Le 4 juin 2026, le président bulgare Roumen Radev et le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis ont signé à Sofia une déclaration de partenariat stratégique destinée à approfondir la coopération entre les deux pays. Les dirigeants ont présenté la Bulgarie et la Grèce comme un « axe de stabilité » dans une région confrontée aux conséquences de la guerre en Ukraine, aux défis énergétiques et aux enjeux de sécurité en mer Noire.
Le document prévoit un renforcement de la coopération dans les domaines des transports, de l'énergie, de la connectivité régionale et de la défense. Sofia et Athènes ont notamment réaffirmé leur soutien au corridor multimodal reliant la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie, projet visant à renforcer les liaisons entre la mer Égée et la mer Noire. La coopération au sein de l'OTAN a également occupé une place importante dans les discussions, les deux pays partageant des préoccupations communes concernant la sécurité du flanc Sud-Est de l’Alliance.
Si les déclarations officielles ont mis l'accent sur les infrastructures et la défense, elles sont restées discrètes sur un dossier sensible : celui des ressources hydriques transfrontalières. La Grèce demeure dépendante des eaux de l'Arda pour l'irrigation d'une partie de la région d'Evros et souhaite sécuriser son approvisionnement à long terme. Cette question suscite régulièrement des débats en Bulgarie, où certains observateurs redoutent que les futurs projets régionaux ne s'accompagnent de nouvelles concessions concernant l'utilisation des ressources d’eau. Interrogé sur ce sujet lors de la conférence de presse, R. Radev n'a pas apporté de réponse.
Ces inquiétudes s'expliquent également par la situation intérieure du pays. Selon la Radio nationale bulgare, plus de 260 000 personnes ont été confrontées à des coupures ou à des restrictions d'eau en 2025, tandis que des problèmes d'approvisionnement étaient recensés dans 85 municipalités. Une étude réalisée dans le cadre du programme de coopération transfrontalière Grèce-Bulgarie souligne par ailleurs que certaines localités de la région de Kardzhali, située sur le bassin de l'Arda, sont régulièrement soumises à un régime d'eau durant les mois d'été lorsque la demande dépasse les capacités du réseau. Ces difficultés alimentent les critiques des organisations civiles concernant l'état des infrastructures hydrauliques nationales.
Sources : Site du gouvernement grec, Nova TV, Bulgarian National Radio, Interreg Greece–Bulgaria Programme.