Des programmes d’incitation, financés par des fonds européens ou gouvernementaux, sont régulièrement mis en place pour favoriser le retour des expatriés sur le territoire roumain. Ils n’ont pas rencontré le succès escompté par l’exécutif, mais permettent aux dirigeants politiques roumains de montrer qu’ils sont actifs sur ce dossier.
Le gouvernement Bolojan, par le biais du ministère des Finances, vient ainsi de proposer un programme intitulé « La diaspora investit au pays », doté d’un budget total de 100 millions d’euros. Il consiste en prêts accordés à de potentiels entrepreneurs résidant à l’étranger et dont le montant peut s’élever jusqu’à 200 000 euros. Les bénéficiaires doivent rembourser la somme empruntée sous un délai maximum de 10 ans, intérêts compris. Pour diffuser cette annonce, Bucarest a fait appel à des influenceurs chargés d’en faire activement la promotion sur les réseaux sociaux, car les cibles sont les jeunes actifs.
Si les influenceurs insistent auprès de leurs abonnés sur la garantie du prêt par l’État, leurs conseils de recourir à ce programme apparaissent peu avisés pour nombre d’observateurs qui dénoncent dans ces prêts une forme « d’arnaque ». En effet, les influenceurs n’évoquent pas ou peu la possible situation de faillite à laquelle peuvent être confrontées ces entreprises ; pourtant, quiconque ne peut rembourser le prêt perdra tout ce qu’il aura investi.
Dans les précédents programmes visant à créer des « start-up » en Roumanie, les bénéficiaires se plaignaient déjà de ne pas pouvoir satisfaire aux conditions parfois jugées « absurdes » imposées aux entreprises et qui causaient leur pertes.
Quant au montant de 200 000 euros annoncé, de nombreux Roumains peinent déjà à rembourser des prêts immobiliers de 50 000 à 70 000 euros remboursables sur 30 à 35 ans : rembourser rapidement un prêt aussi conséquent paraît difficile pour une jeune entreprise.
Sources : Ziarul Romanesc, TVR Info, Jurnalul national.