Au cours de la dernière décennie, l’arrondissement de Castelsarrasin, et plus particulièrement la commune de Moissac, sont devenus en termes de densité urbaine le principal point de fixation de la communauté rom bulgare sur le territoire français. Alors qu’ils sont présents localement depuis près de deux décennies, ces nouveaux Moissagais n’avaient pas montré jusqu’à récemment d’intérêt significatif pour la politique locale.
La situation a évolué depuis deux ans. Quelques notables de la communauté ont commencé à s’informer sur leur droit de vote aux élections municipales, puis à demander leur inscription sur les listes électorales. En effet, les intéressés ont gardé un mauvais souvenir de la campagne des élections municipales de 2020, en partie centrée sur l’immigration à Moissac. Des dégradations volontaires avaient alors été commises par xénophobie sur de nombreux véhicules immatriculés en Bulgarie et leurs commerces avaient été accusés ensuite par le nouveau maire d’être des lieux communautaristes.
Au second semestre 2025, prenant exemple sur les premiers Bulgares ayant réussi à s’enregistrer localement sur les listes électorales, plusieurs dizaines de ressortissants bulgares vivant la majeure partie de l’année dans la ville uvale leur ont emboîté le pas. Leur objectif est de faire entendre leurs voix, de faire respecter leurs droits et de se faire reconnaître comme acteurs et membres à part entière de la communauté moissagaise.
L’un d’entre eux, Ignat Bonchev, engagé depuis plusieurs années auprès de sa communauté et de l’association « O Amala », qui regroupe des Bulgares et des Français vivant à Moissac, a rejoint, avec deux autres membres de l’association, la liste d’union de la gauche Moissac Fière·s et solidaires, dont Estelle Hemmami est la cheffe de file. Fin janvier, I. Bonchev a officialisé sa candidature sur les réseaux sociaux auprès des expatriés, arguant qu’il était temps que quelqu’un les représente au sein du Conseil municipal. Le 7 février, il a également participé, avec trois de ses compatriotes, à la réunion publique organisée à l’espace Confluences de Moissac et rassemblant les forces politiques de la liste (Place publique, Génération·s, le Parti communiste français, le NPA, Europe Écologie Les Verts, le Parti socialiste). En campagne, il cherche à mobiliser les électeurs bulgares de la commune avec un slogan : « pour Moissac, je vois un avenir meilleur ! »
Sources : Entretiens avec la communauté, réseaux sociaux.