Bulgarie : l’immigration économique pour pallier les pénuries de main-d’œuvre

Depuis la reprise des mobilités Est-Ouest (années 1990), la Bulgarie s’est vidée d’une partie de ses forces vives, créant une pénurie de travailleurs sur le marché du travail. Ces besoins n’ont pu être compensés que par l’immigration. La Bulgarie étant peu attractive au sein de l’Union européenne, le marché du travail s’est ouvert à des profils extérieurs à cet espace économique. Ainsi, selon les données de l’Agence pour l’emploi pour 2025, plus de 49 000 ressortissants étrangers non communautaires ont intégré le marché du travail bulgare. La plupart de ces arrivées sont postérieures à la crise de la Covid19.

Parmi ces travailleurs, on trouve notamment des actifs originaires de pays comme le Pakistan, le Népal et l'Ouzbékistan, visibles principalement pendant la haute saison touristique estivale même si nombre de ces travailleurs ont cherché à s’installer durablement en Bulgarie. Cette présence entraîne parfois dans certaines localités, surtout dans les régions rurales, une forme de choc des cultures. Ainsi, à Polski Trambesh (4 500 habitants, district de Veliko Tarnovo), les habitants ont vu arriver fin 2025 et s’installer 16 travailleurs pakistanais employés d’une ferme productrice d’œufs et bénéficiant d’un visa de trois ans. Leur comportement a ponctuellement été jugé irrespectueux par certains commerçants, notamment dans un salon de coiffure, affaire médiatisée par la presse locale.

Cette affaire est symptomatique d’une Bulgarie habituée à être un pays d’émigration, moins à un pays d’immigration. Or, eu égard à la pénurie de main-d’œuvre, l’immigration de nouveaux actifs est nécessaire pour satisfaire les besoins du marché intérieur. Selon l’Agence pour l’emploi, ce processus est nécessaire pour pourvoir les postes vacants et ne nuit pas aux travailleurs bulgares. Parallèlement, l’État œuvre également au retour des Bulgares de l’étranger grâce à des programmes spécifiques de réinsertion professionnelle. Pour mémoire, le gouvernement bulgare poursuit ses incitations ciblant les communautés d’expatriés pour inciter financièrement ses ressortissants à un retour durable dans leur pays d’origine.

Sources : Nova TV, Sega, Marica, Vesti.