Le gouvernement estonien a annoncé le 9 avril l’annulation de l’achat de véhicules de combat d’infanterie et la réorientation des 500 M€ qui y étaient dédiés vers le renforcement de la défense anti-drones, de la défense aérienne et de la conscience situationnelle (situation awareness). Le ministre de la Défense Hanno Pevkur a justifié ce choix par le retour d’expérience issu de la guerre en Ukraine. Le programme de nouveaux véhicules de combat d’infanterie attendra donc un peu, et les CV90 suédois dont sont équipées les Forces armées estoniennes verront leur vie prolongée d’au moins dix ans.
La nécessité de consolider la capacité de l’Estonie à détecter et intercepter des drones a été mise en lumière au cours des dernières semaines, alors qu’un drone a frappé la cheminée de la centrale d’Auvere (Narva) le 25 mars au matin et qu’un autre drone s’est écrasé dans un champ de la municipalité de Kastre (comté de Tartu) dans la nuit du 31 mars.
Deux jours après cette annonce, le Centre estonien des investissements de défense a signé avec l’entreprise américaine Lockheed Martin un contrat pour l’acquisition de trois lance-roquettes HIMARS et les munitions afférentes, ainsi qu’un investissement de près de 11 M$ dans l’industrie estonienne de défense. Ces HIMARS supplémentaires, qui seront livrés en 2027, garantiront la capacité du pays à effectuer des frappes dans la profondeur, renforçant la capacité de défense indépendante et de dissuasion de l’Estonie. Les six premiers lance-roquettes HIMARS acquis par Tallinn ont été livrés au printemps. Le ministre estonien de la Défense s’est réjoui de cet accord qui se traduira donc également par un investissement de Lockheed Martin dans l’industrie de défense locale, afin de créer une capacité de maintenance des composants HIMARS sur place.
Sources : Postimees, Err.ee.