Bulgarie : face à la pénurie de praticiens, l’hôpital de Pernik a recours à des médecins étrangers

Depuis la chute des régimes socialistes et la reprise des mobilités Est-Ouest, de nombreuses élites médicales ont quitté la Bulgarie notamment pour travailler en Europe occidentale (Allemagne, France...), jusqu’à engendrer une pénurie de médecins dans le pays de départ.

Pour pallier le manque criant de personnel dans son établissement, l’hôpital Rahila Angelova de Pernik, spécialisé dans la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et l’asthme sévère, a récemment recruté quatorze médecins originaires d’Inde, du Soudan, de Somalie, de Turquie et d’Irak. L’arrivée et l’emploi de ces effectifs a permis de stabiliser les services médicaux, tels que le service pédiatrique, et pour certains d’empêcher leur fermeture définitive (le service ORL avait fermé pendant un mois). Interrogé par la BNT, le Dr Yavor Drenski, directeur de l’hôpital, explique que « le problème est généralisé en Bulgarie : tous les hôpitaux, publics comme privés, souffrent d'une pénurie de personnel, et une grande partie des effectifs sont en âge de préretraite ou de retraite. L’hôpital Rahila Angelova semble refléter cette situation. »

Parmi ces nouveaux praticiens, le Dr Saïd, originaire d’Inde et diplômé de médecine de Pleven, a commencé à travailler à l’hôpital de Pernik pendant la période la plus difficile, quand le service de pédiatrie était sur le point de fermer faute de médecins. Il affirme haut et fort que l’enseignement en Bulgarie est d’un excellent niveau et précise qu’il a été « bien accueilli » à son arrivée, qu’il est accompagné par le système, même si « au début, c’était compliqué » pour lui, car « tout est en bulgare » et qu’il « doit (régulièrement) rédiger des documents ». Le docteur aime Pernik, car ici « tout le monde respecte les médecins ». Il a pu accéder à un logement à loyer modique grâce à son employeur et à la bienveillance de la municipalité.

Sa collègue originaire de Somalie, le Dr Zahra Ahmed, est une des six neurologues de l’établissement. En raison de la guerre d’invasion de l’Ukraine, elle a dû fuir ce pays où elle faisait ses études, trouvant refuge au Danemark avant de candidater pour l’hôpital de Pernik et obtenir satisfaction il y a deux ans.

Sources : Marica, Mediapool, BNT, OFFNews.