Bulgarie : nomination du gouvernement Gerdjikov

Par Stéphan Altasserre (sources : Progress Report Bulgaria 2017, Kapital)

Vainqueur de la dernière élection présidentielle en Bulgarie, Roumen Radev (Parti socialiste bulgare/ancien officier supérieur de l’armée) a pris ses fonctions à la tête de l’État le 22 janvier 2017. Il avait annoncé qu’il dissoudrait l’Assemblée nationale dès son arrivée au pouvoir. Trois jours après son investiture, cette promesse fut respectée par un décret présidentiel. La 43e assemblée nationale a été dissoute le 27 janvier suivant.

C’est dans ce contexte que le nouveau chef de l’État a nommé, le 25 janvier, les membres du gouvernement intérimaire qui sera en charge des affaires courantes jusqu’au résultat des élections législatives anticipées du 26 mars 2017.

Son Premier ministre, le professeur Ognian Gerdjikov, fut le président de l’Assemblée nationale (juillet 2001-février 2005) sous le gouvernement De Saxe Cobourg Gotha. Il n’a pas été choisi au hasard. En effet, actuellement le dossier brûlant est la réforme de la justice; c’est un des souhaits de l’opinion publique bulgare et l’objectif principal du nouveau mouvement Da, Bălgarija(Oui, Bulgarie).

Bruxelles demande également de nouvelles avancées à Sofia sur ce dossier. D’ailleurs, le jour même de l’annonce de la composition du gouvernement est paru le dernier rapport sur le Mécanisme de coopération et de vérification (MVC) de la Commission européenne. Celui-ci a été fondé en 2007 pour remédier aux lacunes de la réforme judiciaire, contre la corruption et le crime organisé. Le rapport édicte 17 recommandations que la Bulgarie doit prendre en compte d’ici mi-mars 2017, telles que des amendements sur le formalisme des procédures pénales ou sur certains des articles du Code pénal concernant les crimes graves.

Face à la pression européenne et populaire, la ministre de la Justice Ekaterina Zakharieva a annoncé la création d’un groupe de travail chargé de la mise en œuvre de ces recommandations dans les délais impartis.

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