Le débat sur l’élargissement de l’Union européenne prend une nouvelle ampleur avec la position du Premier ministre hongrois Péter Magyar. Alors que l’adhésion de l’Ukraine est devenue une priorité pour plusieurs États membres depuis l’invasion russe à grande échelle de 2022, P. Magyar estime que l’UE devrait d’abord intégrer les Balkans occidentaux, avant Kyiv. Cette approche s’oppose notamment à celle de pays comme l’Allemagne, qui soutiennent une accélération du processus ukrainien, y compris via des formules d’« adhésion associée ».
Selon P. Magyar, des pays comme la Serbie, le Monténégro, l’Albanie ou la Macédoine du Nord attendent depuis plus de vingt ans leur entrée dans l’Union et reporter encore leur adhésion au profit de l’Ukraine risquerait, « d’affaiblir la crédibilité politique de Bruxelles dans la région ». Il souligne que l’UE a accumulé les promesses envers les Balkans sans offrir de perspective claire, ce qui alimente frustration et méfiance.
En outre, maintenir les Balkans occidentaux dans l’attente pourrait renforcer l’influence de puissances comme la Russie, la Chine ou la Turquie dans cette région stratégique. Pour P. Magyar, leur intégration permettrait au contraire de stabiliser l’Europe du Sud-Est et de renforcer l’influence européenne dans une zone historiquement fragile.
Concernant l’Ukraine, P. Magyar adopte une position plus prudente que celle de nombreux dirigeants européens, tout en restant plus ouvert que son prédécesseur Viktor Orbán, traditionnellement opposé au rapprochement avec Kyiv. Il ne rejette pas l’ouverture des négociations d’adhésion, mais estime que l’Ukraine fait face à des défis majeurs liés à la guerre, à la reconstruction et aux réformes nécessaires à son intégration. Selon lui, accélérer le processus pourrait créer des tensions internes et compliquer le fonctionnement de l’UE.
Cette position s’explique par une stratégie politique visant à renforcer l’image pro-européenne de la Hongrie tout en défendant une approche pragmatique de l’élargissement. Péter Magyar cherche ainsi à remettre les Balkans au centre de la politique européenne et à relancer la coopération régionale en Europe centrale.
Sources : European Western Balkans, Euronews, Kyiv Post, Metla.mk, Politico.