Après l’intrusion de plusieurs drones dans l’espace aérien letton en provenance de Russie le 7 mai au matin, dont l’un s’est écrasé à Rēzekne, endommageant une installation de stockage de pétrole, l’émoi a été grand en Lettonie. Le président Edgars Rinkēvičs a immédiatement contacté le maire de Rēzekne Jānis Tutins (Ensemble pour la Lettonie) et le président du conseil municipal de la ville, Guntars Skudra (Nouvelle unité) pour obtenir plus de précisions. Il a ensuite remercié les autorités locales et compétentes pour leur réactivité, précisant que ces incidents étaient « une conséquence directe de l’agression de la Russie contre l’Ukraine ».
Le ministre de la Défense Andris Sprūds (Progressistes) a précisé que les Forces armées lettones, en coopération avec leurs alliés de l’OTAN dont les avions de chasse assurent la surveillance du ciel des Etats baltes, exerçaient un contrôle maximal de l’espace aérien national. Il a depuis rappelé que Riga était largement engagé dans la lutte anti-drones et la protection de son espace aérien. La Lettonie a notamment créé en septembre 2025 un centre spécialisé dans le maniement des drones : en 2026, il bénéficiera d’une subvention de 3 millions d’euros. L’ambition à terme est de faire de la Lettonie un des centres européens d’innovations en systèmes autonomes et drones.
L’Ukraine, de son côté, a proposé aux pays baltes d’envoyer des experts en sécurité afin d’assurer un meilleur contrôle des drones. Pour A. Sprūds, cette collaboration est essentielle, alors que l’Ukraine est l’un des leaders mondiaux en matière de lutte anti-drones : la Lettonie participe déjà à la Coalition des drones et développe avec l’Ukraine une coopération industrielle en vue d’opérer des transferts de technologie et d’intégrer dans ses capacités de défense l’expérience de combat de l’Ukraine.
Si les pays baltes tiennent à chaque incident à rappeler leur solidarité avec l’Ukraine, le débat n’en émerge pas moins concernant les risques encourus pour leurs territoires, particulièrement depuis que les Forces armées ukrainiennes visent les installations énergétiques russes dans la région baltique : pour A. Sprūds, c’est à l’Ukraine de décider si elle souhaite ou pas informer les partenaires baltes de ses plans d’attaque, s’agissant d’informations opérationnelles. L’Estonie, elle, semble plus encline à juger qu’une coopération s’imposerait : le ministre estonien de la Défense Hanno Pevkur a fait état de discussions avec Kyiv sur l’intégration sur les drones de « kill switches », systèmes de destruction automatiques qui peuvent entrer en action dès que le drone s’écarte de sa trajectoire.
Sources : Ministère letton de la Défense, The Baltic Times, compte X du ministre letton de la Défense, ERR.ee.