Russie : les spécialistes IT en exil demandés sur le marché occidental

De nombreux spécialistes russes des technologies de l’information (IT) qui ont quitté la Russie après le 24 février 2022 ou lors de la mobilisation lancée par le Kremlin dans les mois qui ont suivi, cherchent désormais à être recrutés par des entreprises occidentales. Ils seraient entre 700 000 et 1,5 million à être partis et ils craignent de n’être bientôt plus autorisés à travailler à distance pour leurs employeurs russes, Moscou s’efforçant de les faire rentrer.

Les entreprises occidentales du secteur semblent vouloir tirer parti de cette main-d’œuvre qualifiée et (encore) peu coûteuse. Les recruteurs d’entreprises basées en Europe, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis multiplient les annonces en ce sens sur LinkedIn. Certains proposent une relocalisation complète, d’autres un contrat à distance. Parmi eux, on trouve également des entreprises russes désormais basées en Occident, après avoir elles aussi délocalisé leurs activités lorsque la Russie a envahi l’Ukraine.

Pour les spécialistes russes exilés généralement en Arménie, en Géorgie, au Kazakhstan et en Serbie, la difficulté réside avant tout dans l’exigence d’un bon niveau d’anglais.

Du côté russe, le ministre du Développement numérique Maksout Chadaïev estime qu’il n’est pas nécessaire d’adopter des mesures particulières pour faire revenir les spécialistes, comme les initiatives de « relocalisation inversée », parce que les émigrés auraient bien commencé à rentrer en Russie. Les difficultés financières mais aussi les promesses d’exemption de service militaire et l’envie de rentrer chez soi auraient incité près de la moitié des exilés à retourner en Russie.

À l’Ouest, des sociétés de recrutement en informatique proposent des services spécialisés pour les entreprises qui embauchent de la main-d’œuvre russe : Scede, Lucky Hunter ou Recruter.com sont basées dans l’Union européenne. Des forums sont apparus, qui donnent des conseils en matière d’obtention de visas et de rémunération. Au premier trimestre 2024, la demande de permis de séjour au sein de l’UE venant de spécialistes en informatique basés en Russie aurait bondi de 233 %.

Les développeurs russes seraient classés en deuxième position sur la liste HackerRank des meilleurs développeurs au monde. Réputés, ils peuvent désormais fixer leurs exigences salariales plus facilement. Tant que le secteur n’est pas sursaturé.

Sources : The Moscow Times, Kommersant, LinkedIn.