Milorad Dodik refusant d’appliquer les décisions du Bureau du Haut-Représentant en 2023, la Commission électorale centrale (CEC) de Bosnie-Herzégovine a déchu l’intéressé de ses fonctions de président de la République serbe de Bosnie (RS) le 6 août 2025. Afin de continuer à être au centre de la vie politique de cette collectivité locale bosnienne, il s’est rapproché de Washington depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, et a obtenu le 29 octobre la levée des sanctions américaines le concernant.
N’étant plus à la tête de l’entité bosno-serbe ni membre de la présidence fédérale, toujours président de l’Alliance des sociaux-démocrates indépendants (SNSD), il tente néanmoins de continuer à exister en intervenant régulièrement dans l’espace public. Ainsi, le 22 février, il a publié sur les réseaux sociaux une vidéo de lui faisant des squats et en déclarant n’avoir « jamais été aussi en forme » ; visiblement, le moyen pour le politicien ventripotent et âgé de 68 ans d’indiquer qu’il reste une figure incontournable de la scène politique locale. Ce faisant, il reprend la stratégie de communication employée par le dirigeant russe Vladimir Poutine.
Dans le même temps, M. Dodik soigne ses relations avec Washington, qui pourrait rétablir les sanctions à son encontre à tout moment et ainsi contribuer à l’éliminer à terme de l’échiquier politique bosnien. Le 3 mars, il s’est entretenu avec le général américain Michael Flynn. A la suite de leur rencontre, il a déclaré que « la RS, même en période de grands bouleversements mondiaux, montre qu’elle est un lieu où l’on peut entendre et comprendre directement ce qui façonne le monde moderne... Nous continuons de développer des relations saines et ouvertes avec les États-Unis, fondées sur le respect mutuel et une conception commune de la liberté et de la souveraineté ». Il a flatté son invité, reconnaissant le général Flynn comme « un symbole mondial des valeurs conservatrices et de l’engagement envers la liberté – principes qui sont le fondement de la RS ». Il s’agit désormais pour M. Dodik, qui a critiqué avec véhémence l’Occident et Bruxelles pendant de nombreuses années, de montrer qu’il est en mesure de se ranger pragmatiquement dans le camp occidental pour survivre.
Sources : Slobodna Bosna, Srna Novinska Agencija, Serbian Times.