Depuis le début de la guerre d’invasion de l’Ukraine, le Kremlin dans le cadre de sa stratégie militaire instrumentalise les réseaux sociaux pour y diffuser de fausses informations, souvent avec l’aide de l’intelligence artificielle, afin de discréditer Kyïv et les pays qui lui viennent en soutien. Les autorités ukrainiennes se voient régulièrement obligées de démentir la réalité de ces nouvelles et des images qui les accompagnent.
En septembre 2026, les autorités ukrainiennes avaient dénoncé les fausses informations diffusées par le réseau Tik-Tok et des chaînes Telegram russes, notamment le détournement des éditions du 17 septembre du quotidien français Nice-Matin et de l’hebdomadaire Marianne (N° 1540). La désinformation consistait à faire paraître des unes annonçant le décès d’un militaire britannique, dénommé Paul Wilks, en Ukraine à la suite de la mauvaise manipulation d’une grenade par un soldat ukrainien. Les numéros de presse originaux ne faisaient aucune mention de ces nouvelles. Les faits ont également été démentis par les autorités britanniques. Pour Kyïv, ces documents visaient à la fois à donner l’image de troupes ukrainiennes incompétentes et à signaler la présence de troupes de pays de l’OTAN sur le front côté ukrainien, justifiant la rhétorique habituelle du Kremlin.
À la fin du mois de septembre, une vidéo générée par l’IA et circulant sur les réseaux sociaux montrait cette fois-ci des soldats ukrainiens revêtant des vêtements civils, notamment en se travestissant en vieille femme, pour se déplacer sur la ligne de front. Les autorités ukrainiennes soupçonnent là aussi la Russie d’être à l’origine de ces documents. La falsification a été mise à jour par l’observation attentive de la séquence permettant de détecter le mouvement artificiel des visages, ainsi que par le recours à DeepFake-O-Meter, une plateforme de vérification. Le pourcentage de chances que l’IA soit à l’origine de la vidéo s’élevait de 86,1 à 99,6 % en fonction des modèles d’analyse de Deep Fake.
Kyïv s’attend à ce que cette forme de propagande russe automatisée et générée par l’IA se développe au cours des prochains mois. Elle craint également qu’elle soit de plus en plus difficile à détecter pour l’internaute moyen et encourage le sentiment anti-ukrainien en Europe.
Sources : Ukrinform, StopFake, Detector Media.