Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, n’a pas démenti une information avancée par un média kirghiz qui affirme que le chef du gouvernement arménien aurait proposé au Kazakhstan et au Kirghizistan de prendre une participation dans une entreprise contrôlée par les Etats-Unis et chargée de construire et gérer la fameuse route de transit entre l’Azerbaïdjan et son enclave du Nakhitchevan ainsi que la Turquie, via l’Arménie. La « Trump Route for International Peace and Prosperity » (TRIPP) est portée depuis juin 2025 par Washington, le gouvernement américain devant y détenir 74 % de la société qui disposera de « droits exclusifs d’utilisation du sol, des droits de développement, des autorisations connexes et de tous les autres droits nécessaires » à la réalisation de l’ouvrage. Le gouvernement arménien détiendra les 26 % restants.
Nikol Pachinian aurait proposé à Bichkek et Astana d’acheter chacun 5 % des parts de la société détenue par l’Arménie mais, aucune source ne venant étayer les affirmation du média kirghiz qui se réfère à un échange téléphonique entre le Premier ministre arménien et le Président kazakhstanais, le premier a été interrogé par les journalistes locaux : « En ce qui concerne le Kazakhstan et la TRIPP, la question a été abordée », s’est-il contenté de répondre, laconique et laissant entendre que le projet de connexion attisait l’intérêt de différents pays.
Selon le média kirghiz, Astana et Erevan auraient évoqué dans leur conversation une option au terme de laquelle le Kazakhstan pourrait prendre en charge la gestion du réseau ferroviaire arménien, actuellement sous monopole des Chemin de fer russes (RZhD). N. Pachinian avait en effet déjà évoqué publiquement la possibilité de confier cette gestion à une société d’un pays tiers, non russe. Selon lui, la situation des Chemin de fer russes dissuaderait Ankara comme Bakou d’utiliser le territoire arménien à des fins de transit. L’Arménie est liée à RZhD par un contrat de gestion de 30 ans signé en 2008. Comme attendu, Moscou a déjà dit s’opposer à la résiliation du contrat.
Début août, un conseiller de l’envoyé américain Steve Witkoff s’est rendu à Erevan pour évoquer les modalités pratiques de mise en œuvre de la TRIPP.
Sources : Azatutyun.am, Zerkalo.az.