Depuis le 7 mai et la nouvelle intrusion de drones sur le territoire national, la Lettonie est plongée dans une crise politique majeure. L’intrusion de ces drones, dont un a atterri sur un réservoir de carburant, heureusement sans provoquer de dégâts majeurs, a en effet suscité les critiques de la Première ministre Evika Siliņa (Nouvelle Unité), qui a pointé la responsabilité du ministre de la Défense Andris Sprūds (Progressistes) : selon elle, il a failli à sa mission en échouant à assurer la protection de l’espace aérien letton. Celui-ci a dû donner sa démission mais son parti a alors retiré sa confiance à la coalition à laquelle il appartenait, entraînant la chute du gouvernement, le 14 mai. Au même moment, le ministre de l’Agriculture Armands Krauze (Union des verts et des paysans, 3e parti de la coalition gouvernementale), était appréhendé pour faits de corruption.
Depuis, le président Edgars Rinkēvičs a chargé Andris Kulbergs, membre de l’opposition conservatrice, de nommer un nouveau gouvernement, tâche particulièrement ardue dans un tel contexte, à un moment où les alertes aux intrusions de drones ukrainiens brouillés par la Russie se multiplient dans la région et alors que se profilent rapidement des élections législatives, le 3 octobre prochain.
Evika Siliņa a envoyé plusieurs signaux laissant entendre qu’elle souhaiterait occuper le poste de ministre de la Défense dans le prochain gouvernement, ambition qui semble faire peu d’émules, y compris au sein de son propre parti.
Juste avant la crise, l’institut de sondage SKDS a réalisé une enquête (24 avril – 6 mai auprès de 1 823 citoyens âgés de 18 à 75 ans sur l’ensemble du territoire) : à la question de savoir pour qui ils voteraient si les législatives avaient eu lieu le lendemain, 27,7 % ont répondu qu’ils ne savaient pas et 13,2 % qu’ils ne voteraient pas. Le parti La Lettonie d’abord (LPV, parti populiste de droite, pro-russe et trumpiste) est arrivé en tête des intentions de vote avec 9,3 %, suivi des Progressistes (7,8 %, sociaux-démocrates), de la Liste unie (6,8 %, dont est issu A. Kulbergs), de Pouvoir souverain (6,2 %), de Nouvelle unité (5,9 %), de l’Union des verts et des paysans (5,6 %) et de l’Alliance nationale (4,4 %).
Sources : Lsm.lv, bb.lv.