Bulgarie : coopération et intransigeance à l’égard de Skopje

La Bulgarie et la Macédoine du Nord sont en passe de concrétiser une avancée notable dans leur coopération bilatérale, avec l’approbation par l’Assemblée nationale bulgare d’un accord sur la construction d’un tunnel ferroviaire transfrontalier reliant Sofia à Skopje et relevant du Corridor VIII pan-européen. Ce projet stratégique de liaison entre la mer Noire et l’Adriatique soutenu par l’UE et l’OTAN est perçu comme un élément clé pour la connectivité des Balkans occidentaux et illustre la volonté de Sofia de renforcer les liens économiques et infrastructurels avec son voisin. La ratification par le Parlement de ce projet d’infrastructure ouvre ainsi la voie à une nouvelle étape de coopération, après des décennies de discussions concernant les projets routiers et ferroviaires.

Cette dynamique positive masque toutefois difficilement un point de tension majeure dans les relations bilatérales : l’accès de la Macédoine du Nord à l’Union européenne reste en effet conditionné à une exigence politique ferme exprimée par la Bulgarie : la présidente bulgare Iliana Yotova a réaffirmé lors de la Conférence de Sécurité à Munich, qui s’est tenue du 13 au 15 février, qu’il ne saurait y avoir de progrès dans les négociations d’adhésion de la Macédoine du Nord tant que les Bulgares ne figureront pas dans la Constitution macédonienne, conformément à ce qui est établi dans le consensus européen de 2022. Cette position n’est pas seulement celle de Sofia, a souligné la Présidente, mais s’inscrit dans le cadre plus large de la politique européenne d’élargissement vers les Balkans occidentaux.

Ce contraste illustre bien la double face de la politique de Sofia : d’un côté, une coopération affirmée permettant d’acter des avancées tangibles en matière d’infrastructures entre les deux pays ; de l’autre, une conditionnalité politique stricte concernant le rapprochement de Skopje avec l’UE, centrée sur des questions d’identité et de reconnaissance constitutionnelle. Malgré l’ouverture d’un dialogue technique et logistique important, le chemin vers l’intégration européenne de Skopje reste donc entravé par des exigences politiques jugées non négociables par Sofia.

Sources : BTA, bTV Novinite, Ruse news, Fakti.bg, Vesti.bg.