions très faibles.

Le gouvernement pourrait verser la différence et maintenir le montant perçu à hauteur de 40 %. Pour certains économistes, son manque d’engagement à combler ce déséquilibre trouve ses racines dans le régime autoritaire du pays : il n’est en effet pas nécessaire aux gouvernants d’acheter une forme de paix sociale en satisfaisant les retraités pour être réélu.

Sources : Zerkalo, UDF – Novosti Belarusi.