Russie : la région de Penza en proie à des ‘rafles’ d’hommes par les instances militaires

Un vent de panique souffle depuis quelques jours sur la ville de Penza, où les hommes font l’objet de vérifications plus systématiques de leur statut militaire. La nouvelle a commencé à se répandre le 17 juin, après qu’une habitante a mis en ligne sur le réseau VKontakte une vidéo montrant des femmes tentant d’arrêter un bus devant le bureau de recrutement militaire et dénonçant la signature forcée de contrats.

Les instances locales du ministère de l’Intérieur ont rapidement rétorqué, notamment via leur chaîne Telegram, faisant état de « rafles programmées » et régulières visant à identifier des « personnes ayant obtenu la citoyenneté russe et ne s’étant pas inscrites sur le registre militaire ».

De nombreux médias indépendants, tels que Vajnye Istorii, Mediazona ou encore Idite Lessom ont fait état de la multiplication de tels cas, qui ne toucheraient pas que Penza mais également les villes de Kamenka et Kouznetsk. Ivan Tchouviliaïev, porte-parole du mouvement Idite Lessom (Allez vous faire voir, qui propose des solutions à ceux qui ne veulent pas être enrôlés de force et envoyés sur le front en Ukraine), note que les défenseurs des droits de l’homme ont reçu quatre signalements en provenance de Penza, l’un concernant une personne en état d’ivresse, deux autres des hommes présentant des signes de vulnérabilité et le quatrième un sujet sous le coup d’une peine avec sursis et ayant un casier judiciaire non effacé. I. Tchouviliaïev conteste le caractère planifié de ces raids, leur focalisation sur des personnes récemment naturalisées et note que ces méthodes sont illégales : si le ministère de la Défense a besoin d’hommes, il doit envoyer des convocations.

L’initiative des responsables de Penza semble circonscrite à la région et correspond vraisemblablement à une action visant à remplir les quotas de recrues sous contrat par tous les moyens. Il intervient à un moment où des bruits courent concernant une possible nouvelle mobilisation, alors que la Russie perd environ 35 000 soldats (morts ou hors d’état de combattre) chaque mois depuis le début de l’année en Ukraine et peine de plus en plus à les remplacer.

Sources : Novaya Gazeta Evropa, Veter.info, Iditie Lessom.