Le cinéma est-européen mis à l’honneur pour la 92ème cérémonie des Oscars

L'Académie des Oscars a publié le 16 décembre une liste de 10 films pré-sélectionnés parmi 91 pour la catégorie de Meilleur film international. Seuls 5 seront effectivement nominés pour les Oscars ; l’annonce en sera faite le 13 janvier 2020. En attendant, le continent européen peut se targuer de mener la danse : 8 films sont européens, dont 5 d'Europe centrale et orientale et 1 de Russie.

C'est la deuxième fois qu'un film soumis par l'Estonie atteint cette étape avancée du processus de sélection. Pour réaliser son film Tõde ja Õigus (Vérité et justice), Tanel Toom s'est inspiré du premier tome de la pentalogie éponyme d'Anton Hansen Tammsaare, considérée comme chef-d'œuvre majeur de la littérature estonienne. Dans ce film qui prend place à la fin du XIXe siècle, il dépeint les rapports conflictuels entre l'homme et la nature mais aussi entre les hommes eux-mêmes. Les protagonistes sont des fermiers dont certains seulement cherchent à construire un monde fondé sur la vérité et la justice. Le film a été produit par la société estonienne Allfilm, à l’origine de l’unique film estonien à avoir été déjà nominé dans la catégorie de Meilleur film en langue étrangère en 2015, Mandariinid (Mandarines).

Les films proposés par la République tchèque, la Russie et la Hongrie prennent place dans un contexte de Seconde Guerre mondiale. La production tchèque, Nabarvené ptáce (The Painted Bird) est inspiré du roman du même nom de l'auteur juif polonais Jerzy Kosiński, traduit en français sous le titre L'Oiseau bariolé. Le film, réalisé par Václav Marhoul, retrace l'histoire d'un enfant juif se démenant seul dans une Europe orientale ravagée par la guerre. Noir et blanc, ce long-métrage a en outre la particularité d'être en langage interslave. L'autre film prenant place dans ce contexte de Seconde Guerre mondiale est la production russe, Dylda (Une grande fille), réalisée par le jeune Kantemir Balagov. On y suit Ilya, accompagnée d’un garçonnet de 3 ans et atteinte de stress post-traumatique, qui travaille à l'automne 1944 dans un hôpital pour soldats après le siège de Léningrad. Le film hongrois Akik maradtak (Those Who Remained), dirigé par Barnabás Tóth, décrit quant à lui un contexte d'après-guerre où un homme d'une quarantaine d'années devient le mentor d'une adolescente de 16 ans dans une relation de reconstruction et de guérison qui suscite la curiosité.

La Pologne a proposé un long-métrage portant sur la religion intitulé Boże Ciało (Corpus Christi), dans lequel le réalisateur Jan Komasa présente un jeune homme au passé violent qui vit une révélation spirituelle alors qu'il se trouve dans un centre de détention pour jeunes avant, dès sa sortie, de se faire passer pour prêtre.

Le film soumis par la Macédoine du Nord a également été sélectionné pour cette liste. Il s'agit de Medena zemja (Honeyland), un film documentaire réalisé par Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov. Le long-métrage suit Hatidze, apicultrice respectueuse de la nature et considérée comme la dernière personne en Europe à pratiquer une apiculture dite sauvage.

Les autres films de cette liste sont des productions française, espagnole, sud-coréenne et sénégalaise.

Sources : The New York Times, Estonian World, The Guardian, Cineuropa, The Hollywood Reporter.

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